Un zoning Sud plus commercial

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Le site à l’abandon devrait, sauf nouveau recours d’un commerçant, accueillir des PME sur 26.000 m
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 et des commerces sur 9.000 m
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Le site à l’abandon devrait, sauf nouveau recours d’un commerçant, accueillir des PME sur 26.000 m 2 et des commerces sur 9.000 m 2 . - J.-P. D.V./BVI.BE.

C’est un lieu qui a déjà connu deux fermetures. Celles de Philips fin des années nonante et de Mitra début 2010. Depuis, le site du boulevard de l’Europe est à l’abandon. C’est écrire que la démolition des locaux est sans doute la seule solution pour redonner un peu de vie à l’endroit. La manière d’y arriver change cependant d’orientation selon les formations politiques.

Le projet de la discorde, c’est celui de la société BVI.BE, de Vommelgem, qui souhaite y reconstruire un parc pour PME, de 35.000 m2 de superficie. Sur les quatre bâtiments principaux, un premier serait accessible à des PME dont les activités seraient le stockage, la logistique, la distribution (excepté la vente au détail) ou l’artisanat. Un deuxième bâtiment aurait une fonction plus logistique pour les moyennes entreprises. Un espace de co-working destinés à des entreprises ou des bureaux actifs dans l’étude et la distribution en lien avec le développement durable serait aménagé dans un troisième bâtiment, tandis que le dernier accueillerait un ensemble commercial de sept cellules, pour un total de 9.077 m2. La superficie de chacune d’entre elles serait de minimum 1.000 m2 réservés à des commerces de type lourd, spécialisés autour de la thématique de la maison avec atelier et/ou stock (décoration, bricolage, ameublement…).

C’est sur cette partie-là que le dossier fait grincer des dents. Principalement du côté du CDH qui s’était mobilisé contre le projet et qui avait souri en apprenant, le 16 octobre 2017, que le fonctionnaire délégué à l’Urbanisme et le fonctionnaire des Implantations commerciales, avaient refusé l’octroi du permis. Un CDH qui ne comprend pas que le ministre wallon de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet (MR), ait finalement décidé, sur recours, d’accorder le permis intégré (Le Soir du 28 février).

« Les enseignes qui s’installeront dans ce nouveau centre commercial vendront des produits qui concurrenceront directement ceux des magasins du centre-ville et de sa périphérie », rage le conseiller Benoît Thoreau. Et de citer des enseignes comme Action, Electro Dépôt, JYSK, Gamma, Overstock et Kwantum.

© D.R.
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Un nouveau pôle commercial ?

Cette décision irait ainsi à l’encontre du schéma de développement commercial de Wavre et du schéma régional de développement commercial, lequel recommande « de recentrer exclusivement les nouveaux développements commerciaux sur le centre principal et éviter le développement de nouveaux nodules commerciaux. De plus, l’Observatoire du commerce considère que les commerces proposant des achats courants et semi-courants légers doivent être proscrits à l’endroit concerné. » Benoît Thoreau propose donc que l’emplacement visé soit réservé à de nouvelles entreprises, « pourvoyeuses d’emploi et de prospérité pour notre commune ».

La bourgmestre en fonction Françoise Pigeolet (LB, MR), lui rétorque que « le projet global est indiscutablement un plus pour Wavre en termes de développement économique. Il ne s’agit nullement ici du développement d’un nouveau pôle commercial puisqu’il s’intègre dans le pôle existant du zoning Sud qui s’est spécialisé au fil des années dans l’équipement lourd (garde-meubles, cuisines, carrelages, sanitaires, matériaux de construction…). La nouvelle zone est, elle, destinée à des commerces spécialisés (articles pondéreux ou nécessitant d’importantes surfaces de vente) n’étant pas intéressés par une localisation au centre. »

Et de pointer aussi les deux schémas précités qui indiquent que « le type d’achat semi-courant lourd est en sous-offre à l’échelle du bassin de consommation » et que « Wavre est en forte sous-offre pour les achats semi-courants légers. Les activités commerciales projetées sont en fait de nature à rétablir partiellement l’équilibre en faveur de la composante wavrienne du bipôle, au regard des développements déjà réalisés à Louvain-la-Neuve, dont celui de L’esplanade. »

Un zoning Sud très convoité

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Ce n’est pas la première fois que des nouvelles surfaces commerciales sont envisagées dans le zoning Sud.

Le Retail Park de la Dyle, de la société Padem, prévoyait déjà, en 2005, 30.000m2. Le ministre André Antoine (CDH) n’avait cependant pas accordé le plan communal d’aménagement (PCA) dérogatoire, basant sa décision sur les avis négatifs donnés par le Conseil wallon de l’environnement et du développement durable et le Conseil régional d’aménagement du territoire.

Cette fois, c’est un Plan communal d’aménagement révisionnel (PCAR) qui est en cours d’élaboration. « Depuis 2013, la Ville souhaite pérenniser les activités commerciales qui répondraient à une demande réelle tant des commerçants qui y ont trouvé des espaces plus grands qu’en centre-ville que des chalands qui y trouvent des commerces complétant l’offre existante », souligne la bourgmestre en fonction Françoise Pigeolet (LB, MR). L’échevine de l’Urbanisme, Anne Masson (LB, MR), ajoute que ce PCAR englobe « une vision sur les modes doux. Il fera l’objet d’une enquête publique. »

 
 
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