Un plat en trompe-l’œil et une corbeille de fruits vendus 131.250 livres sterling

Lot 134: Résultat des plus impressionnants pour ces deux céramiques aux accents végétaux, prisées 131.250 livres sterling chez Christie’s. © D.R.
Lot 134: Résultat des plus impressionnants pour ces deux céramiques aux accents végétaux, prisées 131.250 livres sterling chez Christie’s. © D.R.

D’ordinaire, force est de reconnaître que les ventes aux enchères « Interiors » organisées plusieurs fois par an des deux côtés de l’océan Atlantique (Paris, Londres et New York) par Christie’s ne retiennent que peu ou prou notre attention. Et ce car elles consistent le plus souvent en un rassemblement de pièces uniquement susceptibles de s’intégrer dans un intérieur décoré avec goût, qu’il soit classique comme plus contemporain. Peu de chance donc, a priori, d’y croiser des lots à la provenance prestigieuse (contrairement à ceux offerts durant les « Exceptional Sales ») où l’objet rare pourra faire le bonheur d’un collectionneur de haut vol.

Ceci étant dit, l’on n’en demeure pas moins de temps en temps surpris par certains prix atteints lors de ces vacations destinées à séduire un public d’enchérisseurs plutôt débutants. En octobre 2016 à Londres, un imposant vase en albâtre de type Warwick, ayant été créé au tout début du XIXe siècle en mémoire du mythique amiral Nelson, avait ainsi été vendu 50.000 livres sterling. Or, la valeur de cette relique de l’amitié que lui portait son agent et proche confident, Alexander Davison, n’était estimée au préalable qu’entre 5.000 et 8.000 livres… Le 31 janvier 2018, au même endroit, la vente Interiors de Christie’s a cette fois vu deux petites céramiques issues des collections de Bywell Hall, une country house du Northumberland aux mains du 4e vicomte Allendale, s’échanger contre plus de quarante fois leur estimation haute (2.000 – 3.000 livres). Soit 131.250 livres, le meilleur résultat de toute la vacation et une part non négligeable du chiffre d’affaires réalisé ce jour-là (1,75 million de livres).

Visiblement, cette adjudication, personne ou presque ne semblait l’avoir anticipée du côté de chez Christie’s. Quant à savoir ce qui aura motivé l’enchérisseur à mettre une telle somme sur la table, le mystère reste entier… Aurait-il vu une « main » prestigieuse derrière l’exécution du plat montrant une belle livraison de fruits et légumes (dont des petits pois) en trompe-l’œil ? Pas impossible, sachant que cette pièce était renseignée dans le catalogue comme ayant été exécutée en majolique italienne, tandis que la corbeille de fruits l’était en « faïence continentale ». La fourchette chronologique fournie par Christie’s, à savoir en partie du XVIIe siècle, laissait également la porte ouverte à plusieurs hypothèses. L’escargot évoluant parmi les fruits du panier n’était en tout cas pas sans rappeler l’un de ses petits congénères qui, sur le stand de la galerie Desmet lors de la dernière Brafa, grimpait sur une exceptionnelle guirlande végétale du XVIe siècle en terracotta polychrome, due au maître florentin Giovanni Della Robbia.

Tous les prix mentionnés ci-dessus s’entendent frais inclus. Le 31 janvier, une livre valait 1,14 euro.

Douze gravures botaniques pour la «Phytanthoza iconographia», par Johann Wilhelm Weinmann

Par Jean Vouet

Vendues 32.500 livres sterling.

Tout aussi impressionnant fut le résultat atteint par ces douze planches de botanique, traitées à la manière noire ( mezzotinte ), qui se rattachaient à la célèbre Phytanthoza iconographia de l’apothicaire allemand Johann Wilhelm Weinmann. Réalisé au milieu du 18e siècle, son herbier contenait en effet plus de mille illustrations de ce genre, dont la valeur était ici estimée par Christie’s entre 2.000 et 4.000 livres sterling…

Une vue panoramique en Égypte, par Robert Hay

Par Jean Vouet

Vendue 35.000 livres sterling

Ayant mis les pieds en Égypte pour la première fois en 1818, l’égyptologue écossais Robert Hay devait attendre quelque dix années de plus avant de coucher sur papier cette vue panoramique des plus époustouflantes, y compris par ses dimensions (51 x 311 cm). D’une valeur estimée par Christie’s entre 10.000 et 15.000 livres sterling, celle-ci avait été saisie depuis les collines de Cheikh Abd el-Gournah, la nécropole de l’antique et illustre cité de Thèbes.

Une «despatch box» et un parapluie Alexander McQueen

Par Jean Vouet

Vendus 4.750 livres sterling

En provenance de la collection du businessman de Hong-Kong David Tang, disparu en septembre 2017 à l’âge de 63 ans, cette despatch box (une valise réservée à l’usage des membres du Parlement britannique) datant de la seconde moitié du 20e siècle portait le chiffre de la reine Élizabeth II, ainsi que l’inscription « Under Secretary of State for Department of Education and Science ». L’on en attendait entre 500 et 800 livres sterling, un parapluie étant joint à ce lot.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous