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Le retour de l’«outilthèque»

Après une fermeture de six mois, l’ASBL bruxelloise rouvre à Molenbeek. Face à son succès, le projet prend de l’ampleur et propose un atelier.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Pourquoi acheter des outils qu’on n’utilise qu’une fois par an ? », interroge Olivier Beys, fondateur de « l’outilthèque » Tournevie. Il importe il y a trois ans en Belgique ce concept américain : pour une cotisation de vingt euros par an, les membres peuvent emprunter n’importe quels outils de bricolage pendant une semaine.

Ce service d’emprunt d’outils qui fonctionne comme une bibliothèque a connu son petit succès lorsqu’il occupait, fin 2015, le Micromarché près de la place Sainte-Catherine. Il y a deux ans, le lieu ferme. Depuis, l’ASBL occupait un segment du CPAS de Bruxelles, rue Haute. « Mais nous avons dû fermer il y a trois mois car le CPAS a choisi d’installer un autre projet dans le local qu’il nous avait proposé, bien que nous nous étions mis d’accord pour aménager un nouvel atelier dans un autre de leurs locaux. »

L’imprévu impose à l’ASBL de disparaître un certain temps : « Nous n’avions pas d’alternative, alors nous avons dû chercher sans pouvoir continuer à proposer nos services. Mais c’est pour le mieux : nous avons pu repenser le lieu pour l’améliorer », précise Olivier Beys.

Entre cette fermeture et la réouverture prochaine le 19 février à Molenbeek, l’ASBL s’est agrandie. Elle mettra désormais un atelier à disposition de ses membres, « car beaucoup de nos utilisateurs n’ont pas très envie de salir leur appartement en bricolant, sourit le fondateur. C’est aussi dans le cœur du projet : Tournevie veut rendre facile l’accès à des foreuses, des visseuses, des fraiseuses… Tous ces petits outils coûteux mais nécessaires pour faire de petits travaux chez soi, par exemple. Pour des particuliers, surtout. » Mais l’ASBL est plus qu’un service de prêt d’outils, poursuit le dynamique jeune homme : « C’est aussi un lieu de rencontres et d’échanges. On crée du lien social et cet atelier incarne cet objectif. »

Accéder au matériel, sans le posséder

L’ASBL souhaite rester au moins un an et demi dans ces nouveaux locaux, qu’elle occupe un peu par défaut. « Idéalement, nous souhaiterions par la suite revenir dans le centre de Bruxelles. Mais pas que : nous avons aussi le projet d’ouvrir différentes antennes dans la capitale. »

Ouverte aux collaborations avec des acteurs publics comme privés, Tournevie regarde du côté d’Ixelles pour y ouvrir son deuxième atelier. « C’est la zone que nous visons en priorité car de nombreux membres viennent de là. C’est aussi l’opportunité qui se présente. Les gens y sont motivés, la commune soutient notre initiative : deux éléments capitaux pour notre stabilité future », analyse Olivier Beys.

Pour autant, le public est loin du cliché « bobo » : « Nos membres sont issus d’origines et de classes sociales diverses. Il y a autant d’hommes que de femmes. Nous avons misé sur un concept populaire ouvert à tous. Résultat, de l’architecte qui construit son prototype à des particuliers venus réparer leur vélo, on voit passer de tout. »

Après la forte hausse d’utilisateurs depuis son installation rue Haute, l’ASBL compte continuer à diffuser davantage sa philosophie : « Donner l’accès à du matériel, sans passer par la possession. Lutter contre l’obsolescence programmée, c’est ce qui nous rassemble ici », termine Olivier Beys.MARIE THIEFFRY

À partir du 19 février, Tournevie sera ouvert deux jours par semaine dans l’atelier du Vaartkapoen (VK), rue Saint-Joseph 20, à Molenbeek.

 

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