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Carrefour Belgique: 1.233 emplois menacés par le plan de restructuration

Les syndicats en colère à l’issue du conseil d’entreprise extraordinaire. L’annonce de la direction est qualifiée de « carnage social ». Les travailleurs partent en grève dans les hypermarchés.

Temps de lecture: 3 min

C’est l’état de choc chez les travailleurs après le conseil d’entreprise extraordinaire de Carrefour Belgique qui s’est tenu au siège de l’entreprise de distribution à Evere. La direction avait convoqué les syndicats pour leur faire part des conséquences dans notre pays du « plan de transformation » présenté mardi à Paris par le patron du groupe, Alexandre Bompard.

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La direction a annoncé aux représentants des travailleurs que « 1.233 personnes seraient potentiellement impactées » par cette restructuration : 1.053 emplois sont menacés dans les hypermarchés et de 180 au siège central. Deux hypermarchés déficitaires (sur 45) seront fermés d’ici juin : Belle-Ile (Liège) et Genk. Trois autres seront transformés en Carrefour Market (Haine-St-Pierre, Brugge Sint Kruis et Westerlo), et un hypermarché verra sa surface réduite (Turnhout). Les conditions de travail au siège central et dans les hypermarchés seraient également revues à la baisse. Les heures d’ouverture devraient également être élargies, sans qu’il soit précisé si cette mesure s’applique également aux supermarchés (Market) et magasins de proximité (Express).

Le Setca parle de « nouveau carnage social ». « Nous sommes choqués par l’insolence de la direction et la froideur des informations reçues », dénonce le syndicat socialiste.

Selon le CNE, tous les hypermarchés intégrés vont cesser le travail. Delphine Latawiec, secrétaire permanente secteur Commerce du syndicat chrétien (CNE) parle d’un sentiment de « colère » face à une annonce jugée « inacceptable . Nos actions dans les magasins parleront pour nous, car les mots nous manquent. Nous payons cash leurs erreurs. Cette fois, le personnel ne peut l’accepter. On arrive dans les mêmes chiffres qu’en 2010 (NDLR, la précédente restructuration chez Carrefour avait entraîné la disparition de 1.700 emplois). Tant d’efforts ! Pourquoi ? »

Du côté de la direction, on justifie ces décisions par les « nouveaux défis » auquel Carrefour doit faire face. « La concurrence se diversifie et s’intensifie, les consommateurs belges modifient leur comportement d’achat en se tournant davantage vers les sites de commerce en ligne – principalement étranger, a indiqué l’entreprise dans un communiqué. En 2017, les Belges ont également moins consommé. (…) Un plan de transformation est indispensable pour réduire les coûts et investir fortement dans les secteurs d’avenir, créateurs de valeur tels l’omnicanalité, le digital, les services, le bio, le frais et les marques propres Carrefour ». Carrefour indique par ailleurs qu’il ouvrira « plus de 30 nouveaux supermarchés Market et magasins de proximité Express en 2018 ».

La direction assure que les « mesures envisagées sont indispensables pour assurer la poursuite du développement de Carrefour en Belgique » et qu’elles « s’inscrivent dans une stratégie de transformation profonde et ambitieuse de l’entreprise ». Carrefour affirme enfin « sa ferme volonté de limiter autant que possible les conséquences sociales en envisageant toutes les mesures alternatives ou d’accompagnement, en concertation avec les partenaires sociaux ».

 

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0 Commentaire

  • Posté par De Bilde Jacques, vendredi 26 janvier 2018, 12:00

    C'est toujours un peu la même rengaine. Les patrons nous disent, le coeur sur la main, qu'ils sont obligés de restructurer pour s'adapter aux besoins du marché, sous peine de mettre la viabilité de l'entreprise en danger. A lire les raisons qui justifient une telle restructuration, on a l'impression que ce sont les consommateurs qui en sont responsables : ils ont modifié leurs modes de consommation. Mais le résultat est toujours le même. Des pertes d'emploi et le drame social qui en découle. Rarement, le management est remis en cause. Monsieur de Collonges n'a, quant à lui, pas de souci à se faire sur son avenir.

  • Posté par Jean-Michel Calozet, vendredi 26 janvier 2018, 8:54

    Ce n'est qu'un début... ce n'est que les premières gouttes de pluies d'un ouragan social que l'on va se prendre en pleine tête. Mais n'oublions pas que "nous" sommes tout autant victimes que bourreau. Qui n'as pas entendu que les supermarchés,hypermarchés,centres commerciaux ont tués les petits commerces de proximities... La digitalisation qui arrive, va tuer les grandes surfaces commerciales.. et nous en sommes tous responsables. Petite question... Qui n'a jamais commandé quelque chose sur internet, et surtout sur certains sites américains? Pq? Pour le prix .. pour la facilité, pour le choix.. et ce au meme titre que ce que l'on fait lorsque l'on va dans les supers-hypermarchés. Et encore, bientot nous n'irons meme plus sur notre ordinateur pour commander..Ce meme site à créer des "dash button" connecté a votre Wi-Fi, qui vous permet de commander et vous faire livrer directement chez vous. Sans oublier que l'informatisation s'intègre dans les objets du quotidien, tel que votre frigo, qui vous permettra également de commander et vous faire livrer chez vous tout ce qui vous est nécessaire. Maintenant que l'on vienne dire que les politiques ne font rien, ou qu'ils viennent dire qu'ils vont faire le maximum pour aider ces gens.. C'est juste un mensongé éhonté. De un, on a déjà eu Renault, Ford, Caterpillar, ING,BNP Paribas, Acelor Mittal,... leurs points communs, multinationale qui sont dirigées de l'étranger et qui n'en n'ont rien à faire des petits belges, de leurs syndicats, de leurs politiciens.. Tout ce qui importe c'est le chiffre d'affaire et le cours de l'action. Pour terminer, je vous dirai que la digitalisation des services est en cours et des milliers voir des centaines de milliers d'emplois vont etre perdu d'ici a 2025.. autrement dit.. demain matin..

  • Posté par Lemaire Paul, jeudi 25 janvier 2018, 16:55

    Nos responsables politiques ont donné des autorisations d'exploiter à tout va d'où un nombre invraisemblable de grandes surfaces. Il parait que cela crée de l'emploi!!! Dés lors il n'y a pas de place pour tout le monde et c'est la guerre des prix et donc une diminution de la rentabilité. Prix bas (crédo des associations de consommateurs) signifient toujours misère sociale chez les producteurs et distributeurs. A cela s'ajoute les nouvelles formes de commerce. Il ne faut donc pas s'étonner de ces restructurations, tout était prévisible et ce n'est qu'un commencement. Pour info Amazone vient d'ouvrir un magasin sans caissiers et caissières ; bientôt ce sera au client d'approvisionner les rayons s'il veut bénéficier de remises supplémentaires.

  • Posté par Lambert Paul, jeudi 25 janvier 2018, 16:15

    et pendant ce temps là Charles Michel et la nva nous rabâchent les oreilles que tout va bien , qu'il y a du travail, que la situation économique va au mieux, ils diminuent l'impôt des sociétés en demandant des embauches, mais là on licencie

  • Posté par Hallet René, jeudi 25 janvier 2018, 15:38

    Misère Mis-re Misère

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