Accueil Société Régions Liège

Un père de famille accro aux armes

Tribunal : quatre ans ont été requis

Temps de lecture: 3 min

Le tribunal correctionnel de Liège a examiné ce lundi un dossier qui a fait grand bruit : celui d’un ex-employé de l’université de Liège, jusque-là sans histoires, Serge Coura, chez qui un véritable arsenal d’armes a été retrouvé en avril 2013. Il avait fallu trois jours, avec la protection civile et le service de déminage, pour saisir les centaines d’armes et munitions que ce collectionneur maladif avait accumulées. Pistolets, Riot Gun, fusils de chasse : « Il y avait des armes de la cave au grenier, même à l’entrée », a expliqué le substitut Xhonneux. Les explosifs retrouvés dans cette villa familiale cossue avaient dû être neutralisés sur place car ils étaient trop instables pour être emportés.

Le dossier avait débuté sur la base de deux informations. La première émanait d’un livreur de colis qui devait déposer une commande chez le quadragénaire. Le paquet provenait de Slovaquie. Pour quelques centaines d’euros via leur site internet, il était possible d’acheter un VZ 58, fusil d’assaut employé par le terroriste Coulibaly à Paris. Le colis du Neupréen avait cédé, laissant entrevoir un morceau d’arme, et le livreur avait prévenu les autorités policières. Ces dernières avaient par ailleurs été alertées par leurs homologues d’outre-Quiévrain, qui avaient retrouvé la trace d’armes envoyées sur leur territoire par Serge Coura. La longue enquête qui a suivi a montré comment ce biologiste de formation a mis son intelligence au service de sa passion. Content de l’image de spécialiste qu’il renvoyait, il a reconnu « ne pas s’être assez méfié » de ses interlocuteurs, à qui il vendait « à prix coûtant, parfois à perte ».

Son père s’est tiré une balle dans la tête devant lui

Ce père de famille nombreuse a expliqué être tombé dans un véritable engrenage, comparé par l’expert psychiatre à une « addiction similaire à celle du jeu ». Une psychothérapie, entamée après ses trois mois de détention préventive, lui a permis de comprendre comment il a pu sombrer dans de tels extrêmes, allant jusqu’à revendre des armes de guerre à des inconnus. Petit-fils d’armurier, lui qui a grandi avec des armes dans les mains, a vu son père se tirer une balle dans la tête devant lui quand il avait cinq ans. Il a développé sa collection quand il a hérité des armes de chasse de son grand-père.

La personnalité du prévenu est « tout à fait atypique dans ce genre de dossier », a relevé le ministère public. Vu l’arsenal retrouvé et les faits de vente, une peine de quatre ans de prison a cependant été requise, mais avec sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive. A la défense, Me Gilissen a souligné les nombreux efforts entrepris par son client pour se reconstruire. Afin de « ne pas risquer de les réduire à néant », il a demandé au tribunal de veiller à ce que les frais de justice soient évalués avec rigueur ; pour le seul stockage des munitions, c’est plus de 30.000 euros qui sont réclamés à son client. Jugement le 19 mars.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Aussi en Liège

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Lesoir Immo Voir les articles de Lesoir Immo