Les péniches ont le vent en poupe

Le transport de matériaux de construction représente près de 60 % du trafic fluvial bruxellois.
Le transport de matériaux de construction représente près de 60 % du trafic fluvial bruxellois. - Sylvain Piraux.

À 25 ans, on a atteint la pleine force de l’âge. Les maladies de jeunesse sont passées et on peut voguer tranquillement sur le canal de Bruxelles. Pour le Port, ce quart de siècle sera fêté toutes voiles dehors puisque la société enregistre une importante augmentation de son trafic et en particulier, de son trafic propre.

Il s’agit même de sa troisième meilleure année. Évidemment, la reprise économique globale n’est pas étrangère à ce bon résultat mais il y a aussi les différents contrats signés avec des promoteurs qui ont permis de doper le transport fluvial, notamment pour les matériaux de construction et les terres excavées. Le trafic global a augmenté de 7 % ce qui représente environ 7 millions de tonnes transportées par la voie d’eau en 2017. Le trafic propre a connu une hausse de 8,8 % contre 3 % pour le trafic de transit. Le trafic propre concerne en réalité les marchandises qui sont chargées ou déchargées à Bruxelles.

« Avec ces chiffres, nous voyons bien l’impact environnemental du Port sur Bruxelles, explique Alfons Moens, directeur du Port de Bruxelles. Nous avions commandé une étude à la VUB et les chercheurs estiment que nous économisons 650.000 camions par an soit 2.000 par jour. Cela représente une économie de 100.000 tonnes de CO2 et de 25 millions en coûts externes comme la réparation des routes. »

En examinant de plus près les chiffres, on s’aperçoit que les matériaux de construction pèsent lourd dans les chiffres du Port. Ils représentent 58,9 % des marchandises contre 23,7 % pour les produits pétroliers, et 7,7 % pour les containers. En 2017, le transport de minerais et de ferrailles a augmenté tout comme les produits chimiques notamment grâce au transport d’éthanol. « Les terres excavées sont aussi une source de revenus importante, explique Philippe Matthis, directeur adjoint. Nous avons eu de gros chantiers en 2017 qui se sont servis de la voie d’eau. Nous avons ici un conseiller pour les entreprises qui souhaitent évacuer leurs déchets de chantier par le canal et il est très convaincant. Du coup, les promoteurs voient l’intérêt pour eux d’utiliser la voie fluviale. Les Pays-Bas sont d’importants acheteurs de nos terres. »

Des projets prometteurs

D’ailleurs plus de 60 % du trafic se fait en provenance ou en direction des Pays-Bas puis 31 % des autres ports belges, 6,3 % de l’Allemagne et 1,2 % de la France.

Un autre domaine connaît une importante croissance : les palettes. Avec 10 % d’augmentation, le transport de marchandises par palettes atteint 16,9 milliers de tonnes. On est loin des containers mais c’est un secteur à développer pour le Port.

Les projets, il n’en manque d’ailleurs pas. Pour mars 2018 est prévue l’inauguration du Village de la construction le long du bassin Vergote. Cela va permettre la relocalisation d’une entreprise et l’aménagement d’un parc récréatif quai Béco. Le Village représente aussi 120 emplois et quelque 300.000 tonnes de matériaux transbordés par an. L’investissement de la société portuaire est de 8 millions d’euros.

Le second gros dossier est l’ouverture pour le printemps du Brussels Cruise terminal à destination du tourisme fluvial. Depuis quelques années, les croisières de ce type se multiplient et Bruxelles ne possédait pas de lieu de débarquement pour les passagers. Dès la reprise de la saison, cette erreur historique sera corrigée. Pour un investissement de 6 millions d’euros, le Port espère tripler le nombre de touristes pour atteindre les 35.000 personnes et rapporter 4,7 millions d’euros par an à la Région. Cet embarcadère devrait générer la création de 90 emplois directs et indirects.

Et pour le long terme, le Port prépare un nouveau master plan pour son développement jusqu’en 2040.

 
 
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