Service minimum «Le MR veut réinventer l’eau chaude»

Le MR bruxellois n’a pas manqué de réagir à la paralysie partielle du réseau de la Stib enregistrée ce lundi suite à un mouvement de grève (lire ci-dessus). C’est que depuis plusieurs mois, les libéraux militent en faveur d’un dispositif visant à assurer la continuité du service sur les axes structurants et les axes d’utilité publique (Le Soir du 16 novembre).

Le projet porté par le parti d’opposition prévoit notamment le maintien mais avec des fréquences allongées de douze lignes en cas de grogne sociale : les 1, 5 et 6 (métro), le 71 (bus) ainsi que les 3, 4, 7, 25, 19, 34 et 44 (tram). « Nous avons sélectionné les lignes d’utilité publique qui assurent une couverture maximale du territoire bruxellois. », précisait alors, Vincent De Wolf. Pour assurer un nombre de chauffeurs suffisant, le chef de file des bleus disait miser sur la concertation plutôt que sur la réquisition.

Et ce, via un outil développé en France soit un système de « déclaration individuelle d’intention ». Chaque travailleur doit indiquer 48 heures à l’avance s’il compte travailler ou pas. « C’est très important car cela permet d’avoir une prévisibilité . Et d’avoir un stock de personnel que l’on peut contacter et qu’on sait disposé à travailler. Cela permet même aux syndicats de s’organiser avec une sorte de roulement du personnel », expliquait encore Vincent De Wolf qui avec son groupe a déposé, en novembre dernier, une proposition d’ordonnance au Parlement bruxellois pour défendre son projet.

Et depuis… plus rien. Jusqu’à la grève de ce lundi, date choisie par le MR pour se rappeler au bon souvenir de la majorité. « C’est toujours le même problème avec les textes importants qui nécessitent un débat sur lequel la majorité est divisée, déplore Vincent De Wolf. Visé : le parti socialiste. « Qui gèle le dossier, c’est d’autant plus scandaleux que notre proposition a été déposée il y a longtemps et elle est prête à être discutée ou à être envoyée en commission. Je vais donc encore insister avant que cela ne devienne caduc sous cette législature… »

Vincent De Wolf retape sur le clou en espérant cette fois que sa proposition sera prise en considération. « Ce texte a une utilité, poursuit l’élu MR. Qu’on le vote ou non, qu’on l’amende ou qu’on l’améliore mais qu’au moins, on en discute ! Démocratiquement je trouve scandaleux que l’on ne mette pas ce texte à l’ordre du jour, peut-être parce que certains redoutent une majorité alternative ». Vincent De Wolf conclut dans un sourire un brin cynique : « si je rebondis aujourd’hui, c’est parce qu’à l’époque certains m’avaient dit comme Monsieur Chahid que ma proposition ne servait à rien car il n’y avait jamais de grève à la Stib. Or, on y est ».

Pointé du doigt par le MR, le député socialiste Ridouane Chahid confirme son aversion envers la mouture proposée par le MR tout en balayant les accusations de mise au frigo. « Que je sache, c’est une députée libérale (NDLR : Anne-Charlotte d’Ursel) qui préside la commission infrastructure, entame-t-il. Si elle a l’intention de venir en commission en proposant une discussion autour de cette proposition, personne ne l’en empêchera d’autant que nous ne craignons vraiment pas ce débat car nous avons des arguments pour démonter le texte du MR. »

Créer quelque chose qui existe déjà

Et pour avancer le premier chapitre de sa plaidoirie, Ridouane Chahid se penche lui aussi sur l’actualité. « Regardez ce qui s’est passé ce lundi. Une partie du personnel a roulé. On me dira qu’un des trois syndicats ne participe pas au mouvement mais il y a toujours au sein de la Stib un service continu minimum en activité. »

En clair, il ne servirait à rien de créer quelque chose qui existe déjà, à entendre le parlementaire socialiste qui souligne que dans sa gestion opérationnelle, la Stib a déjà prévu toute une série de mesures et de règles qui permettent d’assurer un service aux clients par temps d’action sociale. Avec des règles strictes entourant la concertation mais aussi un scénario précis lorsque des actions sont annoncées. « Dans la pratique, dès qu’un préavis de grève est signifié, les collaborateurs qui ont l’intention de participer à l’action de grève, s’inscrivent auprès de leur service. Ces informations seront traitées pour permettre à la Stib de réorganiser le réseau afin d’avoir une exploitation efficiente et un service au client le plus optimal sur base du personnel présent. »

Ridouane Chahid sort à son tour le flingue lorsqu’il aborde les lignes retenues par le MR pour assurer un service minimum. « Le MR veut réinventer l’eau chaude et sa proposition a surtout pour objectif de surfer sur l’émotionnel et le mécontentement des usagers lorsque les transports en commun ne roulent pas à cause d’un conflit social mais elle ne résout en rien les problèmes qui se posent dans l’entreprise. Une fois le service minimum mis en place, que fait-on ? Je m’interroge aussi sur la manière dont ils ont choisi le réseau à exploiter qui selon moi reprend surtout des lignes qui leur sont chères et qui passent dans les communes qu’ils dirigent. Or, si on veut déployer un tel système, il faut se pencher sur les 19 communes et opter pour les lignes les plus fréquentées. Cela aurait plus de sens que de partir de la première couronne et de desservir un peu Uccle, un peu Ixelles et un peu Etterbeek. »

 
 
 
 
 
 
 

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