L’acquisition du nom de domaine «.brussels» reste une pratique de niche

Depuis son lancement, le suffixe «
.brussels
» est devenu la marque de fabrique des institutions
de la Région bruxelloise et de ses organismes publics.
Depuis son lancement, le suffixe « .brussels » est devenu la marque de fabrique des institutions de la Région bruxelloise et de ses organismes publics. - Didier Lebrun

Il y a presque exactement deux ans, le nom de domaine internet (ou DNS, pour Domain Name System, dans le jargon consacré) « .brussels » a été rendu accessible au public, là où il était précédemment réservé aux entreprises et aux organismes publics. 24 mois après son lancement, cette initiative, qui poursuivait notamment l’objectif de consolider l’identité régionale, a-t-elle porté ses fruits ?

Alors que des chiffres dévoilés récemment par nos confrères de La Dernière Heure faisaient état d’une percée difficile (seulement 4.634 noms de domaine enregistrés en 2015 là où la Région bruxelloise tablait sur 50.000 créations sur une période de 5 à 10 ans), une étude menée et publiée par la revue scientifique Brussels Studies a tenté de savoir qui achetait ces fameux noms de domaines et pourquoi.

Après demande auprès de DNS Belgium (l’organisation sans but lucratif qui a pour mission d’enregistrer des noms de domaine dans le pays), l’équipe de chercheurs s’est vu remettre une liste de 7.258 adresses enregistrées à l’extension « .brussels », parmi lesquelles 5.908 ont été considérées comme pertinentes.

27 noms pour Apple

Premier constat : il ressort de l’analyse de cette liste que le plus gros titulaire de noms de domaines est, sans grande surprise, le Centre d’informatique pour la Région bruxelloise (CIRB), chargé de l’introduction de nouvelles technologies dans la Région. Il en possède 1.437 en tout, la plupart correspondant à des institutions publiques, comme les zones de police, les communes, etc. En tout, 18,58 % des DNS « .brussels » sont explicitement associés à un service public.

Loin derrière, en seconde position, il apparaît qu’une entreprise (dont l’identité est gardée secrète) a acheté 64 noms exclusifs. « Viennent ensuite des particuliers belges dont un non-Bruxellois, détenant respectivement 54, 50 et 44 noms de domaine, suivis par la multinationale américaine Apple qui en possède 27 », poursuit l’étude.

À noter que 151 adresses « .brussels » ont été achetées par des titulaires basés aux États-Unis, ce qui classe ce pays en seconde position en termes de DNS bruxellois détenus.

L’analyse souligne également le fait que certaines adresses ont été achetées purement et simplement dans le but d’être revendues plus cher. Ainsi, le nom de domaine « www.photography. brussels » se monnaie actuellement à 9.999 dollars.

Un phénomène appelé cybersquatting et qui toucherait 2,87 % des noms de domaines concernés, même si l’étude suggère que ce taux est probablement plus élevé.

De la place pour les petits

L’étude conclut que l’acquisition du nom de domaine régional reste un marché de niche et prévoit que les achats ne devraient pas augmenter sensiblement dans les années à venir.

« Pour autant, est-ce vraiment une mauvaise chose pour les internautes et les amoureux de Bruxelles ? », se demandent les chercheurs, soulignant que cela laisse de la place aux petits acteurs locaux.

 
 
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