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Le judoka Cédric Taymans apprend aux enfants à tomber sans se faire mal

La « voie de la sagesse » permet d’acquérir des réflexes pour ne pas se blesser à l’école. La Province du Brabant wallon soutient l’initiative.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

R ei ». En judo, c’est l’heure des salutations, pour montrer son respect. Le champion Cédric Taymans ne transige pas sur la règle au moment de monter sur le tatami, même quand il s’adresse à un public scolaire qui n’a jamais pratiqué la « voie de la sagesse ».

« Je sais bien que je porte une sorte de jupette, le judogi, et que cela peut faire sourire, mais il y a des règles à respecter, prévient le judoka à quelques élèves de l’école communale de Bonlez, à l’occasion d’un cours d’éducation physique un peu particulier au complexe sportif André Docquier. Dès que vous montez sur le tatami, personne n’en sort sans mon autorisation. »

Objet de la leçon de ce lundi après-midi, tout comme elle le sera pour les élèves de seize autres écoles du Brabant wallon : Apprendre « à tomber sans se faire mal. » Important quand on sait que deux tiers des accidents scolaires (voir ci-contre) survenus entre 2010 et 2015 ont eu lieu dans les cours de récréation ou lors des cours d’éducation physique.

La Province du Brabant wallon a décidé d’appuyer l’initiative par un subside de 12.500 euros. « Comme nous ne gérons aucune école primaire, nous intervenons dans le cadre de l’opération “Vise ta forme” , explique Marc Bastin (MR), le député provincial en charge du Sport, ancien judoka lui-même. À côté des notions de diététique, ces rudiments du judo seront une manière d’aider les enfants à mieux se construire. »

Des techniques du judo

Estelle écoute attentivement : « Ce m’est déjà arrivé de tomber dans la cour de récréation. Et je me suis fait des écorchures aux coudes et aux mains. » Cédric Taymans comprend tout de suite pourquoi : « Quand on tombe, on a le mauvais réflexe d’essayer de rattraper avec les mains. Avec la vitesse de la chute, tout le poids du corps s’amortit dans les poignets, les coudes, les épaules. Alors que si vous roulez en arrière, la tête qui regarde le nombril et les jambes qui restent tendues pour éviter de cogner la tête au sol… »

Et « Pan », il roule et tape des paumes de la main sur le tatami : « Pourquoi ? Pour diffuser l’impact de l’onde de choc dans tout le corps. »

Même chose vers l’avant : poser sa main gauche à côté de son pied droit, puis s’appuyer de la main droite pour rouler sur le coude et l’épaule (ou inversement si l’on est gaucher).

« Ce sont des techniques du judo, sourit Rodrigue Dury, ancien champion vice-champion d’Europe de side-car et professeur d’éducation physique. Cela va m’aider à faire progresser mes élèves, mais il y en a d’autres que je leur apprends déjà lors de jeux de coopération ou d’opposition. »

Cédric Taymans encourage tous les écoliers, mais remarque ceux qui font déjà du sport plus intensément. Aidé par Jonathan Galliaerdt, il fait refaire chaque geste plusieurs fois, réexpliquant au besoin. « Cela doit devenir un réflexe », conclut Marc Bastin, tandis que le judoka résume par une philosophie commune aux arts martiaux : « Tomber sept fois, se relever huit fois… »

«Les rudimentsde la chute »

Entretien - Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 1 min

Cédric Taymans.
Cédric Taymans. - J.-P. D.V.

Vice-champion d’Europe de judo en 1999, puis du monde en 2001, dans la catégorie des moins de 60 kilos, le judoka brabançon se lance un nouveau défi dans les écoles. Entretien avec Cédric Taymans, 42 ans.

D’où vous est venue cette réflexion ?

Du vécu avec mes propres enfants. Combien de fois n’ai-je pas dû aller les conduire pour des radios après de mauvaises chutes ou des jeux dans la cour de récréation. C’est de là qu’est née une réflexion, laquelle a mûri quand j’ai découvert que l’Unesco avait désigné le judo comme le meilleur sport pour les jeunes de 4 à 21 ans. Quant au président de l’Union européenne de Judo, Sergey Soloveychik, il a également déposé un projet pour intégrer les bases du judo dans les écoles.

Une heure de cours, est-ce assez ?

Évidemment que non. Il est déjà prévu que je revienne donner une autre heure dans toutes les écoles où je vais passer. Ce sera l’occasion d’apprendre les rudiments de la chute. L’idéal serait évidemment que tous les professeurs d’éducation physique soient formés afin qu’ils puissent un jour proposer des techniques pendant leurs cours.

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