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Publifin: les combats de coqs ont trop duré

Le spectacle médiatico-politique doit s’arrêter. Les beaux discours, les grandes leçons, ça suffit. Il faut mouiller le maillot. Agir pour sortir d’une interminable crise. Et y mettre fin, définitivement. L’édito de Xavier Counasse.

Édito - Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 3 min

Voilà plus d’un an que « l’affaire Publifin » a explosé. Plus de six mois que la commission d’enquête a bouclé son rapport, et livré une (longue) liste de recommandations. Mais rien n’y fait. Tous les quinze jours (ou presque), l’intercommunale liégeoise refait parler d’elle. Rarement pour de bonnes raisons.

Dernier épisode en date : la démission du président Paul-Emile Mottard, qui n’aura pas tenu onze mois à la barre. En cause : un rapport bidouillé/une erreur d’inattention (selon les versions).

Soit. Mais à chaque nouveau couac, ça recommence : un tsunami de réactions, de la musculation verbale,...

Et ça se solde systématiquement par la demande de licenciement du patron, Stéphane Moreau (qui est pourtant toujours bien là). Début février, à deux reprises, le CDH a réclamé son scalp immédiat. Ce samedi, dans Sudpresse, c’était au tour du chef de file du PS wallon (Pierre-Yves Dermagne) d’en remettre une couche. « Il doit partir, volontairement ou de manière forcée. »

Stop. Ce spectacle médiatico-politique doit s’arrêter. Les beaux discours, les grandes leçons, ça suffit. Il faut mouiller le maillot. Agir pour sortir d’une interminable crise. Et y mettre fin, définitivement.

Se tourner vers le futur

La seule issue possible, c’est de s’entendre sur le futur du « Publifin nouveau ». En redéfinissant les contours d’un projet commun, lisible, et partagé par le plus grand nombre (en ce compris le citoyen).

Bref, il est temps de dessiner un projet d’avenir pour cette intercommunale. De savoir où elle va. Car l’immobilisme actuel la mène à un seul endroit : dans le mur. Chaque jour passé à tergiverser, à s’empoigner par média interposé, affaiblit une société 100 % publique. Dans laquelle les communes et la Province de Liège ont investi pas mal d’argent.

Malgré les dérives qui ont été constatées, n’est-il pas temps de s’activer pour préserver (au maximum) l’argent public en jeu ?

A Liège, certains passent une partie de leur temps à déverser leur rancœur sur un parlement wallon qui n’aurait cherché qu’à détruire la Cité ardente. Ils se sentent victimes d’une organisation bruxello-namuroise, jalouse de la « réussite liégeoise ».

Ces combats de basse-cour ont trop duré. Tout comme la période d’analyse, d’étude, de réflexion, de formation des nouveaux administrateurs de Publifin.

Il est temps de proposer un vrai projet industriel d’avenir pour Publifin/Nethys.

Des communes liégeoises ont-elles vraiment vocation à détenir des titres de presse dans le sud de la France ? A investir dans des centrales hydroélectriques au Congo ? Sans doute pas.

Mais tout n’est pas à mettre au bac pour autant. Certes, la diversité des activités du groupe donne le tournis : presse, télécoms, assurance, énergie, data center… Mais certains investissements sont loin d’être sots (comme les très rentables participations dans l’éolien en mer du Nord).

Alors débroussaillons la nébuleuse Nethys. Pour repartir sur une structure lisible. Et profitons-en pour mettre de l’ordre côté gouvernance, pour revenir à une politique salariale décente et cesser la culture de l’entre-soi, qui a trop longtemps rythmé la vie du groupe.

Et fissa !

 

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3 Commentaires

  • Posté par Bernard Dropsy, lundi 19 février 2018, 17:41

    De qui se moquent-ils ? Il FAUT balayer tout ça, en commençant par Moreau et ensuite, TOUS les POLITIQUES qui tournent là autour et quels qu' ils soient ! Et bétonner une loi pour INTERDIRE le cumul des mandats ! Et nom de dieu, faire payer une fois pour toutes cette mafia liégeoise ! MANU PULITE ! (On peut rêver, non ?) Car, ce qui va se passer, et c'est ça l'objet des "réunions", c'est que l'on va faire sauter une petite partie de ceux qui sont là pour le moment, la plus petite possible ! Ensuite, replacer des politiques pour remplir les vides ! D'où les "réunions", pour décider de la part du gâteau ! Ils ont toujours fait comme ça, ils le disent d'ailleurs eux-mêmes, c'est devenu rituel et donc, pourquoi changer ? On dirait que leur devise, c'est : laissons le temps au temps, le temps efface beaucoup de choses et calme les esprits, et, pour le peu que l'on sorte une autre toute petite affaire, on ne parle plus des sujets qui fâchent, panem et circenses !

  • Posté par Paul Denoel, lundi 19 février 2018, 16:17

    Désolé Madame Matrice et Monsieur Counasse,depuis le début c'est vous qui avez raison,nous les Liégeois avons tord de nous sentir persécutés par ce grand média que représente le "groupe Rossell".Bien sûr qu'il n'y a pas de complot pour faire mal à notre entreprise publique qui emploie +de 3000 travailleurs temps pleins et avec un contrat d'emplois qui n'a jamais été remis en cause (excepté celui du management)? Dites moi combien d'emplois indirects....vous ne le savez pas ,moi non plus, Pourquoi? Je me suis trompé aussi concernant cette commission d'enquête qui était pour la première fois dans l'histoire parlementaire BELGE composée de personnes qui NE pouvaient pas être de la région LIEGEOISE. Surtout pas de Liégeois,car ils font partie d'un système mafieux ...!!! Pourquoi pas d'ELUS de la région concernée...,? Quand vous ne donnez aucune valeur à l'étude des Professeurs d'Université qui avaient une vision plus positive de notre entreprise publique. Pourquoi? Quand vous écrivez à peine sur les bénéfices et les dividantes aux communes de la province du beau pays de Liege? Pourquoi...!!! Comme Monsieur Carpentier avant vous ,vous avez raison,nous les Liégeois n'avons rien compris. Dites moi,que devient la commission d'enquête sur le scandale"KASA..."ou sur la commission d'enquête dites "du Samu s...",vous savez ces commissions avec des élus de toutes les régions du pays....!!! C'est moi qui me suis trompé quand j'ai espéré que "Mon Soir" allait être un journal national (je cherche souvent quelques lignes sur ma belle ville...!!!). Mais là encore, je me trompe vous écrivez sur deux ou trois pages des infos de Liege. Quoi des infos sur Liége dans "LE SOIR" Merde encore ce scandale des mafieux Liégeois? Sans rancune,mais je dois écrire mon mail de renoncement à mon abonnement,c'est dommage car je vous aimais bien depuis des années...!!!

  • Posté par Taverne Henry, lundi 19 février 2018, 10:22

    L’image catastrophique de gestion publique par des politiciens incompétents n’osant prendre aucune décision de bonne et saine gouvernance des affaires.

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