Braine-l’Alleud repense son centre

Dans cet article
Pour ne pas payer la taxe sur les logements vides, le propriétaire de l’ancien lycée royal l’a fait raser. C’était l’occasion, pour le bourgmestre Vincent Scourneau, d’étudier l’avenir du site et de la place de la Cure située juste en face.
Pour ne pas payer la taxe sur les logements vides, le propriétaire de l’ancien lycée royal l’a fait raser. C’était l’occasion, pour le bourgmestre Vincent Scourneau, d’étudier l’avenir du site et de la place de la Cure située juste en face. - J.-P. D.V.

Une page se tourne. L’ancien chancre du lycée royal a été complètement rasé. Les anciens élèves se consoleront peut-être en apprenant que le site, racheté par la société Building Invest, fruit d’une collaboration entre Belfius et Unibra, doit se reconvertir en un ensemble combinant commerces au rez-de-chaussée et logements aux étages, R+2 face à la rue Jules Hans et en R+3 face à la place de la Cure. Et deux niveaux de parking en sous-sol.

C’est du moins ce qui ressort d’une « charrette urbanistique » – un terme emprunté au monde des études en architecture que l’on peut traduire par une méthode qui vise, en un temps très court, à réaliser une réflexion urbanistique sur une zone précise – qui vient d’être présentée au conseil communal.

Il en ressort que le centre de Braine-l’Alleud est coupé par deux axes aux fonctions opposées. Un axe « calme » avec les pôles des arts et de santé et le site du Paradis. Et un axe « actif » avec la gare, les bureaux et les grandes surfaces commerciales. Le tout se regroupe sur le Grand-Place, qui pourrait devenir une place des arts et la place de la Cure qui pourrait devenir la nouvelle Grand-Place. Sans oublier l’église Saint-Étienne comme charnière historique.

La réflexion est née suite au départ de l’administration communale vers le parc de l’Alliance, avec notamment le nº37 de l’avenue Léon Jourez qui pourrait être abattu pour permettre la réalisation d’une nouvelle voirie, mais elle se concentre sur le site de l’ancien lycée et sur la place de la Cure.

« Rien de bien neuf sur le fond par rapport au schéma de structure », tempêtent les conseillers Vincent Vanham (IB, CDH) et Thérèse Snoy (Ecolo).

120 m2 par appartement ?

Cette dernière peste surtout sur la norme de 120 m2 imposée pour les appartements, « une claque sur le plan social », et annonce une réponse plus fouillée d’Écolo quand son groupe pourra disposer du document. Le premier, lui, estime que « le centre-ville vaut mieux qu’une simple discussion sur les charges urbanistiques qui seront imposées au promoteur ».

Et le bourgmestre Vincent Scourneau (LB, MR), ancien élève du lycée, de leur répondre que « nous n’avions finalement pas si mal imaginé l’avenir du centre dans le cadre du schéma de structure. Ce que je découvre personnellement, c’est que les spécialistes estiment qu’il ne faut pas mettre de commerces dans la nouvelle voirie donnant sur l’avenue Léon Jourez car cela pourrait mettre à mal ceux qui s’y trouvent déjà. »

Sur les 120 m2, l’échevin de l’Urbanisme Jean-Marc Wauthier (LB, MR) tempère : « C’est une moyenne, qui peut varier en fonction de surfaces brutes, nettes ou comprenant les communs. On passe ainsi de 50 à 68 logements sur les 11.900 m2 prévus, soit de 115 à 156 habitants supplémentaires. »

Quant aux commerces au rez-de-chaussée, ils devraient comprendre « une grande surface de 650 m2 au fond du site et des commerces d’appels en bordure, du style enseignes bio ou pop-up pour créer du buzz. » Reste à attendre la demande de permis…

Jean-Marc Wauthier: «Agir en toute transparence»

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Il a piloté et participé à toutes les réunions sur la charrette urbanistique, y compris celles menées par l’opposition. Il se dit très heureux du dossier qui va à présent servir de base aux négociations futures. Entretien avec l’échevin de l’Urbanisme Jean-Marc Wauthier (LB, MR).

Jean-Marc Wauthier, échevin de l’Urbanisme (MR) à Braine-l’Alleud.

Pas de halles donc ?

Certains ont oublié que le terrain de l’ancien lycée ne nous appartenait pas. De plus, cette installation n’a pas été retenue pas les experts.

La suite du dossier ?

Nous voulons agir en toute transparence. Déjà que, sur les réseaux sociaux, d’aucuns racontent qu’on bétonne le centre pour se faire de l’argent ! Le promoteur a maintenant un canevas sur lequel plancher afin de déposer son permis. Il sera normal qu’il puisse le présenter aux riverains dans le cadre de l’enquête publique.

Comment garder la main ?

En imposant que les nouvelles surfaces commerciales ne dépassent pas 2.500 m2 et en imposant du parking public dans les charges urbanistiques.

Une nouvelle Grand-Place en vue

Par Jean-Philippe de Vogelaere

La Grand-Place actuelle n’a rien de conviviale. Vu sa forte déclivité, y installer un chapiteau pour n’importe quelle manifestation relève de la gageure. Et le reste du temps, elle sert de parking. Comme la place de la Cure aujourd’hui, sauf qu’il est désormais question d’en faire une nouvelle Grand-Place, sans stationnement ni passage de voiture via la rue des Trois Apôtres. Un endroit stratégique en plein centre.

C’est ce qui ressort du dossier sur la charrette urbanistique du centre. Le problème, c’est que cette place fait l’objet depuis 2005 d’une convention avec l’entreprise Jacques Delens pour y mener une opération immobilière. Il va donc falloir à la majorité invalider cette convention, mais on ne doute pas des capacités de négociations du bourgmestre Vincent Scourneau en la matière. Il suffit pour s’en convaincre de se rappeler l’opération qui a mené au rachat des anciennes installations Toyota pour y regrouper toute l’administration communale et y inclure celle du CPAS.

« Nous proposons que les fonctions longeant cette place et les activités qui s’y déroulent contribuent à renforcer une image de cette place comme pôle contemporain et espace des grands événements », note le rapport.

Parkings en souterrain

Aire de jeu, gradins, fontaine sont des exemples de petits aménagements de la place qui sont envisagés, mais pour y arriver, l’échevin de l’Urbanisme Jean-Marc Wauthier (LB, MR) note surtout qu’on ne pourra pas perdre les 78 places de parkings actuellement accessibles en zone bleue.

« Le rapport note que l’investissement pour réaliser un niveau de parking souterrain n’est pas financièrement tenable, qu’il faut donc prévoir deux niveaux pour compenser la situation actuelle, conclut-il. Il va de soi qu’on ne pourra pas commencer les travaux sur cette place avant que les cinquante parkings publics qui seront imposés au projet sur l’ancien lycée ne soient accessibles. »

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. parlement (3)

    Les ex-députés fédéraux se ruent vers les indemnités de sortie

  2. NETHYS

    Nethys: après le grand déballage, des questions en suspens

  3. pluie_0

    Woody Allen au «Soir»: «Tant que je pourrai tourner, je le ferai partout où je peux»

La chronique
  • Réchauffement climatique: la faillite de la démocratie

    Avec les manifestations des jeunes pour le climat, au printemps, certains ont cru que la démocratie allait faire la preuve de son efficacité en matière environnementale. Après des décennies d’aveuglement, d’errance ou d’atermoiement, la priorité climatique, au moins, serait propulsée en tête de tous les agendas politiques, en particulier en Europe avec le scrutin du 26 mai.

    Un thème qui peine à s’imposer

    Les écologistes ont fait des percées remarquables dans certains pays, mais ils n’ont obtenu que 10 % des sièges au Parlement européen, comme si les citoyens ne se résolvaient pas à placer l’environnement en tête de leurs préoccupations malgré le matraquage médiatique sur la question du climat. Il est vrai que les Verts n’ont plus le monopole...

    Lire la suite

  • Nethys: le départ de Stéphane Moreau ne règle pas tout, loin de là

    Et voilà, c’est fait ! La Wallonie a la réponse à la question la plus souvent posée depuis trois ans : « Quand Stéphane Moreau va-t-il quitter la direction de la société liégeoise Nethys ? » Lundi, le président du conseil d’administration Pierre Meyers n’a pas tourné autour du pot : « Vous voulez savoir ? Eh bien on va vous le dire ! En termes crus, quand les opérations de privatisation seront accomplies, il ne sera plus là. On met fin à son contrat sans indemnité, sans parachute et sans...

    Lire la suite