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Affaire Veviba: «Du sang vert sortait de la viande», témoigne un ancien ouvrier (vidéo)

Des témoignages accablants mettent en lumière les pratiques frauduleuses qui avaient cours dans l’abattoir Veviba à Bastogne

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 2 min

Le scandale sanitaire qui frappe l’entreprise Veviba n’est pas près de s’éteindre.

Selon des témoignages que « Le Soir » a pu recueillir, l’abattoir bastognard exploité par le groupe flamand Verbist était le lieu de pratiques violant gravement les règles en vigueur dans le secteur de l’agroalimentaire.Un ouvrier de Veviba – qui tient à conserver l’anonymat – explique que le remplacement des étiquettes sur des quartiers de viande périmés faisait partie de son travail quotidien. « Lorsque de la viande initialement prévue pour être conservée pendant deux ou trois ans via congélation arrivait à la date de péremption, une nouvelle étiquette était appliquée pour la prolonger d’un an ».

« Des containers entiers »

« Certains quartiers de viande étaient de couleur verdâtre. Certains quartiers dont l’emballage était endommagé présentaient une viande brûlée. Il en sortait du sang vert. On n’aurait pas voulu donner un tel produit à son chien ».

Selon ce témoignage, « il ne s’agissait pas simplement de palettes, mais de containers entiers ». Pendant des années – mais combien ? – ils ont pris la direction du Kosovo et de l’Afrique.

« Durant les deux années où j’ai travaillé pour Veviba, ajoute l’ancien ouvrier, je n’ai vu passer l’Afsca que trois ou quatre fois dans mon département. Ces contrôles ne duraient guère qu’une dizaine de minutes ».

Des propos semblables ont été recueillis par Bernard Van Wynsberghe. Ce délégué de la CSC Alimentation était persona non grata chez Veviba et n’a jamais pu pénétrer dans les locaux de l’entreprise. « Il y avait des tensions avec les syndicats. Le dialogue social était impossible », explique-t-il. « En revanche, j’ai recueilli des témoignages de personnes travaillant pour Veviba. Des gens étaient tenus de remplacer les étiquettes dépassées. Les ouvriers étaient priés de ne rien jeter. Tout devait être utilisé. Des enveloppes circulaient semble-t-il en fin de mois dans l’entreprise pour un motif qu’il reste à éclaircir. »

 

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0 Commentaire

  • Posté par Giot Francis, vendredi 9 mars 2018, 17:20

    Félicitation à cet employé d'oser dénoncer même si c'est tardivement... Sauf erreur Verbist était déjà cité dans un autre scandale : mafia des hormones ? Ce témoignage montre qu'il y aurait bien eu collusion entre l'AFSCA et l'abattoir et c'est un vrai scandale! Cette entrerpise a touché combien de subsides pour édifier et pour faire fonctionner son abattoir ? Les consommateurs sont toujours les dindons de la farce et la centralité et le gigantisme voulu par les pouvoirs publics conduisent les éleveurs bovins dans des difficultés encore plus grandes que celles qu'ils connaisent déjà. Cet outil de travail devrait être purement et simplement saisi et soit repris par le secteur public soit laissé au mains des travailleurs et des éleveurs. De toutes façons ce ne sera jamais la firme qui indemnisera pour le tort commis envers tout un secteur. Cessons de croire le Ministre Collin qui n'arrête pas d'affirmer que notre agriculture est extensive le plus de moyen va à l'industrialisation; pour lui circuits courts et agriculture bio ne sont que de petites niches commerciales alors qu'elles devraient être la règle.

  • Posté par Lambert Paul, vendredi 9 mars 2018, 17:11

    Restons sérieux, c'est toujours après , que certains employés disent que ...... si je peux comprendre, bien que, un employé actif a difficile à dénoncer las faits, je ne comprends pas du tout qu'un employé n'y travaillant plus ne le fait pas sauf bien plus tard quand l'affaire éclate, et si cette viande est vraiment dangereuse alors il y a non assistance à personne en danger et c'est cela qui est punissable, car si vraiment la viande est vraiment verdâtre et que des liquides verts en coulent , alors.... et le syndicaliste est le même , un cavalier d'Offenbach, toujours toujours après.......

  • Posté par Roland MARTIN, samedi 10 mars 2018, 8:01

    +++ Et ne pas oublier les "règlements de compte" !

  • Posté par Rebts Jean-Louis, vendredi 9 mars 2018, 17:07

    Hormis un commentaire incriminant un syndicat (FGTB), rien qui incrimine le Parti Socialiste, c'est bien, les temps changent.... Quand à voir couler du sang vert, le mec a du se tromper, ce n'est pas l'affaire Roswell...j'ai déjà vu énormément de sang, mais pas du vert.

  • Posté par Echement Marie-anne, vendredi 9 mars 2018, 15:34

    Tous les scandales agroalimentaires proviennent de Flandre ou de flamands attirés par l’appat Du gain , n’oublions pas l’afsca Est dirigée par un flamand qui prie de fermer les yeux pour les grosses sociétés en général flamandes. Par contre le petit producteur wallon est pourchassé par des contrôles inopinés à routes les heures parfois dignes de la guestapo. Croyez moi les règles sont différentes en Flandre et en Wallonie. La aussi les politiques ferment les yeux et sont incapables.Pauvre Wallonie!

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