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Eddy Caekelberghs écarté après un mail polémique: la RTBF «ne partage ni ne cautionne son propos»

Le journaliste de La Première a envoyé un mail qui remet en cause l’indépendance éditoriale du service public. Il ne présentera plus ses émissions le temps d’une enquête interne.

Temps de lecture: 3 min

Eddy Caekelberghs est écarté de la présentation de ses émissions sur La Première depuis mercredi. Il y présentait « Au bout du jour » après le journal parlé de 19 heures et « Majuscules » le dimanche après-midi.

Tout est parti d’un mail porté à la connaissance de nos confrères de SudPresse que Le Soir s’est procuré. Lundi soir, depuis son adresse professionnelle, Eddy Caekelberghs a écrit à Henri Bartholomeeuse, président du Centre d’action laïc (CAL) ainsi qu’à Benoît Van der Meerschen, le secrétaire général adjoint du CAL et à Jean-Paul Barrs, ancien secrétaire général du parti socialiste belge et membre du CAL.

Il transfère ce qu’on devine être un extrait d’interview intitulé : « Migrants, interview Louis Michel 2009, libre circulation, accueil ». Il signale à ceux qu’il appelle ses « amis » que l’extrait est libre de droit « il faut l’exploiter à fond : nos réseaux sociaux et nos émissions ! […] N’hésitons pas ! Viralisons avec un texte bien senti et court en parallèle de notre CB (probablement en référence à une carte blanche publiée dans la presse mardi NDLR.) Genre : « Qui a le droit de faire ça ? » dit Louis Michel en 2009 ! « Théo et Moi » répond son fils en 2018 ! » ».

Olivier Chastel sidéré par le contenu du mail

Le Président du MR, Olivier Chastel, a pris connaissance de ce mail mardi. Sidéré, par le contenu, il a contacté le directeur de l’information de la RTBF, Jean-Pierre Jacqmin et le patron du service public, Jean-Paul Philippot. Le MR souhaitait que la RTBF se positionne clairement afin de ne pas jeter l’opprobre sur tous les journalistes de la maison. Un courrier officiel a été envoyé mercredi après-midi à Jean-Paul Philippot et à la société des journalistes.

La décision de la RTBF n’a pas tardé. Elle a suspendu Eddy Caekelberghs de l’antenne le temps d’une enquête interne. Dans un communiqué, le service public affirme se distancier clairement de ce contenu « qui ne traduit en rien ni sa déontologie ni ses missions. La RTBF ne partage ni ne cautionne des propos qui pourraient porter atteinte et préjudice à l’indépendance journalistique. La RTBF continue à défendre et à garantir l’indépendance dans le traitement des sujets et le caractère pluraliste des débats et regards croisés sur les grands enjeux.  »

Le Soir n’a pas réussi à joindre Jean-Pierre Jacqmin et Eddy Caekelberghs. Le premier a précisé dans SudPresse que la décision de la RTBF « est une simple mesure de préservation de l’antenne, qui ne préjuge en rien des suites qui seront données à l’affaire. Nous réaffirmons et revendiquons l’indépendance et la déontologie de l’ensemble des journalistes de la RTBF, qui ne peut être prise en défaut par quelque militance que ce soit. L’acte qui est aujourd’hui au cœur de la polémique est un acte isolé, dont le contenu ne nous plaît pas. »

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0 Commentaire

  • Posté par Francis Loicq, jeudi 25 janvier 2018, 22:12

    l y a les réfugiés, des êtres aussi humains que nous. Il y a ceux de nos concitoyens qui compatissent avec ceux-là, et passent à l'acte pour les nourrir, les protéger, les réchauffer de leur humanité. Le nombre de ceux- croît de semaines en semaines. Il y a une majorité silencieuse de nos concitoyens qui eux aussi sentent ou pressentent les menaces de la désorganisation des institutions étatiques, que celles-ci soit nationales ou internationales. Quoi faire, ou trouver protection et sécurité dans ce contexte: sécurité d'emploi, de logement, de santé ou d'avenir pour les jeunes touchés par une dé-scolarisation grandissante? Face à cela les mesures "sécuritaires" paraissent peu de chose. Face à cela les informations sur les réseaux en remettent une couche laissant libre court à l'expression de toutes émotions ou invectives. Face à cela, le travail d'une information journalistique écrite ou radio-télé visuelle parait lui aussi compromis. Les tourbillons de la vitesse des 'instantanés, empêchent d'offrir aux citoyens les moyens de s'interroger, de comprendre, de créer de la perspective. Par exemple rappeler un passé même relativement proche et le rapporter au présent. C'est ce qu'on appelle tout simplement "une mise en perspective". Cela me semble relever de la "subtilité" la plus élémentaire, pour mettre en lumière le présent. Malheureusement lorsque celle-ci se focalise sur la pertinence des divergences entre deux époques ou générations du libéralisme, celui du père, humanisme libéral, et celui du fils, libéralisme post humaniste ou néolibéralisme, cela devient intolérable aux yeux de la classe politique et d'une même famille de dirigeants libéraux . Comme si ces choses ne pouvaient pas être démontrées, et démontées tout simplement, comme cela fut fait par Eddy Caekelberghs. Un simple travail rigoureux est mis à mal. Une occasion de monter de quel côté opère déjà une CENSURE qui je l'espère n'annonce pas l'avenir d'un populisme et d'une démagogie sans limite.

  • Posté par Mertens Adrien, jeudi 25 janvier 2018, 10:00

    Un journaliste a le droit de confronter. Si le MR se sent victime, il n'a qu'à s'en prendre aux contradictions de ses mandataires. Ce journaliste fait son métier, et plutôt bien, je trouve. Trouver de quoi alimenter un bon sujet de polémique fait partie du métier, que l'on aime cela ou pas. L'accuser de partialité est une malhonnêteté intellectuelle.

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