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Affaire Veviba: l’Afsca sous le feu des critiques à la Chambre

Ce lundi, le ministre de l’Agriculture, a annoncé, en commission de l’Agriculture de la Chambre, que des réformes auront lieu au sein de l’Agence Fédérale de Sécurité de la Chaîne Alimentaire.

Temps de lecture: 4 min

Des réformes auront lieu au sein de l’Agence Fédérale de Sécurité de la Chaîne Alimentaire (Afsca) afin de mettre fin à certains «  déficits » en matière de contrôle et de transmission de l’information, a annoncé lundi le ministre de l’Agriculture, Denis Ducarme, en commission de l’Agriculture de la Chambre, au cours d’un débat consacré au scandale Veviba.

«  J’ai constaté un certain nombre de déficits et j’ai le soutien du Premier ministre pour opérer des réformes en cette matière. Nous devons apporter pleinement au consommateur la garantie, le droit d’avoir accès à une nourriture conforme et saine », a déclaré M. Ducarme. Un audit sera mené à cet effet.

Le ministre a retracé devant les députés la chronologie des faits depuis la fin septembre 2016, quand les autorités kosovares ont informé la Belgique d’une saisie de viande fournie par Veviba. Il était alors question d’étiquettes falsifiées. Le 3 octobre, un inspecteur de l’Agence s’est rendu au Kosovo. Un rapport a été rédigé et transmis à la justice le 7 octobre. Une instruction judiciaire a été ouverte. Il a pourtant fallu attendre le 28 février 2018 pour qu’une perquisition de grande ampleur soit menée chez Veviba ; une perquisition qui débouchera sur les mesures sanitaires prises au début mars.

Il est question cette fois de « matériel » impropre à la consommation (plaies saignées et queues) dans des produits destinés à la consommation humaine, de manquements dans l’étiquetage et même de produits congelés depuis 2001. Sur les 2.000 palettes présentes dans un entrepôt, 200 sont contrôlées : 138 sont non conformes.

Des dispositions auraient dû être prises depuis 2016

« Pourquoi aura-t-il fallu au juge d’instruction plus d’un an et demi pour réaliser une perquisition compte tenu de l’information en lien avec la tentative d’exportation de viande avariée au Kosovo ? », s’est demandé M. Ducarme qui vise aussi l’Afsca. «  Les dispositions auraient dû être prises pour que les contrôles soient plus offensifs compte tenu des informations dont on disposait depuis octobre 2016 ».

Dès lors qu’une enquête judiciaire est ouverte, c’est la justice qui gère l’enquête et non plus l’Afsca, a expliqué l’administrateur-délégué de l’Agence, Herman Diricks. Une enquête parallèle aurait pu perturber les investigations judiciaires. L’entreprise de Bastogne a toutefois continué à être contrôlée -de manière inopinée ainsi que l’impose une directive européenne- comme toutes les autres entreprises du secteur. En 2016, elle a subi 12 contrôles au lieu des huit annuels prévus.

Le ministre n’a pas mâché ses mots à l’égard de l’entreprise de Bastogne dont il a stigmatisé les «  pratiques mafieuses ».

L’opposition n’a pas ménagé l’Afsca

L’opposition n’a quant à elle pas ménagé l’Afsca et le ministre. Le ton était à la colère. Verbist, propriétaire de Veviba, est un géant de la viande en Belgique. «  Trente pour cent du système belge est aux mains d’un acteur mafieux et, pendant des mois, des années, cette mafia vend de la viande en Belgique et à l’étranger sans que notre système de contrôle puisse le détecter. C’est inacceptable », a dénoncé Jean-Marc Nollet (Ecolo).

«  La corruption est au coeur de la mafia. Parler de pratiques mafieuses, c’est parler de corruption. C’est un propos lourd de conséquences », a souligné de son côté, Olivier Maingain (Défi) qui a pressé le ministre d’en dire plus.

Le PS a réclamé que l’Afsca passe sous la tutelle de la ministre de la Santé, après cette nouvelle crise sanitaire qui suit celle du fipronil. «  Deux crises sanitaires en 9 mois, ça fait beaucoup », a lancé Daniel Senesael.

L’exposé de l’Afsca a paru indigent à d’aucuns vu la gravité de la situation. «  La personne qui est assise à côté de vous, M. le ministre, vit-elle sur la même planète que les consommateurs et tous les acteurs de la filière ? » a interrogé Michel de Lamotte (CDH) en visant M. Diricks.

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0 Commentaire

  • Posté par Preyat Christian , mardi 13 mars 2018, 17:54

    Si un jour le con-sot-mateur(qui est aussi l'électeur) devient intelligent la terre deviendra le paradis, Amen.

  • Posté par Matthieu Palate, mardi 13 mars 2018, 8:19

    Quand soulignera-t-on un peu plus que l'administration ne fait que suivre les lois et l'orientation donnée par le pouvoir exécutif, c'est-à-dire les ministres? Quand rappellera-t-on que le MR a la tutelle de l'AFSCA depuis plus de 10 ans? Quand dira-t-on que des chaines de magasins de la grade distribution faisait également leur propre contrôle et non rien vu non plus? Quand les politiciens arrêteront ils de rejeter leurs propres fautes (ce sont eux qui décident des lois) sur des fonctionnaires et une agence prise en exemple par de nombreux autres pays de l'UE? Quand soulignera-t-on que, lorsqu'on diminue les budgets, il est difficile d'augmenter les contrôles, ou qu'il n'est pas possible de mettre un contrôleur à demeure dans toutes les installations? Quand regardera-t-on de manière plus générale pour se rendre compte que le principe d'auto-contrôle par l'entreprise est appliqué dans de nombreux autres domaines (pharmaceutique, chimique, aéronautique, ...) sans que cela ne soulève plus d'interrogation que cela? Il est facile de trouver un bouc émissaire en l'Afsca, mais c'est un peu vite oublier tout le reste. S'il doit y avoir un audit, il doit couvrir bien plus qu'une agence qui a agit dans les limites de ce que la loi lui permet.

  • Posté par Preyat Christian , mardi 13 mars 2018, 18:00

    Vous avez très bien résumé la situation; mais tant que l'alternance politique n'est pas décidée par l'électeur, la corruption et la protection des copains sera la règle; pensons prioritairement à l'alternance politique mais demander à l'électeur de devenir intelligent : Bardaf, c'est l'embardée.

  • Posté par Jah Sam, lundi 12 mars 2018, 22:58

    Un élément que la presse mentionne peu est que l’Organisation Mondiale de la Santé en 2015 a classé toutes les viandes transformées comme cancérogène pour l’homme et la viande rouge comme cancérogène probable. Commençons donc par manger beaucoup moins de viande - ce qui réduira l’industrialisation excessive et risquée de ce secteur. http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/cancer-red-meat/fr/

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