Les «fake news» se propagent 6 fois plus vite que les vraies informations

Au premier rang des faux contenus les plus viraux, on retrouve les infos politiques. Preuve, s’il en est, qu’elles ont pu influencer la présidentielle américaine...
Au premier rang des faux contenus les plus viraux, on retrouve les infos politiques. Preuve, s’il en est, qu’elles ont pu influencer la présidentielle américaine...

Mauvaise nouvelle : les « fake news » se propagent six fois plus vite que les informations vraies. Voici la principale conclusion de la plus grande étude jamais réalisée sur le sujet, publiée le 8 mars dans la revue Science. Pendant deux ans, six chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT, Cambridge) ont épluché plus de 126.000 histoires, vraies et fausses, partagées plus 4,5 millions de fois sur Twitter, entre 2006 et 2017, par 3 millions de personnes. Six organisations indépendantes de « fact checking » ont validé la véracité de chaque contenu.

Le résultat est décoiffant : globalement, une fausse nouvelle a 70 % de chances en plus d’être relayée en cascade sur Twitter qu’une nouvelle vérifiée. Alors qu’une histoire vraie était rarement diffusée à plus de 1.000 personnes, le petit pour cent de fausses infos les plus virales se propageait facilement à des groupes compris entre 1.000 et 100.000 individus. La vérité mettait six fois de temps à atteindre 1.500 personnes et n’était jamais « retweetée » au-delà de 10 fois, contre 19 fois pour une « fake news ».

Au premier rang des faux contenus les plus viraux, on retrouve les infos politiques, loin devant les contenus scientifiques. Preuve, s’il en est, qu’elles ont pu influencer la présidentielle américaine ou le « Brexit ».

Là où l’étude jette un sérieux pavé dans la mare, c’est sur les responsables de cette propagation à vitesse grand V. Les « influenceurs », ces « twitters » aguerris comptant un nombre impressionnant d’abonnés ? Pas du tout. Les robots ? Non plus. Les chercheurs dédouanent clairement les algorithmes retweetant l’intox de manière automatique au départ de faux comptes. Ce faisant, ils disculpent ces fameuses « usines à trolls » russes souvent pointées du doigt. En réalité, les robots accélèrent bien la diffusion des contenus, mais autant les faux que les vrais. Non, les vrais responsables, ce sont les « gens », les utilisateurs lambda qui, la plupart du temps, agiraient de manière émotionnelle face à des infos leur apparaissant comme plus « originales » ou « nouvelles ».

Neutraliser les robots ne servirait donc à rien. Il faut, plaident les chercheurs, créer « une culture de l’information qui valorise et encourage la vérité ». Cela s’appelle « l’éducation ».

 
 
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