Accueil Société Régions Liège

Liège souhaite sauver son patrimoine

Pas de retour en arrière possible pour l’ex-dentisterie. La Ville insiste sur les centaines de rénovations réalisées ces dernières années.

Temps de lecture: 3 min

Depuis plusieurs mois, deux groupes sont en opposition à Liège : les défenseurs du patrimoine et ceux qui veulent la démolition des chancres urbains, pour des questions d’esthétique, de sécurité et de salubrité publique.

Le cas s’est d’abord présenté avec l’hôtel Rigo, face à l’esplanade des Guillemins. Des associations avaient bataillé durant trois ans pour essayer de sauver cette bâtisse de la néo-Renaissance. En vain : le chantier de démolition a débuté en décembre.

Scénario presque semblable avec l’ancienne dentisterie de Bavière (Institut de stomatologie de l’Université de Liège). C’est suite à l’appel du commissaire en chef de la police de Liège que le bourgmestre Willy Demeyer (PS) a signé l’arrêté de démolition et l’a signifié au propriétaire.

Le chef de la police Christian Beaupère évoquait trois décès survenus en moins de six mois, la présence régulière de toxicomanes, d’amateurs d’urbex et d’acrobatie dans un bâtiment abandonné depuis 16 ans. Lors d’une grosse opération policière, Christian Beaupère avait vidé le bâtiment d’une vingtaine de toxicomanes et rendu un rapport très sévère au bourgmestre.

L’artiste liégeois Alain de Clerck a directement fait savoir son mécontentement en entamant une grève de la faim il y a une semaine pour la préservation de ce bâtiment et sa réaffectation par des artistes liégeois.

Pour un moratoire

Du coup, le conseiller François Schreuer (Vega) demande à la Ville de donner une seconde chance – sous forme d’un délai d’au moins trois mois – à la mise en place d’un projet de sauvegarde du bâtiment dans une perspective culturelle et associative. Tandis qu’Écolo déclare que « la valorisation du patrimoine est l’un des points forts de l’attrait culturel et touristique de Liège. La dentisterie pourrait en être un exemple majeur. Un moratoire général sur les destructions d’immeubles patrimoniaux nous semble urgent ».

« Ces deux exemples sont des exceptions, lance le bourgmestre Willy Demeyer. La Ville fait bien plus que ça en matière de préservation de son patrimoine. C’est la règle générale d’ailleurs, on fait notre possible, mais à partir du moment où il y a un danger de sécurité, une absence de financement et d’autres projets en développement, on n’a pas d’autre choix que de démolir. »

Le bourgmestre regrette cette image « anti-patrimoine » qu’on lui inflige ces derniers temps : «  On ne discute jamais des trains qui arrivent à l’heure et donc personne ne fera remarquer que l’on a sauvé le Val Benoît, la Grand Poste, les Bains de la Sauvenière et encore bien d’autres alors qu’un promoteur proposait des appartements à la place de ceux-ci. Si maintenant un promoteur venait avec dix millions et l’accord du propriétaire, on se remettrait autour de la table pour l’ex-dentisterie. »

Le bourgmestre montre ainsi que ses services interviennent également sur des sites privés et pas seulement publics. 11 % de l’ensemble du patrimoine classé de Wallonie est liégeois, 443 monuments ou sites classés sur 3.945 au total, dont 26 classés au patrimoine exceptionnel.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Aussi en Liège

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Lesoir Immo Voir les articles de Lesoir Immo