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Typh Barrow: «La mixité fait la richesse»

Typh Barrow a pris son temps pour réaliser son premier album. Rencontre avec la chanteuse bruxelloise.

Rencontre - Journaliste au service Culture Temps de lecture: 4 min

C’est durant l’été des Francofolies 2014, à la terrasse d’un restaurant de Spa, derrière son piano, pour une série de quatre concerts, que nous avons découvert Typh Barrow. Sa voix impressionnante, gorgée de soul et de blues, nous avait poussé à publier, le mois suivant, son portrait, quelques jours avant sa prestation au BSF. Tout ça avec, sous le coude, un double EP mêlant reprises et compositions personnelles.

Depuis, Typhène (pour les intimes) n’a pas cessé de se produire sur scène un peu partout. Quitte à prendre son temps pour publier, enfin, à 30 ans, son premier album intitulé Raw.

« Je ne voulais pas entendre dix fois la même chanson, nous a-t-elle avoué avec son sourire habituel. Je ne voulais pas m’interdire d’étendre par exemple mon univers qui est plus soul-pop au hip-hop ou à la musique des années 50. Je voulais quelque chose de riche et qu’on ne s’ennuie pas en l’écoutant. La mixité fait la richesse. »

Typhène travaille depuis une douzaine d’années en binôme avec le producteur François Leboutte, qui est également son manager, son agent, son patron de label (Doo Wap) et son éditeur (Feelings Publishing). « Je suis très chanceuse. Entre nous, c’est une confiance absolue. Il m’épargne tous les aspects plus compliqués du métier. Je suis très protégée et en même temps j’ai une totale liberté artistique. »

François ne peut rien refuser à sa belle et donc, avant de terminer l’album à l’ICP bruxellois, il a demandé au Français de Londres Dimitri Tikovoï (cf. Placebo, Ghinzu et Sharko) de produire quatre titres au Quatermass Studio : « Je voulais que la toile de fond de cet album soit organique. Fait avec des musiciens jouant ensemble. C’est un vieux studio avec une couleur et des sonorités très roots. Ils ont récupéré des instruments et du matériel des années 60 et 70. Je voulais retrouver le son des vinyles de mes parents que j’aime tant. On était tous ensemble dans la même pièce. Tikovoï, comme les choristes d’Heliocentrics, vit à Londres. C’était aussi plus simple que de les faire venir à Bruxelles. Et puis, on a choisi l’ICP pour sa modernité. Je voulais un son brut (d’où le titre Raw) et viscéral, pour me sortir de ma zone de confort alors que je suis très perfectionniste. J’ai pris mon temps car je voulais que ce premier album, j’en sois encore fière dans 10 ou 20 ans et que je puisse le faire écouter à mes enfants. »

Un titre, « Taboo », qui lui a valu le surnom de Selah Sue francophone car elle reprend le célèbre phrasé de « Raggamuffin », mérite une explication : « J’aime ce qu’elle fait mais je n’ai pas du tout pensé à aller vers elle dans cette chanson qui fait davantage parler mes influences rap et reggae. »

Typh n’a pas peur de se servir de son image de « sophisticated lady » – quitte à assumer des photos « de mode » comme on en trouve dans les magazines féminins. Mais elle tient à rappeler qu’elle s’est battue pour arriver là où elle est aujourd’hui, qu’elle n’a rien de la fille à papa : « Quand je lis parfois qu’on me traite de fille gâtée pourrie, je trouve ça injuste car je bosse comme une dingue. À 5 ans, j’étudiais le piano. À 8, le solfège. Depuis mes 14 ans, je me produis jusqu’à trois heures par jour dans des piano bars. Pour la voix, le moral et l’orgueil, c’est dur. Rien n’est jamais acquis. Les fringues, j’aime ça, c’est vrai. Mais ça fait aussi partie du jeu. La sophistication n’est pas incompatible avec l’introspection. La chanson la plus personnelle est “ The Whispers ” qui parle de harcèlement scolaire, comme j’en ai énormément souffert. Je donne de moi une image de femme forte et gaie, sûre de moi, alors que je suis craintive, maladroite et gauche. Cette ambivalence fait partie de ce que je suis. »

Le 15/03 au Belzik Festival de Herve, le 24/03 à Liège (Reflektor), les 13 et 14/04 à Verviers (Spirit Of 66), le 27/04 à Charleroi (Eden), le 28/04 à Silly (Le Salon), le 19/05 à Perwez (Perwex), le 21/07 à Spa (Francofolies) et le 05/10 à l’AB.

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