Malmedy: laboratoire de la transition alimentaire

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La signature de la charte de Milan a pour objectif de conduire le territoire des 20 communes signataires vers un changement immédiat dans le domaine alimentaire.
La signature de la charte de Milan a pour objectif de conduire le territoire des 20 communes signataires vers un changement immédiat dans le domaine alimentaire. - D.R.

Les 20 communes francophones de l’arrondissement de Verviers (Aubel, Baelen, Dison, Herve, Jalhay, Lierneux, Lmbourg, Malmedy, Olne, Pepinster, Plombières, Spa, Stavelot, Stoumont, Theux, Thimister-Clermont, Trois-Ponts, Verviers, Waimes, Welkenraedt) sont entrées dans l’histoire ce mercredi matin, à Malmedy. Chacun de ses représentants a, sous l’impulsion du Réseau Aliment-Terre de l’arrondissement verviétois, décidé de signer la charte de Milan et de prendre ensemble l’engagement de soutenir le droit à une alimentation saine, nutritive et surtout locale.

La prise de position a pour objectif de conduire le territoire de ces 20 communes participantes vers un changement immédiat dans le domaine de l’alimentaire. « Nous avons vécu depuis 40 ans une trajectoire vers l’économie alimentaire low-cost dont aujourd’hui on sent bien qu’elle a des conséquences qui ne peuvent plus être ignorées. Le chemin que nous avons emprunté se traduit par les salaires faibles pour les travailleurs dans le secteur agricole, une faible rémunération du producteur ainsi qu’un soutien des plus grandes exploitations agricoles qui sont capables de faire des économies d’échelle et d’être concurrentielles sur les grands marchés, souligne Olivier De Schutter, professeur à l’UCL, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation de 2008 à 2014 et coprésident du Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables. L’économie alimentaire low-cost dont nous cherchons actuellement à sortir a des impacts environnementaux, sociaux et de santé publique qui ne peuvent plus être tolérés aujourd’hui. »

Davantage de maladies et d'obésité

Et pour cause, d’après de récentes constatations, la région a vu disparaître un grand nombre de ses exploitations agricoles ainsi que la suppression de 2/3 de ses fermes de petites tailles. Il a également été prouvé que l’agriculture industrielle est responsable d’une quantité importante d’émission de gaz à effet de serre et de la dégradation des sols. Mais ce n’est pas tout : la population belge, et plus particulièrement wallonne, s’est progressivement tournée vers la consommation de produits transformés. Les gens ont commencé à favoriser les plats préparés et à consacrer moins de temps à la cuisine. Ils ont arrêté de privilégier l’achat et l’utilisation des produits frais locaux. Des changements d’habitude qui sont à la base de la croissance du surpoids et de l’obésité ainsi que de l’augmentation du taux de diabète et de maladies cardio-vasculaires. « Afin de stopper ces effets négatifs, il est temps de se tourner vers une alimentation plus adéquate. Il est important que les collectivités locales comprennent qu’elles ont un rôle essentiel à jouer. La population doit être sensibilisée à cette problématique pour que les politiques puissent la soutenir », conclut Olivier De Schutter.

Carlo Di Antonio soutient fermement l’initiative

Par I.Za.

Carlo Di Antonio, le ministre de l’Environnement, a souligné la qualité de la démarche mise en place par le Réseau Aliment-Terre de l’arrondissement de Verviers et le rassemblement de vingt pouvoirs locaux indépendants qui ont décidé de s’unir autour d’un projet territorial alimentaire. Jardinier et ingénieur agronome de profession, l’homme politique est particulièrement sensible à l’évolution malheureuse du secteur agricole. « La connexion entre le citoyen-consommateur et l’agriculteur est de moins en moins évidente de nos jours. L’éloignement entre ces deux types de personnes, qui s’est créé au fur et à mesure du temps, est plus que présent, s’explique-t-il. Le temps d’une reconnexion est nécessaire, il est essentiel de revenir aux sources. C’est la raison pour laquelle je crois fondamentalement que ce type de collaboration est un véritable projet d’avenir. » Carlo Di Antonio a également exprimé sa volonté de poursuivre et d’amplifier une politique orientée vers le local et la qualité. «  Les politiques doivent soutenir ces initiatives qui sont d’une toute grande importance et qui doivent se développer pour faire des petits », conclut-il.

 
 
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