Le projet Wilderness de Pairi Daiza suscite la grogne des historiens

Des historiens dénoncent la destruction d’un des derniers vestiges de l’abbaye de Cambron-Casteau nécessaire à l’extension du parc Pairi Daiza.
Des historiens dénoncent la destruction d’un des derniers vestiges de l’abbaye de Cambron-Casteau nécessaire à l’extension du parc Pairi Daiza. - DOMINIQUE DUCHESNES.

Le projet d’extension hôtelier du parc Pairi Daiza pour lequel une demande de permis a été introduite voici déjà plusieurs mois était soumis à une nouvelle enquête publique qui vient de se clôturer.

En dépit des importantes modifications que la direction du domaine animalier de Cambron-Casteau (Brugelette) a apportées à sa future attraction inspirée des parcs nationaux nord-américains, des riverains continuent à s’y opposer par crainte de subir des nuisances sonores, olfactives et visuelles.

Les historiens montent au créneau

Dans le cadre de la procédure de consultation ayant pris fin ce 17 janvier, ces villageois ont à nouveau exprimé leurs inquiétudes sous la forme d’une pétition mais ils ne sont désormais plus les seuls à protester. Les historiens ainsi que les défenseurs du patrimoine local montent à leur tour au créneau !

Ces derniers jours, l’administration communale a dû joindre au dossier de nouvelles réclamations qui émanent de la Société d’histoire et d’archéologie de la ville d’Ath ainsi que de l’association Marcel Thémont dont les membres militent pour la sauvegarde du patrimoine spécifiquement brugelettois.

Le mur de l’ancienne abbaye doit être détruit

Ces sociétés s’opposent au projet Wilderness qui, dans sa configuration actuelle, prévoit la destruction de la section ouest du mur d’enceinte et d’un étang monastique de l’ancienne abbaye de Cambron-Casteau

« Ce mur datant du 13e siècle est un des rares enclos monastiques médiévaux conservés dans leur intégrité en Europe occidentale et le seul vestige de ce type à subsister en Belgique » , souligne Christian Cannuyer, porte-parole de l’association Marcel Thémont.

« Sa démolition représenterait une perte considérable pour un site dont la cohérence patrimoniale et historique a déjà été considérablement altérée comme en témoigne le déclassement de ses principaux joyaux par la Région Wallonne », déplore Christian Cannuyer, porte-parole de l’association Marcel Thémont.

« Un acte de vandalisme »

Son homologue Jean-Pierre Ducastelle, autre historien athois présidant aux destinées du cercle d’histoire et d’archéologie basé dans la cité des Géants, va jusqu’à affirmer que le fait de raser cette structure remontant au Moyen-Age s’apparenterait à un acte de vandalisme !

« Le succès commercial de Pairi Daiza ne justifie pas ces atteintes irréversibles aux derniers témoins d’une des abbayes cisterciennes majeures d’entre Loire-et-Rhin » , argumentent-ils encore.

Du côté du parc, on a du mal à comprendre pourquoi ces institutions si soucieuses de préserver le domaine cistercien tel qu’il était avant d’être transformé en jardin zoologique ne se soient pas manifestées pour l’acquérir à l’époque où celui-ci était à vendre.

 
 
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