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France: un père aux assises pour avoir tué six membres de sa famille

Les mois précédents le meurtre, Yassine Mechta reconnaissait fumer dix joints par jour et boire deux flasques de whisky et dix canettes de bière quotidiennement.

Temps de lecture: 3 min

Des troubles psychiques et une vie conjugale émaillée d’addictions et de violences: un père de 35 ans comparaît à partir de lundi devant les assises du Rhône pour avoir tué sa compagne, quatre de leurs enfants et son frère. Le soir du 5 décembre 2015, les pompiers, alertés par les soeurs de l’accusé, sans nouvelles de la famille, intervenaient au domicile de Yassine Mechta, dans le 8e arrondissement de Lyon.

Dans différentes pièces de l’appartement sens dessus dessous, ils découvraient les corps lardés de coups de couteau de Layina, 6 ans, Kaïs, 2 ans, Djalil et Djessym, âgés de 5 et 17 mois. Puis dans la chambre du couple, à la porte défoncée, celui de leur mère, Caroline Geoffroy, 32 ans, dissimulé sous un tas de linge.

Outre trois flasques de whisky vides, les enquêteurs retrouvaient un long couteau de cuisine maculé de sang, tandis que Yassine Mechta restait prostré. Les mois précédents le meurtre, Yassine Mechta reconnaissait fumer dix joints par jour et boire deux flasques de whisky et dix canettes de bière quotidiennement.

Déjà condamné à deux reprises pour des violences sur sa compagne

En garde à vue, il détaillait les meurtres et assurait avoir voulu se suicider à plusieurs reprises, sans y parvenir. Il reconnaissait aussi avoir frappé sa compagne régulièrement parce qu’il était très jaloux et la soupçonnait de le tromper. Caroline était enceinte de moins d’un mois.

L’accusé avait été condamné en 2006 et 2012 pour des violences sur sa compagne. Après sa sortie de prison en mai 2013, le couple avait repris, peu après, une vie commune entrecoupée d’une hospitalisation en psychiatrie pour lui en août 2014.

Altération ou abolition du discernement

Ayant échappé au massacre car hébergé chez des cousins, le fils aîné du couple, alors âgé de 13 ans, confiait aux policiers ne pas être surpris par le meurtre de sa mère.

Les parents de Caroline assuraient pour leur part que leur fille était sous l’emprise de son compagnon, sans emploi, avec qui elle vivait depuis 2002 et dont elle avait peur. Elle avait voulu le quitter maintes fois mais il menaçait de la tuer ainsi que sa famille, selon eux.

Évoquant une «tonalité paranoïaque», les experts psychiatres s’accordent à dire que l’accusé était atteint d’un «trouble psychique ayant altéré son discernement» au moment des faits. Mais ils réfutent l’abolition du discernement car «il n’a pas agi sous l’empire d’une force ou d’une contrainte à laquelle il n’a pu résister».

Ce que conteste, en défense, Me Marina Stefania qui entend plaider le «délire» d’un homme «schizophrène».

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