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La peur des théocraties

La chronique de Vincent Engel.

Chronique - Temps de lecture: 11 min

Le combat pour ou contre l’accueil des réfugiés oppose en apparence des visions divergentes de la justice et des valeurs sur lesquelles se construit une démocratie. Mais il faut aussi entendre une peur profonde dont les expressions, pour être souvent passionnées voire intransigeantes, excessives et parfois racistes, n’en traduisent pas moins une réalité.

À la chute de l’empire romain, au Ve siècle, les structures socio-économiques qui tenaient ensemble un monde déjà globalisé se sont effondrées pour la plupart. Face au fractionnement politique, deux liens ont subsisté : une langue commune pour les élites ; l’Église – même si l’idée d’une Europe chrétienne de toute éternité est une idiotie historique, l’ensemble du continent n’étant devenu chrétien qu’autour de la fin du premier millénaire de notre ère, à coup de conversions forcées de populations qui ont mis encore des siècles à accepter cette religion monothéiste si exigeante moralement.

La chute de l’empire a marqué la dissociation entre le séculier et le religieux. S’en est suivie une coopération conflictuelle entre ces deux pouvoirs, lesquels se sont mutuellement instrumentalisés. Au onzième siècle, la Querelle des Investitures entre l’empereur et le pape illustre bien cette lutte entre le pouvoir séculier et le pouvoir spirituel. Bien entendu, tout cela dépasse de loin les simples ouailles, qui se soucient peu de savoir si leur évêque a été nommé par le pape ou par l’empereur ; dans un cas comme dans l’autre, les prêtres sont là pour intimer au peuple un ordre d’obéissance et de soumission, toute transgression à l’égard de maîtres désignés, d’une manière ou d’une autre, par Dieu en personne, ne pouvant que les condamner à l’enfer et aux souffrances éternelles. Dans cette logique, la raison humaine est dévalorisée, puisque l’homme et la femme (et surtout la femme, dans le discours dominant), depuis Adam et Ève, sont soumis à leurs pulsions et à leurs passions. Et comme l’a très bien analysé George Steiner, la religion, laquelle est bien plus imposée que révélée, exige une attitude morale impossible à atteindre pour le commun des mortels. Toute révolte et même toute contestation sont interdites, punissables de mort et de damnation. Ce qui n’a pas empêché, au sein du christianisme, la prolifération de révoltes et d’hérésies, qui ont souvent représenté des mouvements sociaux majeurs et qui ont fait évoluer, dans un sens ou l’autre, des questions morales portant sur des sujets comme le mariage ou la sexualité.

Naissance de l’antijudaïsme

Steiner, dans la foulée de Freud, lie à cette situation la naissance de l’antijudaïsme, qui se transformera en antisémitisme politique au dix-neuvième siècle. Ne pouvant se rebeller contre ce monothéisme écrasant qui fait du prince un représentant de Dieu sur terre, le peuple va reporter sa haine contre un autre peuple monothéiste, présenté dans la Bible comme déicide : les Juifs. Cela tombe bien : ils refusent de se convertir et les puissants, qui trouvent chez eux des financiers généreux, n’hésitent pas à attiser la haine contre leurs prêteurs lorsque le montant de leurs dettes devient difficile à rembourser. Et si les Juifs font commerce d’argent (du moins une toute petite partie d’entre eux, la plupart vivant chichement de professions artisanales), c’est parce que la possession de terres leur est interdite, tout comme l’usure l’est pour les chrétiens. Les chrétiens ont besoin d’argent, les Juifs ont besoin de vivre : tout le monde semble y trouver son compte, plus ou moins. L’époque est violente et les temps sont très durs.

Cette haine du Juif serait donc intimement liée à la détestation d’un monothéisme trop contraignant – même si la chrétienté d’abord et le catholicisme ensuite, après la Réforme, sauront concilier des reliquats de polythéisme à travers le culte des saints et certaines fêtes qui « recyclent » des dieux et leurs célébrations païennes.

À partir de la Renaissance, toutefois, l’humain va retrouver sa place centrale et, petit à petit, le poids de la religion dans la vie publique va se réduire. Très, très lentement… les États modernes vont se constituer au gré de révolutions ou de réformes, la Constitution va instituer la séparation de l’Église et de l’État, lequel deviendra agnostique et garantira la liberté de culte et la tolérance. Mais cette séparation n’est pas encore totalement acquise ; il suffit de se rappeler l’incident qui conduisit, en avril 1990, Wilfried Martens à inventer une pirouette surréaliste pour permettre au roi Baudouin de ne pas voter la loi sur l’avortement, que sa conscience chrétienne ne pouvait accepter. Plus proches, les manifestations des ultraconservateurs chrétiens français contre le mariage pour tous. Mais globalement, on peut considérer que l’influence directe de la religion et des institutions chrétiennes dans la gouvernance européenne est faible, à défaut d’être nulle, en tout cas depuis les années 1960-1970. Et même si une majorité se dit encore chrétienne, elle se réjouit de cette mise à distance de l’Église dans la conduite des affaires politiques, culturelles et sociales.

Démocratie et religion

La démocratie repose, entre autres, sur une séparation nette entre les deux sphères. Si la liberté de culte est garantie par la constitution, si ces cultes sont parfois financés par l’État – c’est le cas en Belgique –, seule une minorité d’ultra-conservateurs accepterait aujourd’hui que des autorités religieuses donnent des consignes de vote dans un débat parlementaire, ou interviennent auprès d’un.e ministre pour s’opposer à une loi.

Cela ne signifie pas, évidemment, que les élu.e.s puissent toujours mettre de côté leurs convictions, lesquelles constituent également, dans certains cas, une clé de voûte de l’orientation politique de leur parti. C’est vrai pour les religions comme pour d’autres choix philosophiques et moraux, ainsi que l’illustre la récente lettre envoyée par la loge du Droit Humain aux député.e.s maçon.s, afin de les inviter à s’opposer au vote de la loi sur les perquisitions.

En Belgique, la laïcité de l’État n’est pas perçue de la même manière qu’en France, comme le rappellent justement les auteurs d’une carte blanche récemment publiée dans Le Soir et selon laquelle « évoquer « la communauté musulmane » est une entorse à la laïcité ». En effet, en France, on considère que « le religieux n’a pas à se mêler de politique » – ce qui n’empêche pas que les relations entre Église et État soient exceptionnellement conflictuelles –, quand en Belgique, à l’inverse, on demande au « politique de ne pas se mêler du religieux », tout en finançant le culte.

Les extrémismes religieux toujours bien vivants

En Israël, le poids des ultra-orthodoxes, qui représentent 10 % de la population, est très important, même si certains adeptes de cette vision du judaïsme ont été et restent antisionistes. C’est que l’extrémisme religieux s’accommode de toutes les contradictions quand il s’agit de combattre le pouvoir politique non religieux.

Chez nous, les ultraconservateurs chrétiens ne représentent sans doute même pas 10 % de la population chrétienne, voire infiniment moins (on compterait 10.000 partisans de Mgr Lefebvre, lequel ne représente cependant plus la pointe de ce radicalisme chrétien), et les derniers chiffres montrent un recul constant de Belges se déclarant croyants. Surtout, après des millénaires de théocraties diverses, on commence à espérer qu’une société juste et efficace puisse fonctionner sans intervention religieuse, ce qui ne signifie évidemment pas que la spiritualité est inutile et qu’elle ne joue pas son rôle dans la construction des consciences. Mais on peut dire, au risque de choquer, que la religion, désormais, appartient à la sphère non-étatique, comme la sexualité, et que, comme pour celle-ci, il importe de tolérer toutes les pratiques qui ne portent pas atteinte à l’intégrité et à la liberté des autres. En religion, cela signifie surtout : ne pas prétendre que les lois humaines doivent correspondre à une supposée loi divine, ne pas affirmer que celles et ceux qui ne partageraient pas une foi sont des citoyens de deuxième ordre, voire n’ont pas le droit de vivre.

Bien entendu, de ce point de vue, certaines manifestations de l’Islam apparaissent certainement comme très effrayantes. On ne peut pas simplement mettre sur le dos du racisme et de la xénophobie la peur que, légitimement, génèrent ces manifestations.

La peur de l’Islam

Comme j’ai déjà essayé de le développer dans ma chronique du 12 février et dans celle du 25 mars dernier, les textes sacrés de l’Islam n’incitent pas plus à la violence et à la guerre que ceux des deux autres religions monothéistes pratiquées en Europe.

Ce qui effraie, c’est cet Islam radical propagé principalement par les salafistes. Il est à juste titre effrayant, surtout pour celles et ceux qui, comme nous, avons connu au gré des siècles cette lente évolution vers la démocratie et les libertés fondamentales. À juste titre, nous ne voulons pas revenir dans une théocratie où un dieu invisible et muet serait instrumentalisé par une clique de tyrans afin d’assouvir leur soif de domination. On peut affirmer sans rougir que nous n’avons pas réussi à nous débarrasser des Savonarole et autres illuminés pour tomber sous le joug d’autres fanatiques. Le monde que décrit La servante écarlate – une Amérique tombée dans une dictature puritaine et fasciste – est un horizon plausible mais redoutable, auquel il convient que toutes les forces vives de notre société résistent.

Donc oui, le salafisme est un danger qu’il faut combattre. Mais quelle est la réalité de ce danger ? Quelle est son ampleur ? Les plus virulents islamophobes, qui confondent les extrémistes avec les simples fidèles, ne pourront que s’incliner devant la source à laquelle je vais me référer pour la suite : la Sûreté de l’État. Ce n’est certainement pas cet organisme que l’on pourrait accuser de vouloir « ouvrir les frontières » pour laisser déferler sur nos terres des « hordes de sauvages », cette « racaille » dont le seul rêve serait de nous exterminer et de violer nos femmes, afin d’imposer le califat. La SE n’organise pas l’hébergement des réfugiés au parc Maximilien. Elle ne milite pas pour qu’on accueille plus de migrants.

Elle vient de publier une brochure extrêmement claire et didactique sur « Le salafisme en Belgique : mécanismes et réalité ». On y lit que si le salafisme représente bel et bien un danger, il reste aujourd’hui le fait d’une infime minorité d’individus sur notre territoire. Le mouvement, par ailleurs, est loin d’être homogène et les priorités et les objectifs des différentes mouvances sont parfois antagonistes – notamment sur les lieux où il convient de mener le djihad.

Comment mesurer cette présence en Belgique ? Les mosquées financées par des ONG salafistes pourraient être une piste, mais, pointe le rapport, elle n’est pas suffisante : « On pourrait ainsi imaginer une mosquée dont le financement proviendrait d’ONG salafistes, mais dont la direction et l’imam y prêcheraient un islam moderne. Cette même mosquée pourrait être régulièrement visitée par un petit groupe de salafistes qui tenterait d’y faire du prosélytisme religieux. Force est donc de constater que la réalité du salafisme dans une mosquée est bien plus complexe qu’il n’y paraît, même s’il existe de rares mosquées où les responsables, les visiteurs, les professeurs, l’imam, et le financement sont liés au salafisme. » Les salafistes ne représentent pas davantage un groupe homogène en terme ethnique, social ou culturel.

Pour la SE, les salafistes sont encore ultraminoritaires mais leur nombre pourrait croître. Les dangers qu’ils représentent suffisent à mobiliser les forces de la société contre cette expansion, d’autant que le plus grand danger ne réside peut-être pas là où on le croit : « Enfin, étant donné que les salafistes prétendent parler au nom de tous les musulmans, ils favorisent les amalgames, sources de vives réactions de groupes d’extrême droite envers la population musulmane dans son ensemble. Avec pour corollaire la polarisation de la société et la menace du vivre-ensemble. Notons du reste que les premières victimes des salafistes sont souvent les autres musulmans. »

Comment lutter ?

Il faut donc lutter contre cette menace non seulement pour notre sécurité, mais aussi pour celle des musulmans qui vivent en paix chez nous, ou qui y demandent l’asile pour les raisons que nous avons longuement évoquées dans les dernières chroniques. Car ces immigrés sont indispensables pour le fonctionnement de notre pays ; contrairement à ce que l’on veut faire croire, leur coût est inférieur au bénéfice qu’ils apportent au PIB.

La première chose qu’il conviendrait de faire, c’est modifier l’article 21 de la Constitution belge qui interdit à l’État d’intervenir dans la nomination et l’installation des ministres des cultes, ou d’interférer dans leurs communications avec leurs supérieurs. Du moins faudrait-il encourager l’auto-organisation d’un Islam autonome, affranchi de ces tutelles. Il conviendrait aussi de mettre en place des facultés de théologie où seraient formé.e.s les professeur.e.s chargé.e.s de donner le cours de religion musulmane dans les écoles primaires et secondaires.

Il faut ensuite (mais je me répète) favoriser l’intégration économique et culturelle de toutes les personnes qui s’installent sur notre territoire. Comme le disait justement Louis Michel, elles représentent un gain pour nos pays, à condition qu’elles en respectent les lois. Pour respecter les lois, il faut en avoir les moyens ; cela commence par le simple fait d’être soi-même respecté.e et de disposer des mêmes chances et des mêmes droits que n’importe quel.le citoyen.ne. Il est vrai que le christianisme et une partie du judaïsme ont historiquement vécu une confrontation à la philosophie des Lumières. Même si de nombreuses voix d’intellectuel.le.s et d’artistes musulman.e.s appellent à cette modernisation de l’Islam, cette religion n’a pas encore traversé ce cap, même dans ses branches les plus modérées. Cette évolution, qui nous semble indispensable et qui l’est pour envisager une cohabitation totalement sereine en Occident, doit être menée au sein de l’Islam et ne peut être imposée ou conduite de l’extérieur. Nous pouvons néanmoins prendre des mesures pour favoriser cette évolution, en commençant par prendre nos distances avec les dirigeants saoudiens et autres dictateurs théocrates.

Si le religieux a régressé dans nos pays, depuis le Moyen Âge, c’est grâce aux progrès culturels, mais surtout grâce aux progrès économiques. Le rapport de la SE le pointe également : la pauvreté est le lit dont profite de manière éhontée le salafisme pour s’étendre. Réduire cette pauvreté, offrir à chacun.e les conditions d’une existence sereine et digne, ce sont les meilleurs moyens, voire les seuls efficaces, pour lutter contre l’intégrisme religieux. Contre tous les intégrismes, d’ailleurs…

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7 Commentaires

  • Posté par De Bilde Jacques, lundi 5 février 2018, 9:06

    "Réduire cette pauvreté, offrir à chacun.e les conditions d’une existence sereine et digne, ce sont les meilleurs moyens, voire les seuls efficaces, pour lutter contre l’intégrisme religieux. Contre tous les intégrismes, d’ailleurs…" Merci pour cette conclusion que je partage entièrement.

  • Posté par Bachelart Bernard, dimanche 4 février 2018, 23:03

    @ M. Björn Deckers, La prétendue nécessité d'apport d'une population jeune repose sur un calcul totalement erroné pour les raisons suivantes: 1° Les cotisations sociales nécessaires à payer les pensions de retraites sont payées uniquement par ceux qui disposent d'un emploi. Les chômeurs touchent des allocations au lieu de payer des cotisations et donc aggravent le déficit. 1° bis L'augmentation de candidats aux emplois peu qualifiés ne peut qu'engendrer à terme une baisse des salaires dans les branches les moins qualifiées et donc une baisse des cotisations sociales, celles-ci étant proportionnelles aux salaires. 2° Il est connu en démographie que les populations immigrées rejoignent le taux de fécondité de la population d'accueil en une génération, tout au plus deux. Cette vérité réfute à la fois l'argument de ceux qui accusent les immigrés de noyer la population d'accueil sous une démographie galopante et l'argument de ceux qui prétendent rajeunir la population par l'apport de familles plus fécondes.

  • Posté par Dimitri Anagnostaras, dimanche 4 février 2018, 19:44

    Cette lecture de l'antijudaïsme comme réaction a une monothéisme trop imposant ne repose sur aucun fondement. Pas plus que cette vision d'un moyen-age ultra-religieux que la renaissance viendrait amener à la période moderne. La réforme protestante,comme l'on vu ceux qui ont étudié la question pour les 500 ans de luther, se fait dans un contexte de renouveau religieux, pas du tout dans une optique d'état agnostique. C'est vraiment une optique des lumières, faire remonter ça au 15/16eme siècle n'a pas de sens. Je ne vais pas commenter le reste, mais ce passage est vraiment mensonger et repose sur une vision datée du moyen age. « Le moyen-âge c’était une immense église comme on n’en verra plus jusqu’à ce que Dieu revienne sur terre, un lieu de prières aussi vaste que tout L’Occident et bâti sur dix siècles d’extase » disait Léon Bloy au 19eme siècle, et il ne semble pas que la vision de l' auteur aie évolué depuis cette époque

  • Posté par Bachelart Bernard, dimanche 4 février 2018, 13:03

    Une chronique écrite avec talent, mais erronée à certains points de vue capitaux. Dans la situation actuelle du marché de l'emploi en Belgique, il est inexact que l'afflux de migrants soit favorable à notre économie. Cela ne peut qu'augmenter les déficits de la sécurité sociale et des CPAS. Importer de la main-d'oeuvre non qualifiée ne peut que peser sur les conditions sociales des travailleurs déjà les plus mal lotis chez nous. La véritable solution serait d'arrêter de déstabiliser les états d'où viennent ces flux migratoires. On aiderait bien mieux les populations victimes des guerres en envoyant là-bas des tentes, des vivres, des médicaments. Les "élites" des pays européens se donnent bonne conscience en faisant peser la solidarité sur les épaules de nos compatriotes les plus faibles. Depuis Jimmy Carter en 1980, les dirigeants occidentaux ont à maintes reprises aidé les djihadistes, essentiellement pour combattre Moscou.

  • Posté par Björn Deckers, dimanche 4 février 2018, 20:26

    Il ne faut pourtant pas regarder bien longtemps la pyramide des âges en Belgique pour constater que sans une politique nataliste qui ne tient plus vu l'évolution de la société (et c'est bien heureux) et donc, sans l'apport d'une immigration régulée, la Belgique et d'autres pays européens ont un GROS problème de financement des pensions. Un apport raisonné est nécessaire pour faire face à l'effacement du papy boom. C'est l'évidence même. Cela n'enlève rien à la justesse de vos propos sur la nécessité de réinvestir la coopération au développement (honteusement diminuée par le gouvernement actuel en contradiction totale avec les objectifs qu'il prétend défendre) et plus largement la régulation de la mondialisation, au bénéfice de tous.

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