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Caekelberghs écarté de la RTBF: «Appartient-il au président de parti d’interférer?» interroge Christophe Collignon

Le journaliste de La Première a été écarté de la RTBF après avoir envoyé un mail qui remet en cause l’indépendance éditoriale du service public. Olivier Chastel avait contacté le directeur de l’information et le patron de la RTBF. Une intervention qui interpelle le député wallon.

Carte blanche - Temps de lecture: 3 min

La mise à pied d’un journaliste, mardi au sein de la rédaction de la RTBF, nous apparaît pour le moins interpellant, a fortiori lorsque l’on apprend que le « commanditaire » de cette mise à l’écart n’est autre que le président d’un parti « démocratique ».

Un message, jugé polémique par certains, a été adressé, lundi soir par le journaliste concerné, à des membres du centre d’action laïque (CAL). Certes.

Mettant fermement en cause la politique migratoire du gouvernement fédéral présidé par le libéral Charles Michel, la missive n’a manifestement pas plu au président du MR, lequel aurait aussitôt joué de son influence auprès de la direction de la chaîne publique.

Faisant suite à l’intervention d’Olivier Chastel, le directeur de l’information Jean-Pierre Jacqmin et l’administrateur général de la RTBF Jean-Paul Philippot ont, sans attendre, suspendu d’antenne le journaliste visé.

Plusieurs questions

Dans l’attente des résultats des investigations ertébéennes, plusieurs questions se posent, en termes de fonctionnement démocratique notamment.

Appartient-il à un président de parti, ou à tout autre responsable politique, d’interférer auprès de sa direction lorsqu’un journaliste, ou tout autre travailleur, est susceptible d’avoir enfreint certaines règles ?

Appartient-il à un président de parti, ou à tout autre responsable politique, d’interférer auprès de sa direction lorsqu’un travailleur exprime une opinion de citoyen, soit-il ou non journaliste ?

Sans préjuger de quoi que ce soit quant à la pertinence des propos tenus par le journaliste sanctionné et la manière de les avoir communiqués, des règles régissent le fonctionnement de notre démocratie.

Liberté d’expression

Il est certes compréhensible que, au regard du contrat de travail qui les lie, la RTBF puisse réclamer des explications à l’un de ses employés. Mais il est inadmissible qu’une sanction soit infligée à un travailleur par le biais d’un président de parti, sous prétexte que ses pairs auraient été victimes d’une quelconque vexation.

Encore aujourd’hui, la liberté d’expression reste mise à mal dans nombre de pays. Le simple fait de mécontenter les autorités y suffit pour justifier une mise à l’écart, voire des sanctions bien plus graves encore.

Récemment pointée du doigt par Amnesty International, la Turquie, voisine de nos frontières européennes, s’illustre par la répression à l’égard de professionnels de l’information qui osent critiquer l’autorité. Pertes d’emploi, emprisonnements et fermetures d’organes de presse y constituent des moyens privilégiés pour faire taire d’éventuelles contestations.

Si nous n’en sommes heureusement pas là, la vigilance reste de mise.

Par l’élaboration d’une législation adéquate, la responsabilité du politique consiste à assurer à tout un chacun la possibilité d’exercer pleinement son droit d’expression, dans le respect d’autrui.

Le rôle du politique n’est a contrario pas d’influencer untel ou untel en vue de faire taire celles et ceux qui tiendraient des propos divergeant des leurs.

Au nom d’une déontologie journalistique prétendument bafouée, il est inacceptable de sacrifier la déontologie politique…

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7 Commentaires

  • Posté par Christian Radoux, vendredi 26 janvier 2018, 13:07

    @Nicolay Jean-marie 1. Ce n'est pas "mon cher" Chastel. Si la plainte avait émané de Tartempion, c'eût été la même chose pour moi. 2. Bien évidemment, je sais que lui aussi est franc-mac; croyez-vous me l'apprendre ?. 3. Et justement, c'est entre "frères" que les batailles sont les plus féroces quand, dans ses magouilles, l'un a lésé l'autre. D'ailleurs, pour rappel, c'est déjà Chastel qui avait allumé la mèche du tonneau explosif de Charleroi.

  • Posté par Françoise Carette - De Toeuf, vendredi 26 janvier 2018, 11:49

    Commentaire savoureux du représentant d'un parti qui a longtemps régné en maître sur ce qui s'intitulait jadis RTB. Soyons optimistes: les vertus de l'indépendance journalistique se dévoilent à tous.

  • Posté par Colleaux Pierre, vendredi 26 janvier 2018, 11:46

    Tout de suite les grandes comparaisons: répression à la Erdogan ... m'enfin !

  • Posté par Lambotte Serge, vendredi 26 janvier 2018, 10:55

    Chastel dirige aussi la RTBF?

  • Posté par Poels Jean-pierre, vendredi 26 janvier 2018, 11:57

    Appartient-il auX présidentS de partiS d'interférer? (j'ai préféré le pluriel ) Jacques Liesenborgh et Jean Guy, respectivement vice-présidents et administrateur de la RTBF de 1999 à 2004 (qui ont eux-mêmes participé de l'intérieur au "système" l'ont dénoncé dans un document complet de 22 pages intitulé "Rapport annuel et de fin de mandat de Jacques Liesenborgh et Jean Guy comme vice-président et administrateur de la RTBF de 1999 à 2004". (facile à trouver via google) Tout y est et pire,... RIEN n'a changé. Bonne lecture. http://www.etopia.be/IMG/pdf/RTBF_-_Regards_retrospectifs_et_prospectifs.pdf

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