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Plus de sécurité sur les chantiers belges

Après le digital en 2017, la Confédération Construction consacrait cette année son Forum à la sécurité dans le secteur. Car si la construction belge se porte bien économiquement, il reste de gros progrès à réaliser en matière de prévention des risques.

Temps de lecture: 4 min

Tout va plutôt bien pour la construction belge ! Véritable moteur de l’économie du pays, le secteur évolue et sa croissance devrait se maintenir ces prochaines années. Mais cela n’empêche pas la construction d’être confrontée à de nombreux défis et d’avoir de multiples progrès à réaliser, notamment en matière de sécurité.

En 2015, on comptait sur le territoire pas moins de 14.000 accidents de travail dans le secteur, dont 15 % ont entraîné une invalidité permanente et 0,1 % se sont avérés mortels. Les incidents sont en baisse dans le pays, puisqu’on en comptait 40 par million d’heures prestées en 2008, contre 27 en 2015.

Les progrès sont notables, mais le président de la Confédération Construction Paul Depreter les juge encore insuffisants. « Si l’on se compare à l’Europe, on constate que la Belgique figure encore parmi les pays intermédiaires et son nombre d’accidents dans le secteur de la construction est plus élevé que la moyenne européenne.  »

Paul Depreter a donc décidé de prendre le problème à bras-le-corps et s’est fixé un objectif ambitieux : celui que d’ici la fin de son mandat en 2020, la Belgique rejoigne le top 5 des pays européens connaissant le moins d’accidents dans le secteur. «  Ce n’est que le début d’un long travail de sensibilisation que la Confédération va mener durant deux ans, confiait-il lors du Forum consacré à la sécurité. On constate que les pays qui affichent un taux bas d’accidents dans la construction utilisent davantage de bonnes pratiques de prévention que nous. Le défi est que cette prévention devienne la priorité de toutes les entreprises du secteur et que la sécurité rentre vraiment dans leurs gènes. »

La construction belge ne part pas d’une page blanche en matière de sécurité. Comme cela a été illustré lors du Forum de la Confédération Construction, certaines bonnes pratiques sont déjà d’application sur le terrain. L’organisation Constructiv organise par exemple des formations ainsi que des sensibilisations collectives et individuelles à propos de la sécurité. Elle a aussi mis au point un « Constructiv Scan » permettant aux entreprises du secteur de comparer des paramètres comme les accidents de travail à ceux d’autres sociétés similaires.

Le Forum a aussi mis en lumière des initiatives menées par les entreprises elles-mêmes : mention de l’aspect sécurité lors de chaque réunion, pictogrammes sur le chantier, intégration d’un coefficient sécurité lié aux primes, prises de photos pour détecter les manquements à la sûreté sur le chantier, etc. « Il ne peut pas y avoir de flou lorsqu’on évoque la sécurité, le message doit être clair et il faut utiliser un langage fort, estime Damien Magérat, administrateur délégué de Jacques Delens. Chez nous, l’objectif n’est ni plus ni moins que zéro accident, c’est pourquoi il m’est déjà arrivé de stopper toutes les activités d’un chantier sale jusqu’à ce qu’il soit entièrement nettoyé. C’est important aussi de transmettre les informations sur la sécurité de façon originale, par exemple avec des stands, des films et toutes autres mises en situation qui permettent de mieux se rendre compte des erreurs que l’on peut commettre.  »

Une autre nécessité est celle d’impliquer toute la chaîne hiérarchique de l’entreprise dans la démarche de sécurité, et cela pour une meilleure appropriation de celle-ci dans le travail quotidien. Des études ont en effet prouvé qu’une majorité d’ouvriers connaissent les bons gestes, mais ne les appliquent pas forcément. Pour que la sécurité intègre véritablement les gènes de l’entreprise, Filip Coumans, Partner Sécurité et Risque chez ERM, insiste sur trois étapes. « Il faut d’abord acquérir des connaissances lors de formations, puis mettre en place un coaching pour que celles-ci se transforment en comportements sur le terrain. Les entreprises ne savent pas toujours comment s’y prendre, mais il est important de pouvoir parler des problèmes sans peur et de mettre en place des activités autour de la sécurité. Et puis, il faut aussi mettre en place un feedback régulier pour que les pratiques autour de la sécurité deviennent des habitudes. »

Pour beaucoup d’entreprises, la difficulté est aussi d’inculquer cette culture à leurs sous-traitants, ou encore d’arriver à communiquer sur la sécurité dans un chantier où de multiples langues et nationalités se côtoient sans forcément se comprendre.

Le secteur est également confronté au défi de développer les aspects sécuritaires dans les plus petites entreprises, car le taux d’accidents y est statistiquement plus élevé. Cela peut notamment s’expliquer par le coût parfois important des investissements dans la sûreté, mais le return de ceux-ci est particulièrement favorable aux entrepreneurs. De véritables corrélations on en effet été observées entre propreté, sécurité et rendement sur les chantiers. « La sûreté n’est pas seulement facteur de bien-être et de santé pour les travailleurs ; elle apporte aussi de la qualité et de la compétitivité, confirme Paul Depreter. Elle influence aussi la réputation du secteur et notamment sa perception auprès des jeunes qui envisageraient de se lancer dans un de ses métiers. » Autant de bonnes raisons d’investir pour davantage de sécurité dans la construction.

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