La Wallonie montre ses atouts à la Foire agricole de Paris

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Sous les yeux du ministre Collin, la famille Meunier est heureuse de ses médailles avec ses porcs de Bayeux, race pure française made in... Quaregnon.
Sous les yeux du ministre Collin, la famille Meunier est heureuse de ses médailles avec ses porcs de Bayeux, race pure française made in... Quaregnon. - J.-L. B.

C’est une « première ». La Wallonie était cette année invitée d’honneur à la Foire agricole de Paris qui a fermé ses portes ce dimanche, avec une affluence de plus de 600.000 visiteurs. Le ministre René Collin, qui a la Grande Région (Grand Est français, Luxembourg, Sarre, Rhénanie Palatinat, Wallonie) dans ses attributions et qui fut président de cette structure durant deux ans, a eu l’occasion pendant ce temps de faire connaissance et de tisser de vrais liens concrets avec nos voisins, sans oublier qu’il est à l’origine de la marque Ardenne, créée voici 3 ans pour mieux vendre aux touristes potentiels ce vaste territoire transfrontalier qui regroupe actuellement 300 ambassadeurs, tous produits confondus, entre France, Belgique et Luxembourg.

Alors, le Grand Est a accueilli durant ces neuf jours la Wallonie sur son vaste stand installé dans le grand hall des régions de France. Un immense marché où chaque région met en valeur ses produits, charcuterie, fromages, vins, bières et autres douceurs, et ses atouts touristiques. Un passage obligé parmi les nombreux halls de la foire, un univers merveilleux qui partage le bon goût, l’ambiance et la convivialité.

La Wallonie y a vanté ses produits phare, des bières, le Blanc Bleu Belge, le porc et la filière Porc Qualité Ardenne, les fromages de Herve, le beurre, le jambon et saucisson d’Ardenne, le pâté gaumais, la plate de Florenville. Autant de produits qui ont un label européen IGP. Derrière les fourneaux, pour séduire les visiteurs, on a retrouvé au fil des jours Éric Boschman, Gérald Wathelet, Fabienne Effertz et Michel Boreux.

Avec cette première expérience, René Collin espère l’an prochain inscrire un stand 100 % wallon pour vendre tous les atouts à une clientèle française qui est un gros marché pour la Wallonie. Le dossier se prépare déjà.

De son côté, Pierre Mallieux est lui présent à la Foire de Paris depuis 20 ans, comme secrétaire général du herd-book de la race Blanc Bleu Belge. Une race qui ne peut pas participer en direct aux concours réservés aux races françaises. Mais il y est via une voie détournée, le Blanc Bleu France, issu du BBB. « Des éleveurs nous ont fait confiance et élèvent cette race, la troisième après le Charolais et la limousine. Il a imprimé sa marque dans le paysage français car cette race est docile et offre un rendement carcasse inégalé. Il y a 15.000 naissances en race pure chaque année et 500.000 en croisement avec d’autres races. Le BBB s’est donc francisé et on en trouve, outre le Nord et l’Est, dans le Limousin, le Maine et Loire, la Bretagne. Mais génétiquement, le BBF est similaire au BBB. Mais c’est grâce à ce nouveau nom qu’il peut participer au concours de Paris… Le BBB a colonisé la France comme une multitude d’autres pays puisqu’il existe seize herd book BBB dans le monde, en Angleterre, en Espagne, au Chili, au Vietnam, en Australie et en Nouvelle-Zélande notamment. »

Ceci dit, dans l’attente de l’édition 2019, quatre parlementaires wallons étaient aussi du voyage. Alain Onkelinx, président de la commission agriculture et tourisme, Patrick Prévot, Yves Evrard et Gilles Mouyard. Petite anecdote, Dimitri Fourny a joué les fantômes tout en publiant sur son profil Facebook des photos qui pouvaient faire croire qu’il était à Paris… À chacun sa Foire, mais rien de tel que de la vivre en direct tant il y a des possibilités de rencontres et de partenariats.

De Quaregnon à la Normandie, un amour de porc pur race

Par Jean-Luc Bodeux

Ils sont Borains, élèvent des porcs de Bayeux à Quaregnon et gagnent des prix à la Foire agricole de Paris ! Voilà l’étonnant parcours de la famille Meunier qui s’est lancée dans une aventure porcine en 2001. Chacun a son métier, Jocelyne d’un côté, Jean-Michel comme architecte, mais le couple décide de changer de vie en élevant des porcs.

« Avec la crise de la vache folle, nous avions eu envie de produire notre propre viande, explique Jocelyne Léonard. Le rêve devait se réaliser. »

Ils partent en Normandie, à Saint-Laurent-du-Mont, en 1998 pour y construire une chambre d’hôtes dans le style architectural local. Le couple reprend aussi des études agricoles et se lance dans l’aventure. Ils élèvent leurs premiers cochons en 2001, et choisissent des « Porcs de Bayeux », une race en voie de disparition, rustique et facile à élever. Ils transforment ensuite la viande dans les locaux du lycée agricole de Vire, en terrine, rillettes, confit, etc.

Mais un élément inattendu va changer leur vie. Leurs terres sont entourées de clôtures électriques pour maintenir les porcs dans un site fermé. Mais les coupures de courant d’EDF sont régulières. Un jour, les porcs se sauvent dans la forêt voisine. Quelques mois plus tard, la naissance de porcelets les trouble. Ils ont un look mi-porc mi-sanglier… Il y a eu une rencontre forestière inattendue. Et tout bascule. Ces sanglochons (croisement porcs-sangliers) font perdre toute la valeur de cet élevage de race pure comme le sont aussi cinq autres races en France, le Blanc de l’Ouest, le Basque, le Cul noir limousin, le Nustrale (Corse) et le porc gascon. Les Meunier intentent un procès à EDF et gagnent le premier combat en 2016. EDF leur paient 10.000 euros de provision sur un dommage estimé à 960.000 euros. Mais il y a ensuite appel et l’affaire traîne toujours…

C’est que ce porc est une variété haut de gamme. Le jambon se vendait par exemple 1000 euros pièce à des restaurateurs. Les Meunier sont entre-temps rentrés en Belgique, dans l’attente de la fin de ce procès, et ont redémarré à zéro avec d’autres porcs de Bayeux made in Wallonia. C’est avec ces porcs-là qu’ils viennent d’obtenir trois médailles à Paris, dont un premier prix.

Aujourd’hui, ils espèrent que le procès en appel leur donnera à nouveau raison pour relancer leur projet en Normandie. En attendant, ils cherchent une ferme à acheter dans le Grand Mons pour y entamer un autre élevage, avec des porcs Piétrain, la seule race pure wallonne, elle aussi en perdition. Leur fille Marie, par ailleurs conseillère communale à Mons, reprendrait alors cet élevage tandis que les parents élèveraient du Bayeux en Normandie pour redynamiser une race qui ne compte plus que 150 truies et 30 verrats pour autant d’éleveurs…

 
 
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