Les pouvoirs publics croient de plus en plus au chauffage pellets/plaquettes

Dans cet article
Francis Flahaux, monsieur Bois Energie et Développement rural, a inauguré le 100
e
 projet de chaufferie publique au bois, à Mirwart (Saint-Hubert).
Francis Flahaux, monsieur Bois Energie et Développement rural, a inauguré le 100 e projet de chaufferie publique au bois, à Mirwart (Saint-Hubert). - J.-L. B.

Alors que l’utilisation des rebuts ou surplus inexploités de bois de nos forêts pourrait sembler naturelle, les communes wallonnes ont plutôt été froides à les utiliser avant l’an 2000. Puis un plan Bois-énergie et Développement rural a été mis sur pied, avec la Fondation rurale de Wallonie (FRW) comme facilitateur et promoteur de ce type de chauffage, soit pour un ou quelques bâtiments, soit pour un gros réseau composé de plusieurs bâtiments publics et maisons privées, comme c’est le cas par exemple à Nassogne et Libin.

Ce mardi, l’ensemble des acteurs de ce concept se sont retrouvés à Mirwart où la Province de Luxembourg inaugurait le 100e projet au sein du Centre d’hébergement provincial pour enfants placés par les services d’aide à la jeunesse.

Plus exactement, on en est aujourd’hui à 104 projets fonctionnels, Mirwart étant le 100e car il est à l’œuvre depuis plus d’un an déjà. Mais c’était l’occasion pour refaire le point sur ce concept. « Fin des années 90, il y avait peu d’actions publiques pour le développement économique de nos forêts en matière d’énergie verte, commente Francis Flahaux, coordonnateur du Plan Energie-Bois et Développement rural. Une série de communes avaient envie de se lancer dans des projets mais il fallait partir de zéro. Nous avons réfléchi à une série de pistes pour créer des emplois dans ce secteur et valoriser cette matière première, avec des projets adaptés aux communes rurales. »

Un premier salon bois-énergie a été mis sur pied début 2000, suivi de visites de découverte et sensibilisation en Haute-Saône, Bourgogne, etc. En 18 ans, le projet a mûri sous la houlette de la FRW qui coordonne les projets du secteur public, informe, conseille et oriente les porteurs de projets et les acteurs de la filière à chaque étape. Actuellement, 104 projets sont donc nés, avec des dimensionnements très variables, pour une puissance totale de 20 MW. Hormis deux trois exemples dans le Hainaut et le Brabant wallon, on les trouve logiquement dans les provinces de Luxembourg, Liège et Namur, les plus forestières.

40 % des projets sont alimentés avec des plaquettes (certaines communes comme Libin les font fabriquer en sous-traitance dans leurs bois communaux, mais la plupart les achètent à des fournisseurs) et 60 % avec des pellets (granulés de bois). 35 chaufferies sont centralisées avec un réseau de chaleur pour environ 12.000 mètres de réseau.

Francis Flahaux estime que 4 millions de litres de mazout ou de gaz sont ainsi remplacés par du bois et qu’environ 12.000 tonnes de CO2 sont évitées chaque année. Il rappelle aussi que « ce concept vise à optimaliser au mieux la matière première. On ne touche pas au capital forêt. Nous offrons une plus-value pour les sous-produits du bois car auparavant, beaucoup de branchages issus des houppiers restaient en forêt et certaines scieries devaient payer pour éliminer leur sciure. Aujourd’hui, c’est l’inverse. »

L’important est donc de valoriser « l’or local » car il y a toujours des dérives à tout concept, comme ce fut le cas avant que la Région wallonne ne mette le holà, avec un projet de centre énergétique à créer en pays de Liège, qui aurait fonctionné avec du bois importé du Canada ou d’ailleurs. « Une véritable aberration qui n’avait rien à voir avec la transition énergétique souhaitée, ont clamé hier le député Dimitri Fourny et le ministre Jean-Luc Crucke, qui se réjouissent par contre des projets communaux mis en place de façon plus modeste mais plus raisonnée, ce dernier estimant que la Wallonie avait trop traîné à ce niveau. Aujourd’hui, le pacte énergétique voté en tient compte et ne porte pas que sur le nucléaire ! Les investisseurs doivent le savoir. »

47 réseaux en Luxembourg

Le réseau de chaleur du Centre d’hébergement de Mirwart s’inscrit clairement dans la politique menée par la Province de Luxembourg, lorsqu’elle décida de devenir un territoire à énergies positives.

Depuis 2014, elle est reconnue comme coordinatrice territoriale pour les communes et 40 d’entre elles sont rentrées dans la démarche. Pour chacune, un bilan CO2 est réalisé et un plan d’actions proposé.

« Depuis lors, rien qu’au niveau provincial, explique la députée Thérèse Mahy, 83 bâtiments ont reçu un cadastre énergétique visant à diminuer la consommation d’énergie, notamment par le remplacement de chaudières trop âgées et trop gourmandes, ou en isolant les lieux, soit les murs, soit les toitures, soit les châssis. Des panneaux photovoltaïques sont venus compléter cet arsenal de mesures, comme le placement d’éclairage LED. »

Il reste bien sûr des investissements et des travaux à effectuer, mais un million d’euros ont été investis ces dernières années, permettant de réduire la consommation de mazout de 14 %, d’électricité de 15,8 %, d’eau de 12 %, soit un gain de 630 tonnes d’émission de CO2. Les bâtiments provinciaux sont monitorés par des relevés mensuels des compteurs d’eau et d’énergie, et par une analyse de ces consommations. L’installation d’une gestion technique centralisée des bâtiments est désormais systématiquement intégrée dans les cahiers de charge.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Pierre-Yves Dermagne

    Ventes de Voo et de Win: Enodia et Nethys ont cinq jours ouvrables pour répondre au ministre

  2. Stéphane Moreau (à gauche) et François Fornieri sont à la fois dans la société vendeuse et dans la société acquéreuse.

    Nethys a vendu Win à Fornieri sans mise en concurrence: les dessous de l’accord

  3. La Ville de Bruxelles assume simplement ses obligations de propriétaire
: entretenir le bien pour permettre le maintien de son exploitation, guère plus de 1,5
million par an.

    Le stade Roi Baudouin maintenu: aucun gouvernement ne veut payer pour un nouveau stade national

La chronique
  • Nethys: Putsch en bord de Meuse

    N ethys. Pour beaucoup au nord du pays, ce nom reste inconnu. Celui de Publifin l’est sans doute moins, car il est lié au versement de jetons de présence à des mandataires wallons pour leur participation à des comités fantômes. Ce scandale de la gouvernance qui a éclaté il y a trois ans, a pourri la vie politique en Wallonie, mettant particulièrement à mal le PS d’Elio Di Rupo, obligé de jeter deux membres clés hors du parti : Stéphane Moreau, patron de Nethys et bourgmestre d’Ans et André Gilles, président de Publifin et homme fort de la province. L’éviction a fait grand bruit car les deux hommes étaient aussi des membres clés du Club des 5 connu pour décider de tout à la très puissante Fédération liégeoise du PS. L’affaire Publifin/Nethys a donné naissance à une Commission d’enquête et, jumelée à l’affaire du Samusocial, elle a inspiré à Benoît Lutgen (CDH) l’idée d’éjecter les socialistes du pouvoir wallon au nom de la gouvernance.

    Ça, c’est...

    Lire la suite

  • Un scrutin en Israël qui ne résout rien et occulte l’occupation

    Une élection sans vrai vainqueur, cela existe. Les Israéliens viennent de le prouver ce 17 septembre alors qu’ils étaient appelés, pour la seconde fois cette année, fait sans précédent, à élire un nouveau Parlement (Knesset). Les deux principales formations, arrivées à égalité en tête le 9 avril dernier, restent grosso modo sur leurs positions : ni le Likoud nationaliste du Premier ministre Binyamin Netanyahou ni « Bleu et blanc », le parti de centre droit emmené par l’ex-général Benny Gantz, ne font de percée décisive et...

    Lire la suite