Mobilité: le plan Taxi est prêt pour le démarrage

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Dans le plan taxi, tous les véhicules professionnels devront être reconnaissables directement.
Dans le plan taxi, tous les véhicules professionnels devront être reconnaissables directement. - Sylvain Piraux.

Le plan Taxi bruxellois du ministre de la Mobilité Pascal Smet (SP.A) a enclenché la première. Ce jeudi, le gouvernement a approuvé en première lecture les propositions de Pascal Smet. A présent, les autres acteurs que sont la commission mobilité, le conseil économique et social et les professionnels du secteur doivent être consultés avant que le gouvernement n’approuve le document en deuxième lecture. Si ensuite le Conseil d’Etat donne un avis positif, la nouvelle ordonnance devrait rentrer en vigueur au 1er janvier 2019.

C’est en avril dernier que Pascal Smet avait présenté son plan qui met sur un même pied d’égalité les taxis et les véhicules avec chauffeurs (UberX ou autres compagnies de limousines). Évidemment les organisations de taxis avaient fait part de leur mécontentement. Après les avoir reçues, Pascal Smet a effectué quelques modifications. La plus importante porte sur les licences.

Aujourd’hui, elles sont la propriété des exploitants et non des chauffeurs. Demain, avec la réforme, ce sont les conducteurs qui devront posséder leur propre licence. « Nous voulons donner plus de pouvoir au chauffeur, explique Pascal Smet. Il pourra exercer en tant que salarié ou indépendant ou créer avec d’autres chauffeurs une coopérative. Il ne devra plus réserver ses services à une seule plateforme. » En avril, cette disposition avait provoqué la colère des exploitants qui ont payé leur licence 32.000 euros en moyenne pour une durée de 7 ans. Comme la plupart des 600 licences ont été renouvelées en 2015 ou 2016, le temps d’amortissement était trop court. Dans le plan qui a été approuvé par le gouvernement, ces licences pourront être encore renouvelées une fois. Elles seront donc valables jusqu’en 2030, ce qui laisse le temps, d’un point de vue comptable, d’amortir l’investissement.

Par contre, dès l’an prochain, les chauffeurs pourront prendre une licence individuelle qui ne leur coûtera que le prix de la procédure administrative. Elle durera le temps de leur activité. Il faudra alors voir si les compagnies de taxi ne préfèrent pas prendre des indépendants pour économiser sur les cotisations patronales.

Le nombre de licences qui sera disponible n’a pas encore été fixé. Pour ce faire, il faudra additionner le nombre de licences actuelles mais sur base du nombre de chauffeurs avec la quantité de limousines tout en intégrant les chauffeurs qui circulent actuellement sans licence, ceux conduisant des limousines sans autorisation et ceux ayant une licence wallonne ou flamande.

Autre nouveauté du plan : la prise en compte des clients. La sécurité sera renforcée puisque tous les chauffeurs seront connus. De plus, toutes les plateformes de réservation devront répondre aux mêmes règles. Elles devront indiquer les tarifs et le client devra avoir la possibilité de laisser un avis sur le service.

Niveau tarifs justement, ils resteront fixes pour les taxis pris directement dans la rue soit à une station soit hélés. D’ailleurs, la Région souhaite développer cette pratique quasi inusitée à Bruxelles. Par contre, pour les taxis pris sur réservation, un encadrement sera mis en place. Un tarif minimum sera fixé par un régulateur des prix externe afin d’éviter le dumping social. La tarification de la course pourra être ajustée en fonction du confort du véhicule ou encore de l’heure mais le prix maximal ne pourra pas dépasser de 2,5 fois le prix minimal. Un encadrement d’UberX qui calcule les tarifs en fonction de l’offre et de la demande avec des algorithmes dépassant bien souvent les 2,5 fois le prix minimum. « Nous pensons que le marché peut encore grandir, conclut Pascal Smet. Aujourd’hui, le taxi reste un luxe mais en encadrant le secteur, il peut se démocratiser et accroître sa clientèle. »

Tous avec la même enseigne

Par Vanessa Lhuillier

On savait que Pascal Smet aimait changer la couleur des trams mais maintenant, il s’attaque au look des taxis. Dans un souci de cohérence, et pour avoir une meilleure visibilité pour la clientèle, il souhaite que toutes les voitures effectuant du transport de personnes rémunéré soient reconnaissables. Pour le moment, il n’a pas encore déterminé s’il s’agira uniquement d’avoir la même lettre en début de plaque d’immatriculation ou alors des autocollants ou une lumière sur le véhicule. « Cela devra se faire en concertation avec le secteur pour voir ce qui est acceptable pour les services haut de gamme. »

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