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Soupçons de pédophilie lors d’une classe verte: la parole du bourgmestre de Forest Marc-Jean Ghyssels remise en cause

Son silence autour d’une affaire de pédophilie dans le cadre scolaire dérange des parents d’élèves

Temps de lecture: 4 min

Le bourgmestre de Forest, Marc-Jean Ghyssels (PS), marche sur des œufs. Depuis qu’ont été révélés publiquement les soupçons d’abus sexuels dont aurait été victime une élève de 4 ans dans le cadre d’une classe verte organisée par une école de sa commune, de nombreux parents d’élèves dénoncent une communication chaotique dans son chef.

Un retour sur la chronologie des faits s’impose. En novembre dernier, trois jours après un voyage scolaire de 4 jours à Palogne, la piste d’un abus sexuel sur une enfant de 4 ans est jugée probable par SOS-Enfants, qui a mené un examen psychologique et médical suite à des craintes exprimées par les parents. Même si la direction de l’école a été prévenue le jour même par les parents de la victime, rien ne sera fait pour empêcher un second groupe d’élèves de se rendre au même endroit, du mardi au vendredi suivant. Gardée sous silence pendant 3 mois par le pouvoir organisateur (où siège le bourgmestre), l’affaire sera finalement révélée aux parents des élèves concernés lundi soir, au travers d’un mail anonyme.

Principe de précaution

Dans cette histoire, deux principaux reproches sont adressés par les parents d’élèves au pouvoir organisateur et à la direction de l’école. Tout d’abord, celui de ne pas avoir appliqué un principe de précaution en laissant les enfants partir dans le centre d’hébergement où l’abus sexuel pourrait avoir été commis, et ce alors que les risques étaient déjà connus. Ensuite, celui de n’avoir pas jugé opportun d’informer après-coup les parents des élèves concernés.

Suite à une rencontre tendue avec les parents d’élèves mardi et une discussion avec les membres du collège et du conseil communal ce mercredi, le maïeur, expliquant faire face à « l’un des dossiers les plus difficiles à gérer de ce mayorat », persiste à affirmer qu’il était délicat d’annuler à l’époque cette seconde semaine de classe verte. Le risque de semer la panique au sein de l’école était, selon lui, trop grand. De plus, le bourgmestre précise que la décision de laisser partir les enfants a été prise en accord avec le parquet et la police.

Néanmoins, il admet aussi à demi-mot qu’il aurait sans doute fallu communiquer beaucoup plus tôt sur le sujet. «  S’il y a un échec que je reconnais, c’est que cela sorte au travers d’un mail anonyme », estime le maïeur, soutenant que des dispositions ont été prises suite à la révélation de l’affaire. « On a dit aux professeurs qu’ils pouvaient communiquer aux parents, dans la mesure de ce qu’ils savent ».

Trop tard et trop peu, pour plusieurs parents d’élèves, qui dénoncent au travers de l’Association des parents de l’école le manque de remise en question du bourgmestre. « Nous ne tolérerons pas que, devant la presse, le bourgmestre tente de minimiser les faits graves qui lui sont imputés et, partant, de se soustraire à ses responsabilités », regrettait hier soir le Comité de l’association par voie de communiqué. Le Comité réclame également une enquête sur la manière dont l’ensemble des décisions ont été prises par le pouvoir organisateur.

Explications incohérentes du bourgmestre

Car certaines explications données par le bourgmestre sont jugées incohérentes. La version selon laquelle le départ du second groupe aurait bénéficié de l’aval de la police est remise en cause. « La plainte a été déposée le jeudi, comme nous l’a dit le Délégué Général au Droit de l’Enfant » peut-on lire dans un échange de mail entre un parent et le Comité de l’association de parents que nous avons pu consulter. « Ce n’est pas le parquet ou la police qui a décidé de laisser partir le car le mardi, mais bien la direction, avec l’aval du pouvoir organisateur. » Autre point de friction : le pouvoir organisateur est visiblement passé outre une recommandation du Délégué Général aux Droits de l’Enfant, qui lui aurait bel et bien suggéré de communiquer auprès des parents à propos de l’affaire. Pour certains parents, il y a eu une tentative d’étouffer la chose.

Au sein de la majorité communale, qui s’est réunie mercredi dans la soirée, la situation fait forcément débat. Du côté de Défi, l’échevin Marc Lowenstein estime cependant qu’il n’y a pas lieu de faire un cas politique de ce dossier, qu’il ne souhaite pas commenter plus amplement par ailleurs. Évelyne Huytebroeck, cheffe de file des écologistes forestois, se montre quant à elle plus dure. « Je pense qu’à partir du moment où il y avait un doute, il fallait prendre une décision, même si je sais que c’est facile à dire après coup », soutient l’ancienne ministre, qui regrette également que l’information n’ait pas au moins été relayée à l’ensemble du collège communal. « Je pense que c’est le genre de chose qui, dans un collège, doit être collectivisé » continue Évelyne Huytebroeck. De là à considérer que cette affaire menace la majorité communale, il y a néanmoins un pas, que l’écologiste ne franchira pas.

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