Braine-l’Alleud: Élodie Heymans: «Je peux aujourd’hui affirmer que je suis une véritable nomade»

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Un bon sac à dos et de bonnes chaussures. Élodie Heymans est partie en direction de Berlin. Après ? Elle verra bien. Sa seule certitude, c’est de ne pas savoir quand elle reviendra...
Un bon sac à dos et de bonnes chaussures. Élodie Heymans est partie en direction de Berlin. Après ? Elle verra bien. Sa seule certitude, c’est de ne pas savoir quand elle reviendra... - J.-P. D.V.

Elle est partie avec le soleil. Il faisait froid, mais elle avait chaud au cœur. Dans la vie, elle s’est trouvée et a décidé de vivre selon son sentiment. Sac au dos, une gourde et une banane à portée de la main, sa première destination sera Berlin. Après, elle verra, mais comme le dit la chanson, « ne sait quand reviendra ». Entretien avec Élodie Heymans, une Brainoise de 28 ans.

Pas peur de partir ?

Je connais cette sensation. La première fois, quand j’ai décidé de marcher jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, je peux vous garantir que je n’en menais pas large. J’entendais dans ma tête toutes ces réflexions sur ma folie de partir ainsi sur les routes, des viols que je risquais d’encourir, de la méchanceté du monde. Je n’ai rien vécu de tout cela. Après trois mois d’aventure, j’ai même appris que les gens étaient foncièrement gentils et attentionnés. Je pars donc plus sereine.

D’où vous vient cette envie ?

Il y a trois mois, pour mon premier départ, cela me semblait une évidence que je devais faire quelque chose d’unique dans ma vie, que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferais jamais. J’avais fait des études d’archéologie, je travaillais comme animatrice socio-culturelle et cela me plaisait. Vraiment. Mais je voulais autre chose. J’ai démissionné, ce qui m’a valu plein d’ennuis avec le Forem qui ne comprenait pas pourquoi je quittais un contrat à durée indéterminée. J’ai été pénalisée et aujourd’hui même exclue du chômage. Mais ce n’est pas grave car, comme mon père, j’ai l’âme d’une indépendante.

Comment faire pour vivre ?

J’ai eu la chance d’économiser pendant dix ans. Pour un premier voyage, c’était suffisant. À présent, j’ai renoncé à mon appartement. J’ai encore de quoi tenir un peu, mais je sais que je vais devoir travailler. Je pourrai cependant le faire quand et comment je le voudrai.

Sans rien regretter ?

Mon compagnon préfère ne pas me suivre sur les routes. Il est cependant prévu que l’on se retrouve ici et là sur le chemin. On verra. Mais, en ce qui me concerne, je peux aujourd’hui affirmer que je suis une véritable nomade. En marchant, je me suis reconnectée à moi-même, à qui je suis au fond de moi, et je me suis rappelée que c’était mon rêve depuis toute petite. Je voulais tout savoir sur Vasco de Gama ou Magellan. Et Alain Hubert était mon héros absolu.

Mais c’est quoi être nomade ?

C’est vivre l’instant. Se lever quand on veut, faire la sieste si on en a envie… J’ai rencontré tant de gens passionnants, de tous âges, avec qui j’ai noué de solides liens qui font que je vais aller les retrouver chez eux. Et puis, quand il faudra travailler, je m’y mettrai. Avec les moyens modernes, un ordinateur et une connexion wifi, tout est possible. Pour ce qui me concerne, je me contenterai d’un blog (1) car des gens me l’ont demandé. Pour le reste, j’ai besoin de contacts humains. Et si jamais un boulot ne me plaît plus ou que les horaires sont trop oppressants, j’irai voir ailleurs.

Un conseil ?

Oser ! Prendre un bon sac à dos et de bonnes chaussures de marche et partir en fermant son portable pendant un mois, ou alors juste envoyer un message par semaine pour dire qu’on est toujours vivant. On a mal aux pieds les trois premiers jours, on s’ouvre le cœur les suivants. Et, le plus important pour moi, entrer en relation avec les autres ! J’ai dû me forcer, une fois, deux fois, trois fois, mais dès la quatrième, cela devient naturel. Maintenant, je ne peux plus m’en passer.

(1) Voir elibellule.wordpress.com.

Une expérience à valoriser sur un CV

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Un témoignage pour annoncer le prochain Salon de la mobilité internationale et Élodie Heymans s’en est donc allée sur les routes d’Europe.

L’expérience tente aujourd’hui de plus en plus de jeunes, mais les conditions, les diverses possibilités ou les bourses disponibles restent souvent des notions vagues. Autant pour les parents qui apprécieront de préparer avec eux une telle aventure avec sérieux, afin qu’elle se déroule au mieux.

C’est dans cet état d’esprit que Infor Jeunes Waterloo organise cette semaine (1) du 19 au 24 février, avec la Maison des jeunes de Waterloo et le soutien de l’échevin de la Jeunesse Brian Grillmaier (MR).

Echanges Ce sera l’occasion de prendre part, dans les locaux de la Maison des jeunes, à l’une des quatre séances d’échange d’expérience – qui attirent chaque fois une cinquantaine de personnes – sur des thèmes aussi variés que le volontariat, le permis Vacances Travail, les séjours linguistiques de longue durée ou la formule au pair.

Salon Le tout se terminera par un Salon de la mobilité, le 24 février après-midi au sein de l’administration communale. L’occasion, là aussi, d’aller à la rencontre des divers organismes qui mettent en place de telles expériences.

« Nous sommes une génération, des 18 à 25 ans, qui est vraiment très friande de cette possibilité de découvrir d’autres ailleurs, d’autres cultures et d’apprendre une autre langue, indique Marie Foti, chargée de communication d’Infor-Jeunes Waterloo. Mais il faut préparer son départ pour ne pas le regretter. Mais parfois, il ne faut pas aller très loin pour être dépaysé. »

Et Xavier Ory, responsable de la promotion du programme d’échanges interculturels YFU Bruxelles-Wallonie (Youth for understanding), d’embrayer : « On peut également partir pour un été comme entrer au sein d’une famille et y vivre en immersion. Avec des possibilités de bourses. »

Bien se préparer est donc le mode d’ordre. Et comme le conclut Marc Griffon, le directeur d’Infor-Jeunes Waterloo : « Certains mettent deux ans pour y parvenir. Mais la mobilité est un plus que l’on peut valoriser dans un CV. Au-delà de l’apprentissage d’une autre langue, on développe d’autres qualités comme la débrouillardise ou la confiance en soi qui intéressent les employeurs. Ce n’est d’ailleurs par pour rien que certains pays, comme la France, voudraient que ce soit obligatoire dans tous les cursus universitaires. Pour créer un véritable sentiment européen, il n’y a rien de tel que de permettre aux jeunes d’apprendre à se connaître. »

(1) Infos sur https://yotm.ij1410.be/

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