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Inscrire la constructiondans la philosophie du zéro déchet

Le recyclage et le réemploi des matériaux de construction sont des enjeux importants pour l’environnement. Un passeport des matériaux pourrait devenir obligatoire dans la construction et la rénovation.

Journaliste au service Bruxelles Temps de lecture: 3 min

Les Bruxellois ont pris l’habitude de trier leurs déchets, transformant parfois leur cuisine en petit local à poubelles. Mais il n’y a pas que les particuliers qui peuvent faire un geste pour l’environnement. La construction aussi. La destruction de bâtiment génère des milliers de tonnes de déchets qui sont parfois recyclés et rarement réutilisés.

Dans le cadre de l’année zéro déchet mise en place par la ministre de l’Environnement, Céline Fremault (CDH), Bruxelles Environnement a accueilli les acteurs européens de la construction participant au projet Bamb (Buildings as material banks). Ce projet vise à utiliser de manière optimale les matériaux de construction tout au long du cycle de vie des bâtiments. Pour Bruxelles Environnement, il serait utile de mettre en place un passeport des matériaux afin de faire rentrer le domaine dans l’économie circulaire et le zéro déchet.

Chaque année, environ 650.000 tonnes de déchets de construction sont générées dans la capitale. Lorsqu’une destruction s’opère, les pelleteuses concassent sans distinction briques, ciment, poutres métalliques et autres câbles électriques. Ces débris sont aujourd’hui recyclés à 85 % mais leur vie s’arrête aux portes de la décharge. Demain, il serait souhaitable qu’ils puissent être réemployés.

Pour cela, il est utile de travailler en amont, dès l’intervention de l’architecte. Celui-ci peut être sensibilisé au type de matériaux qu’il désire employer. Penser des bâtiments convertibles facilement est une première étape. Utiliser des composants respectueux de l’environnement en est une autre.

« Il faut penser à des techniques qui permettent le recyclage ou le démontage plus simple des différents éléments qui pourront alors être réemployés ailleurs, explique Caroline Henrotay, de Bruxelles Environnement. Dans notre plan déchet, nous demandons une démarche participative du secteur de la construction et nous axons nos formations sur la prévention ainsi que la déconstruction sélective. »

Certaines entreprises comme Rotor située à Anderlecht, ont d’ailleurs fait de la récupération des matériaux leur spécialité. Avant le passage des pelleteuses, les travailleurs viennent récupérer tout ce qui peut être réutilisé. Cela va des luminaires aux blocs sanitaires en passant par le revêtement de sol. Ensuite, elle les revend aux professionnels ou à des particuliers. Ainsi, une pharmacie de Schaerbeek a installé les luminaires de l’ancien siège social de BNP.

Un enjeu de poids

Dans un deuxième temps, Bruxelles Environnement souhaite mettre en place un passeport des matériaux. « En cas de réutilisation ou de transformation d’un bâtiment, il serait utile de connaître la composition exacte des matériaux employés à l’époque, ajoute Caroline Henrotay. Cela permettrait de mieux trier les déchets toxiques mais aussi de récupérer ce qui peut l’être. »

Le passeport contiendrait un descriptif complet des composants, histoire d’avoir une traçabilité. Selon les premières expériences, il est possible de récupérer 6 tonnes de matériaux sur une maison individuelle, 20 tonnes sur un bâtiment de bureaux moyen voire jusqu’à 200 tonnes sur un bâtiment de haut standing. L’enjeu est donc de poids.

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