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Stib: syndicats et direction trouvent un accord

Les deux camps ont estimé que les discussions avaient été constructives. Plusieurs promesses d’embauches auraient notamment été formulées.

Journaliste au service Bruxelles Temps de lecture: 3 min

Après une longue journée de discussions, représentants des travailleurs et direction de la Stib sont finalement parvenus à se mettre d’accord sur un calendrier de négociations futures. Voilà qui vient mettre temporairement au frigo un conflit social marqué ce lundi par une action qui a fortement perturbé le réseau de transports publics bruxellois.

Comme annoncée, les syndicats socialiste (CGSP) et libéral (CGSLB) ont en effet mené durant toute la journée des actions de grève, entraînant la paralysie d’une bonne partie des lignes. Résultat : les métros n’ont pas roulé, à l’exception de la ligne 1, qui accusait malgré tout d’importants retards. Plusieurs bus et trams ont également été impactés par le mouvement de grève. Les employés souhaitant prendre le travail n’en ont cependant pas été empêchés, un simple barrage filtrant ayant été mis en place aux entrées des dépôts. Selon la CSC, syndicat majoritaire à la Stib n’ayant pas pris part au mouvement de grève, environ 50 % des employés auraient pris le chemin du travail lundi matin.

Conciliation constructive

Une situation qui ne se poursuivra donc pas ce mardi, assurent tant les syndicats que la cellule de communication de la Stib, faisant état d’une « conciliation constructive ». À en croire Mohsine Rachik, permanent CGSP à la Stib, « une paix sociale a été signée jusqu’au 26 mars », date à laquelle les engagements pris par la direction seront réévalués par les syndicats.

Revenons d’abord sur les différents griefs qui ont été émis par les représentants des travailleurs au cours des derniers jours. Dans le désordre, les syndicats dénonçaient : un manque d’effectifs dans plusieurs unités, un flou organisationnel et administratif – notamment au niveau du pointage pour le personnel de conduite métro –, ainsi qu’une charge psychosociale trop lourde dans certains services. Selon Mohsine Rachik, de multiples promesses d’embauches ont été formulées par la direction afin d’y remédier. « Pour la cellule administrative de la sécurité, on a eu un engagement ferme pour l’embauche de deux équivalents temps plein », explique ce dernier.

Plusieurs embauches

La direction aurait également marqué son accord pour l’embauche de neuf dispatchers, de cinq agents de proximité dans les stations, de deux formateurs et de deux « proximity managers », chargés de réaliser un travail de pédagogie auprès des managers de sécurité. Parallèlement, un accord aurait été trouvé pour munir tous les agents de sécurité travaillant en station de menottes et une convention collective de travail devrait être réévaluée d’ici mai.

Quid par contre de la situation du responsable du département « Field Support » (chargé de la gestion de la sécurité sur le réseau), Serge de Fabribeckers, dont la place en tant que leader était elle aussi visiblement remise en cause par les syndicats libéral et socialiste ( « Le Soir » du 17 février) ? « Nous avons évité ce sujet-là », rapporte encore Mohsine Rachik, ne niant cependant pas le fait que ce poste reste problématique aux yeux de la CGSP.

Reste que la grève va sans doute laisser des traces dans les rangs. En cause, notamment : des insinuations dans la presse émanant de la CSC, selon lesquelles la grève aurait été menée pour des enjeux de personnes. Elles ont été vécues « comme un coup en dessous de la ceinture », estime Stephan de Muelenaere, secrétaire permanent CGSLB.

Service minimum «Le MR veut réinventer l’eau chaude»

Temps de lecture: 5 min

Le MR bruxellois n’a pas manqué de réagir à la paralysie partielle du réseau de la Stib enregistrée ce lundi suite à un mouvement de grève (lire ci-dessus). C’est que depuis plusieurs mois, les libéraux militent en faveur d’un dispositif visant à assurer la continuité du service sur les axes structurants et les axes d’utilité publique (Le Soir du 16 novembre).

Le projet porté par le parti d’opposition prévoit notamment le maintien mais avec des fréquences allongées de douze lignes en cas de grogne sociale : les 1, 5 et 6 (métro), le 71 (bus) ainsi que les 3, 4, 7, 25, 19, 34 et 44 (tram). « Nous avons sélectionné les lignes d’utilité publique qui assurent une couverture maximale du territoire bruxellois. », précisait alors, Vincent De Wolf. Pour assurer un nombre de chauffeurs suffisant, le chef de file des bleus disait miser sur la concertation plutôt que sur la réquisition.

Et ce, via un outil développé en France soit un système de « déclaration individuelle d’intention ». Chaque travailleur doit indiquer 48 heures à l’avance s’il compte travailler ou pas. « C’est très important car cela permet d’avoir une prévisibilité . Et d’avoir un stock de personnel que l’on peut contacter et qu’on sait disposé à travailler. Cela permet même aux syndicats de s’organiser avec une sorte de roulement du personnel », expliquait encore Vincent De Wolf qui avec son groupe a déposé, en novembre dernier, une proposition d’ordonnance au Parlement bruxellois pour défendre son projet.

Et depuis… plus rien. Jusqu’à la grève de ce lundi, date choisie par le MR pour se rappeler au bon souvenir de la majorité. « C’est toujours le même problème avec les textes importants qui nécessitent un débat sur lequel la majorité est divisée, déplore Vincent De Wolf. Visé : le parti socialiste. « Qui gèle le dossier, c’est d’autant plus scandaleux que notre proposition a été déposée il y a longtemps et elle est prête à être discutée ou à être envoyée en commission. Je vais donc encore insister avant que cela ne devienne caduc sous cette législature… »

Vincent De Wolf retape sur le clou en espérant cette fois que sa proposition sera prise en considération. « Ce texte a une utilité, poursuit l’élu MR. Qu’on le vote ou non, qu’on l’amende ou qu’on l’améliore mais qu’au moins, on en discute ! Démocratiquement je trouve scandaleux que l’on ne mette pas ce texte à l’ordre du jour, peut-être parce que certains redoutent une majorité alternative ». Vincent De Wolf conclut dans un sourire un brin cynique : « si je rebondis aujourd’hui, c’est parce qu’à l’époque certains m’avaient dit comme Monsieur Chahid que ma proposition ne servait à rien car il n’y avait jamais de grève à la Stib. Or, on y est ».

Pointé du doigt par le MR, le député socialiste Ridouane Chahid confirme son aversion envers la mouture proposée par le MR tout en balayant les accusations de mise au frigo. « Que je sache, c’est une députée libérale (NDLR : Anne-Charlotte d’Ursel) qui préside la commission infrastructure, entame-t-il. Si elle a l’intention de venir en commission en proposant une discussion autour de cette proposition, personne ne l’en empêchera d’autant que nous ne craignons vraiment pas ce débat car nous avons des arguments pour démonter le texte du MR. »

Créer quelque chose qui existe déjà

Et pour avancer le premier chapitre de sa plaidoirie, Ridouane Chahid se penche lui aussi sur l’actualité. « Regardez ce qui s’est passé ce lundi. Une partie du personnel a roulé. On me dira qu’un des trois syndicats ne participe pas au mouvement mais il y a toujours au sein de la Stib un service continu minimum en activité. »

En clair, il ne servirait à rien de créer quelque chose qui existe déjà, à entendre le parlementaire socialiste qui souligne que dans sa gestion opérationnelle, la Stib a déjà prévu toute une série de mesures et de règles qui permettent d’assurer un service aux clients par temps d’action sociale. Avec des règles strictes entourant la concertation mais aussi un scénario précis lorsque des actions sont annoncées. « Dans la pratique, dès qu’un préavis de grève est signifié, les collaborateurs qui ont l’intention de participer à l’action de grève, s’inscrivent auprès de leur service. Ces informations seront traitées pour permettre à la Stib de réorganiser le réseau afin d’avoir une exploitation efficiente et un service au client le plus optimal sur base du personnel présent. »

Ridouane Chahid sort à son tour le flingue lorsqu’il aborde les lignes retenues par le MR pour assurer un service minimum. « Le MR veut réinventer l’eau chaude et sa proposition a surtout pour objectif de surfer sur l’émotionnel et le mécontentement des usagers lorsque les transports en commun ne roulent pas à cause d’un conflit social mais elle ne résout en rien les problèmes qui se posent dans l’entreprise. Une fois le service minimum mis en place, que fait-on ? Je m’interroge aussi sur la manière dont ils ont choisi le réseau à exploiter qui selon moi reprend surtout des lignes qui leur sont chères et qui passent dans les communes qu’ils dirigent. Or, si on veut déployer un tel système, il faut se pencher sur les 19 communes et opter pour les lignes les plus fréquentées. Cela aurait plus de sens que de partir de la première couronne et de desservir un peu Uccle, un peu Ixelles et un peu Etterbeek. »

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