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Nicolas Martin adoubé par Elio Di Rupo à Mons

A 41 ans, le député-échevin sera tête de liste aux communales. En politique, sa priorité a toujours été sa ville. Le match avec Georges-Louis Bouchez sera épique.

Portrait - Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

Ce lundi matin, Nicolas Martin doit être soulagé. Très. Dimanche soir, Elio Di Rupo lui aura téléphoné pour lui confirmer le scénario qui avait la faveur des pronostics depuis quelques semaines à Mons : le président du PS fera un pas de côté lors des communales du 14 octobre et c’est le citoyen camarade d’Hyon qui est désigné pour mener la liste PS et devenir bourgmestre de Mons, si l’électeur le souhaite.

Le soulagement évoqué ici est surtout celui d’un homme politique de 41 ans qui fuyait les journalistes comme la peste, de crainte de devoir se lancer dans des considérations oiseuses sur son avenir communal. De regards absents en messages interloqués, de demi-réponses en propos évasifs, Nicolas Martin était obligé de tourner autour du pot depuis le début de l’année. Cela ne pouvait plus durer. C’est fini, là : le patron a décidé, tranché. Très peu étaient dans la confidence, mais ce matin la réalité s’impose : Nicolas Martin est potentiellement le nouveau chef de file du PS à Mons. Mazette ! Il devrait succéder à Léo Collard, Abel Dubois, Maurice Lafosse et Elio Di Rupo donc, rien que ça !

Si le brouillard a tardé à se dissiper, c’est en raison du grand sens de la communication de l’actuel maïeur. Il fallait à Elio Di Rupo le temps de la réflexion pour effectuer des choix stratégiques et personnels et pour se convaincre qu’avec Nicolas Martin, il dispose de l’oiseau rare dont Mons a besoin.

Têtes bien faites

Pour ceux qui connaissent le paysage politique montois, la promotion dont bénéficie Nicolas Martin est tout sauf une surprise. Ce licencié en sciences politiques des très catholiques Fucam a déboulé sur la scène politique locale en 1994 en conduisant une liste « Jeunes » lors des communales. Il résiste aux sirènes du... FDF, pas à celles d’Elio Di Rupo qui s’apprête à devenir bourgmestre en l’an 2000 et qui cherche des têtes bien faites et bien pleines pour l’accompagner.

Celle de Nicolas Martin est assurément de cet acabit-là. Sa vie professionnelle et politique s’articule autour de trois pôles. D’abord, des responsabilités de chef de cabinet à l’Elysette où il s’impose comme un spécialiste des fonds structurels européens. Des mandats locaux ensuite : à Hyon, le fief familial, il est très vite proche de Jean-Claude Carpentier, figure socialiste du cru, et grimpe au collège échevinal dès 2006. De décembre 2012 à octobre 2014, le voilà même bourgmestre faisant fonction pendant qu’Elio Di Rupo prend ses quartiers au 16, rue de la Loi.

Jeune homme populaire

Enfin, le jeune homme trace son sillon lors des scrutins législatifs. Depuis 2014, il siège au parlement de Wallonie où son excellent score électoral lui a permis de cumuler avec le premier échevinat de sa ville. Parce que oui, en prime, la tête bien faite et bien pleine, est aussi un garçon populaire : 19.302 voix de préférence lors des régionales, parmi les cinq meilleurs taux de pénétration de Wallonie.

Le climat n’a pas toujours été au beau fixe entre Elio Di Rupo et Nicolas Martin. Le jeune loup brûlait d’impatience, n’en finissait pas de déclarer sa volonté d’être bourgmestre de Mons, un jour, bientôt. Choisi pour être président de la Fédération de Mons-Borinage du PS, il était même devenu le patron de son patron en quelque sorte. Mais entre les deux hommes, la raison, et sans doute aussi l’intérêt du PS et la passion commune pour Mons, ont fini par l’emporter.

La décision prise par Elio Di Rupo en ce début du mois de mars aura une conséquence concrète sur la campagne : le match Di Rupo-Bouchez qui faisait saliver les pronostiqueurs devient un duel Martin-Bouchez. Croyez-nous : personne n’y perdra au change. Entre Nicolas et Georges-Louis, la détestation mutuelle promet une belle bagarre.

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4 Commentaires

  • Posté par Michel Raurif, lundi 5 mars 2018, 17:32

    Le jour qu'il sera nommé, il pourra dire qu'il est le bourgmestre .N'oubliez que celui qui obtient le plus de voix ....Et là, le vieux peut toujours rebondir !!

  • Posté par Gratter Poil, lundi 5 mars 2018, 12:15

    Et on oublie de dire que Nicolas Martin a été l'un des petits amis d'Elio. C'est le plus important; sans cela, il serait relégué en milieu de liste.

  • Posté par Van Steen Willy, lundi 5 mars 2018, 19:02

    On ne parle pas de son mariage, premier du genre en Belgique!

  • Posté par Mathieu Guy, lundi 5 mars 2018, 11:10

    Le MR n’a qu’a Bien se tenir bande de con.

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