La sécurité de la caserne de Stockem confiée à des sociétés privées

Dans cet article
Le commandant militaire provincial Eric Marotte évoque 2018 comme une année charnière en termes d’acquisition de nouveaux matériels.
Le commandant militaire provincial Eric Marotte évoque 2018 comme une année charnière en termes d’acquisition de nouveaux matériels. - D.R.

Les vœux promulgués chaque année au Camp Bastin de Stockem (Arlon) par le commandant militaire de la province sont toujours l’occasion de faire le point sur le présent et le futur des différentes casernes en Luxembourg dont l’avenir fut longtemps incertain, surtout à Bastogne et Stockem.

Suite à la publication en juin 2016 du document « Vision stratégique 2030 » du ministre Vandeput, les retombées pour les trois sites luxembourgeois seront variables.

A Marche-en-Famenne, l’état-major de la Brigade légère sera déplacé à Heverlee où il portera le nom de « Régiment des opérations spéciales ». Il cédera la place à l’état-major de la Brigade médiane qui vient de Bourg-Léopold et sera baptisée « Brigade motorisée ». Elle commandera les unités opérationnelles de Marche et Bourg-Léopold. Selon le commandant Eric Marotte, l’impact devrait être limité pour la majorité du personnel.

A Bastogne, le ministre Vandeput était venu l’an passé annoncer qu’une partie des 70 militaires de cette caserne passerait en 2018 sous la tutelle du « War Heritage Institute », jusqu’à leur mise à la pension. Cette nouvelle entité parastatale devra continuer à valoriser le patrimoine militaire géré jusque-là par le Musée royal militaire. Mais on ne sait toujours pas de quoi demain sera fait pour la gestion au quotidien de la caserne elle-même. Le ministre était resté vague et il n’y a pas d’évolution depuis lors.

Quant à Stockem, un changement majeur se préparera cette année pour commencer à être d’application mi-2019. Il s’agit du « outsourcing », c’est-à-dire l’externalisation ou transfert de certaines tâches historiquement occupées par les militaires à des civils. 95 fonctions sur 400 seront impactées directement. La plus étonnante repose sur le poste de garde de la caserne qui sera sécurisé par des sociétés privées. C’est déjà en test à Heverlee, et d’autres pays européens l’ont aussi testé, mais ont fait marche arrière. Les autres délégations de services concernent l’horeca, la gestion de l’infrastructure et des logements, l’entretien du quartier, la distribution du carburant, l’entretien des zones vertes, etc. Idem pour la Camp Lagland, hormis pour la partie sécurité.

Pas de fermeture de Stockem

La menace d’une fermeture de Stockem n’est donc plus de mise, du moins durant cette législature… Ceci dit, le plan stratégique imposera un recrutement national progressif, pour passer de 1.000 à plus de 2.000 jeunes militaires en 2018. Cela impactera le camp Bastin de Stockem puisque c’est un centre de formation. En 2018, 350 officiers et sous-officiers seront incorporés, pour 210 jusqu’ici. Pour la formation de base, on passera de 300 à 500 soldats.

Pour le commandant Marotte, de fin août à novembre, cela coincera au niveau des logements puisqu’une partie de la caserne est occupée par le centre de réfugiés Visages du Monde. Certains militaires en formation devront sans doute être logés sous tente. Il faudra s’adapter…

Enfin, au niveau transfrontalier, le Cdt Marotte a activé les contacts avec ses homologues du Grand-Duché et de la zone Grand Est française pour qu’au-delà des lettres de bonne intention, il y ait réellement des avancées permettant sur le terrain une collaboration concrète, bien utile en cas de crise majeure ou d’attentats, permettant un réel passage de frontières par exemple, un peu à l’image de ce qui s’est fait récemment au niveau policier.

8 milliards d’euros à programmer

Pour le commandant militaire provincial Eric Marotte dont ce sera sans doute la dernière année à ce poste, «  si la Défense possède un outil efficace malgré les changements et les doutes, grâce au professionnalisme, à la grande disponibilité et à l’enthousiasme des militaires qui donnent au gouvernement un outil fiable, 2018 sera une année charnière. L’acquisition de nouveaux matériels, tels que décrit dans les 250 pages du document « Vision stratégique 2030 », sera au centre de toutes les discussions. On parle ici du remplacement des avions de chasse, de l’achat de navires de lutte contre les mines, de frégates, de nouveaux véhicules de combat, en partenariat avec la France. La loi de programmation votée en 2017 est destinée à planifier ces achats majeurs, le montant et l’année de l’engagement des moyens financiers. On parle ici de 8 milliards d’euros qui devraient être engagés cette année par le gouvernement, pour les concrétiser dans les années à venir. Sans cela, la vision stratégique 2030 serait mise à mal, ainsi que l’avenir de la Défense ! »

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Bibliothèque et musée|Défense|Stockem|marotte|Camp Bastin
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. «
Le Soir
» obtient une moyenne de 62
%.

    Le bulletin de la Fédération Wallonie-Bruxelles: les notes des ministres

  2. La marche nordique fait partie des sports proposés à ceux qui aiment les activités de groupe en extérieur.

    Bientôt des prescriptions de sport à la place des médicaments?

  3. Le député Yves Evrard s’attend à un retour aux urnes. Verdict jeudi
!

    Suspicion de fraude à Neufchâteau: deux élections possibles avant juillet

Chroniques
  • Brexit: l’heure est à la glorification du passé britannique

    Par Marc Roche

    On allume la radio ou la télé ou on ouvre son journal. Et les petits matins d’un printemps ensoleillé deviennent blêmes. Après la trêve pascale, le grand-guignolesque feuilleton du Brexit a repris.

    Depuis la décision du Conseil européen, la Première ministre Theresa May y compris, d’étendre la date butoir du divorce au 31 octobre, une sorte de « drôle de guerre » prévaut au Royaume-Uni. A part quelques escarmouches par médias interposés, il ne se passe rien.

    En effet, la cheffe du gouvernement peut garder son poste jusqu’en décembre si elle le souhaite. Les négociations entre le gouvernement et l’opposition travailliste sont dans l’impasse. De nouveaux votes indicatifs doivent avoir lieu au Parlement, plus divisé que jamais. Les partis se préparent aux vraies-fausses élections...

    Lire la suite

  • L’école bilingue, une idée à tester

    Au Royaume des trois langues nationales, le multilinguisme devrait être un atout cultivé dès la maternelle… Et pourtant, pas une école bilingue (pour ne pas dire trilingue) dans l’enseignement subventionné, pas même à Bruxelles. La faute au contexte communautaire qui a conduit, des lois linguistiques de 1963 à la communautarisation de l’enseignement en 1988, au cloisonnement hermétique de mondes unilingues francophone et néerlandophone, y compris dans la capitale.

    ...

    Lire la suite