Catalogne: Carles Puigdemont renonce à briguer la présidence (vidéo)

Carles Puigdemont a prononcé son discours devant les drapeaux catalan et européen © Reuters
Carles Puigdemont a prononcé son discours devant les drapeaux catalan et européen © Reuters

Alors que le parlement catalan a adopté jeudi une motion dénonçant la « dérive autoritaire » de l’État espagnol et défendant la « légitimité » de l’indépendantiste Carles Puigdemont, président régional destitué par Madrid, ce dernier a annoncé qu’il renonçait à briguer la présidence catalane.

« J’ai informé le président du parlement catalan que, de manière provisoire, il ne présente pas ma candidature à l’investiture comme président », a dit M. Puigdemont, qui serait arrêté s’il rentrait de Belgique en Espagne. Son groupe propose en tant que candidat Jordi Sanchez, le président d’une association indépendantiste emprisonné.

« Dans les conditions actuelles, c’est la seule façon de pouvoir former un nouveau gouvernement, le plus rapidement possible », a-t-il dit, pour expliquer ce retrait.

Appel à une médiation internationale

Dans un discours pugnace au ton solennel, devant les seuls drapeaux catalan et européen, M. Puigdemont a fustigé « les abus de l’État espagnol » qui cherche selon lui à « criminaliser l’indépendantisme ».

« La Catalogne a gagné le droit à se convertir en une république indépendante », a-t-il réaffirmé. « Cet objectif est incontournable et c’est pourquoi il faudra continuer à faire de la politique depuis l’intérieur et depuis l’extérieur » du pays, a-t-il dit.

Il a réaffirmé que «  la seule solution à un conflit politique est la politique » et de nouveau souhaité une médiation internationale.

M. Puigdemont a en outre annoncé qu’une équipe d’avocats internationaux avait présenté jeudi une plainte en son nom contre l’État espagnol devant le comité des droits de l’homme des Nations unies, pour activement défendre ses droits.

L’impasse depuis le 27 octobre

Cette annonce intervient après des semaines de blocage politique de la Catalogne, depuis que la Cour constitutionnelle a barré la route à une nouvelle investiture de M. Puigdemont, installé en Belgique où il échappe pour l’instant aux poursuites de la justice espagnole pour « rébellion et sédition ».

Le 27 janvier, la Cour constitutionnelle a considéré que son investiture à distance était illégale et qu’il devrait dans tous les cas, s’il souhaite être investi, rentrer au risque d’être arrêté et obtenir l’autorisation du juge chargé de l’enquête le visant. Une session prévue le 30 janvier pour l’investir avait du coup été ajournée.

La Catalogne, une région de 7,5 millions d’habitants est placée sous la tutelle de Madrid depuis la proclamation, restée sans effets, le 27 octobre à Barcelone d’une «  République catalane ».

 
 
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