Le «stop au béton» wallon inquiète

Construire dans des zones vierges en Wallonie
: l’image appartiendra-t-elle bientôt au passé
?
Construire dans des zones vierges en Wallonie : l’image appartiendra-t-elle bientôt au passé ? - Pierre-Yves Thienpont.

Après la Flandre, la Wallonie. Le gouvernement wallon a décidé l’interdiction de construire sur des terres non artificialisées (comprenez des terrains non construits) à partir de 2050. Après le Betonstop flamand, voici donc le Stop au béton wallon.

Si elle est des plus louables, cette mesure est-elle possible alors que la hausse démographique impose un surcroît de logements neufs ? À voir.

Après le nouveau Code de développement territorial (CoDT) bouclé en 2017 après une longue attente (qui définit les nouvelles règles en matière de prescriptions urbanistiques), le gouvernement wallon s’attelle aujourd’hui à l’élaboration du Schéma de développement territorial (SDT). Un autre chantier qui nécessite des moyens autrement plus importants que la pelle et la pioche et qui doit tenir compte des défis à moyen et long terme, comme la hausse démographique (on en a parlé), le logement, la mobilité, la performance énergétique des bâtiments et bien d’autres éléments encore. Même si on est encore loin d’avoir la version définitive du texte, le SDT prévoit de réduire le béton de moitié d’ici à 2025 et en totalité à l’horizon 2050.

Une mesure qui n’est pas sans inquiéter le milieu de la construction – dont nous expliquons en pages intérieures le défi de la digitalisation auquel il est confronté – mais aussi de l’immobilier, l’un n’allant pas sans l’autre. Quand ils ont appris la nouvelle, beaucoup de promoteurs et de développeurs ont, paraît-il, avalé de travers.

La Confédération Construction wallonne s’est fait l’écho de cette inquiétude. Si elle reconnaît la nécessité d’une gestion parcimonieuse du territoire et d’une préservation des zones naturelles, elle prévient, par la voix de son président Jean-Jacques Nonet, que « les constructeurs craignent que le “stop au béton” freinera exagérément toute possibilité d’urbanisation alors que la population augmente et que les besoins en espaces résidentiels et économiques restent considérables. Une raréfaction de l’offre de terrains entraînera une augmentation des prix, avec un nouveau recul de l’accès au logement des ménages. »

Après 2025, la Wallonie qui aura accédé à l’autonomie financière devra préserver toutes ses chances d’activer des leviers de croissance à travers son aménagement du territoire.

Pour la CCW, l’urgence est aussi à plus court terme. « Si on veut renforcer l’attrait et la qualité des zones bâties actuelles, il est essentiel d’accélérer les politiques de revitalisation urbaine et rurale, de stimuler la démolition-reconstruction des tissus vétustes, de restaurer le bâti historique, d’assainir les friches industrielles et d’amplifier la rénovation énergétique des logements et des bâtiments secondaires et tertiaires », explique Francis Carnoy, le directeur général de la CCW.

À suivre…

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
  • Ce shopping center est programmé à Hong Kong. Il s’articulera notamment autour d’un jardin botanique.

    Le shopping définit ses nouveaux espaces

  • YouStudio GODIVA

    Par Jean-Christophe de Wasseige

    Immo

    Le Retail Design, une aide pour les magasins «en dur»

  • Un projet novateur est sur les rails pour changer le visage de Tubize.

    Par Audrey Degrange

    Immo

    Un nouveau Tubize à l’horizon

 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Gwendolyn Rutten, présidente du VLD, entourée de Patrick Dewael, président de la Chambre, Alexander De Croo, ministre fédéral, et Bart Somers, ministre en Flandre.

    Négocier un gouvernement arc-en-ciel? Les libéraux flamands ont la clé

  2. La princesse Astrid, les ministres et une délégation d’hommes d’affaires ont été reçus jeudi au siège du géant chinois Alibaba, au sommet de la Shanghai Tower.

    Mission économique belge: Alibaba en mode séduction pour les entreprises belges

  3. C’était la dernière journée d’audition avant la trêve, jeudi au Congrès américain. Une série de témoignages ont accablé le président Donald Trump tout au long de la semaine.

    Etats-Unis: la procédure de destitution atteint son «moment Watergate»

La chronique
  • Si tu ne vas pas à Montaigne…

    Et si on me foutait la paix ? » Voilà comment Montaigne a réagi, j’en suis sûr, en apprenant que des experts voulaient fouiller son cercueil et analyser ses restes pour vérifier… Vérifier quoi au juste ? Que sa dépouille est celle du magnifique philosophe humaniste bordelais ? Et après ? Même si c’est lui qui repose dans ce tombeau depuis 1592, la Montaigne accouchera d’une souris. Parce que ça leur apportera quoi au juste aux admirateurs des Essais  ? Croient-ils qu’il se redressera pour ajouter un chapitre inédit plein de cette sagesse dont nous avons bien besoin, il est vrai ?

    Peu d’écrivains ont laissé autant de traces que Montaigne. Les fondements des Lumières, la première place donnée à l’individu, on lit tout ça dans ses Essais. « Chaque homme porte la forme entière, de l’humaine condition ». Une réflexion qui résonne d’une singulière actualité dans le climat de violence, d’intolérance et d’égarement que nous traversons.

    Il faut lire et faire lire ses écrits....

    Lire la suite

  • Décret Paysage: vous avez raison Mme Glatigny, changez-le!

    On sait qu’il ne faut pas se fier aux cas particuliers. Qu’une histoire entendue lors d’une réunion de famille ou à un dîner entre amis ne fait pas une tendance. Mais depuis des mois, les cas isolés commençaient à ressembler à une maladie contagieuse. Certains parents d’étudiants universitaires, à la question « en quelle année est-il ? », semblaient répondre : « Je ne sais pas. » Et à « a-t-il réussi son année ? ». « Oui, peut-être, mais non, enfin pas complètement. »...

    Lire la suite