Webdoc: « Bons baisers du Kurdistan - Silence! Ça révolutionne»

Par Aurélie Moreau, envoyée spéciale

Proche-Orient

© Aurélie Moreau
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Depuis plusieurs années, des Belges, des Français, des Suisses, des Britanniques, des Américains, des Espagnols, des Grecs, des Italiens, rejoignent l’Irak et la Syrie pour combattre Daesh auprès des forces kurdes. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, ces filières – en partie – contrôlées par la gauche révolutionnaire turque mobiliseraient 400 Occidentaux par an.

La plupart des candidats renforce les Unités de protection du peuple pour six mois : soit l’YPG ou son équivalent 100 % féminin (YPJ), branches armées du Parti syrien de l’union démocratique (PYD). Les YPG et le PYD, qui revendiquent le contrôle du Nord et du Nord-Est de la Syrie, sont soutenus par la coalition arabo-occidentale (dont la Belgique) dans le cadre de la lutte contre Daesh mais considérés comme une organisation terroriste par le président turc Recep Tayyip Erdoğan. D’autres candidats, toutefois, rejoignent les forces officielles kurdes irakiennes (les peshmergas), le parti des travailleurs du Kurdistan (le PKK) ou des partis communistes et anti-fascistes turcs qui utilisent en partie la Syrie comme base arrière.

Des camps d’entraînement idéologiques

Dès leur arrivée, les volontaires recrutés par les YPG sont formés à la guérilla dans des camps d’entraînement idéologique et militaire. Le modèle de pensée enseigné se revendique « apoïste », en référence au cofondateur du PKK : Apo (« oncle » en kurde), de son vrai nom Abdullah Öcalan. Il s’inspire en partie de l’altermondialisme et du municipalisme libertaire de Murray Bookchin, théoricien de l’écologie sociale aux Etats-Unis.

Dans ce nouveau mode d’organisation, des institutions libertaires, composées d’assemblées de citoyens remplacent l’Etat-nation par une confédération de municipalités autogérées. Le projet repose sur l’idée que la commune constitue une cellule de base capable d’initier une transformation sociale radicale par propagation.

Sur le terrain, se développent et se côtoient toutefois 1.001 courants politiques : anarchisme, marxisme, léninisme, trotskisme, stalinisme, communalisme libertaire, syndicalisme maoïste, guévarisme, blanquisme, socialisme parlementaire, nationalisme, populisme.

Le profil des volontaires est complexe, façonné d’expériences et de trajectoires à la fois intimes et collectives : anciens militaires, gauche radicale, extrême-droite, sans histoires. Certains étaient banquiers. D’autres, comédien, chauffeur poids lourd, attaché de presse, mannequin, restaurateur.

Tous n’adhèrent pas à l’idéologie enseignée. D’autres l’ont adoptée et sont à présent mobilisés contre la Turquie qui a lancé, le 20 janvier, une offensive contre les zones kurdes de Syrie.

Cinq mois d’immersion

A travers une immersion de presque cinq mois au Kurdistan irakien et syrien, Le Soir observe – sans angélisme et sans a priori – cette nouvelle émergence d’ordre fondamentalement politique en accompagnant des Occidentaux engagés auprès des Unités de protection du peuple (YPG).

Le Soir emprunte également les routes du féminisme insurrectionnel kurde (qu’ils défendent) afin de comprendre – sans juger – le contexte et les enjeux régionaux d’une utopie subversive née des entrailles du PKK, baptisée « confédéralisme démocratique ».

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« Bons baisers du Kurdistan - Silence! Ça révolutionne»

Monde

Bons baisers du Kurdistan

Depuis plusieurs années, des Belges, des Français, des Suisses, des Britanniques, des Américains, des Espagnols, des Grecs, des Italiens, rejoignent l'Irak et la Syrie pour combattre Daesh auprès des forces kurdes. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ces filières en partie contrôlées par la gauche révolutionnaire turque mobiliseraient 400 Occidentaux par an.

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