De plus en plus de travailleurs au bout du rouleau: 28.000 Belges souffrent de burn-out

De plus en plus de travailleurs au bout du rouleau: 28.000 Belges souffrent de burn-out

Les métaphores pour décrire le burn-out ne manquent pas. Anne Everard, auteure d’un livre destiné à aider celles et ceux qui, comme elle l’a vécu elle-même, traversent une période de burn-out, en a recueilli de nombreuses au fil des témoignages qu’elle consignait. On lit notamment : « Un incendie consumant toutes les ressources internes », « un tsunami qui se retire », « une corde qui rompt ».

Un changement de management, une perte de sens au travail, la naissance d’un enfant, la perte d’un proche sont autant d’éléments déclencheurs qui peuvent faire basculer une personne en état de « stress positif » vers l’épuisement total. Le corps décompense alors brusquement, les batteries sont à plat, plus moyen d’allumer le moteur.

Et la pathologie n’a pas de terrain de prédilection, elle se répand dans tous les types de milieux professionnels.

Aucune profession n’y échappe

« Si le secteur de la santé (les médecins généralistes et les infirmières, particulièrement) a longtemps connu une plus forte prévalence de burn-out, aucune profession n’y échappe réellement aujourd’hui », affirme François Perl, directeur général du service indemnités de l’Inami.

L’épidémie progresse d’ailleurs à grands pas. Ainsi, le coût de l’incapacité de travail est estimé par l’Inami à 7,1 milliards d’euros en 2017, et parmi les quatre cent mille personnes indemnisées, environ 7 % souffrent de burn-out (soit 28.000 cas) et 15 % de dépression. Pour François Perl, il faut d’ailleurs « envisager ces deux pathologies ensemble : le burn-out et la dépression ont évolué de façon parallèle ces dernières années, et l’une est encore souvent diagnostiquée à la place de l’autre… » Cette confusion a conduit, pendant plusieurs années, à une imprécision statistique de taille : entre 2010 et 2015, le nombre de burn-out a certes doublé, mais de nombreux burn-out étaient, à tort, classés dans la catégorie « dépression ».

L’ingrédient essentiel à la guérison d’un burn-out, c’est le repos. « Il faut prendre le temps d’accepter sa situation, insiste Isabelle Hansez, professeure de psychologie du travail à l’ULg. Les médecins recommandent en général deux à trois semaines de repos complet. »

Une fois le corps reposé, c’est l’accompagnement psychologique qui prime. Or, celui-ci passe trop souvent à la trappe. Il est pourtant crucial puisqu’il raccourcit les durées d’incapacités de travail et, ainsi, réduit leur coût pour la société.

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