Accueil Société Régions Bruxelles

L’enveloppe sociale de l’UE en question

L’Europe est en train d‘élaborer son programme d’aide aux régions pour 2021-2027. Bruxelles-Capitale pourrait être considérée comme trop riche pour conserver ses moyens actuels.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Insertion socio-professionnelle, création de crèches, réaménagement de quartiers prioritaires, etc. Actuellement, un vaste pan des politiques sociales menées par la Région bruxelloise est cofinancé par l’Union européenne, au travers des fonds Feder (Fonds européen de développement régional) et du FSE (Fonds social européen). Sur la période 2014-2020, l’enveloppe Feder, qui a pour objectif de réduire les disparités économiques et sociales entre les régions européennes, atteint 191,5 millions d’euros pour Bruxelles. Celle du FSE représente quant à elle 37,9 millions d’euros pour la même période. Voilà qui est loin de représenter des petits montants pour une Région bruxelloise qui compte fortement dessus, notamment pour financer sa politique d’accompagnement vers l’emploi à travers Actiris et Bruxelles-Formation.

Mais alors que les hostilités ont débuté pour l’élaboration des prochaines enveloppes, qui porteront sur la période 2021-2027, le ministre-président de la Région bruxelloise, Rudi Vervoort (PS), semble quelque peu préoccupé par le sort qui pourrait être réservé à la capitale dans les années à venir. Lui qui déroulait jeudi dernier le tapis rouge à la commissaire européenne à la Politique régionale, Corina Cretu, pour lui prouver que l’argent de l’Union était utilisé à bon escient, craint en effet que Bruxelles ne se retrouve lésée dans les années à venir. C’est que, dans le contexte du Brexit, l’enveloppe globale du Feder pourrait se retrouver sensiblement réduite. De plus, selon les critères en vigueur pour fixer les niveaux de besoins des différentes régions, Bruxelles pourrait être considérée comme « trop riche » pour conserver ses billes.

« Pour Bruxelles, un des critères les plus importants, c’est celui de la cohésion sociale. Sachant que si on s’arrête à des critères purement statistiques, comme le PIB par habitant, ça nous flingue totalement », s’alarme le ministre-président, estimant que la mise à mal de ces ressources financières « sonnerait véritablement comme une catastrophe ». En effet, vu sous la loupe du PIB par habitant, Bruxelles s’en sort plus que correctement. En 2015, elle était à ce titre encore considérée comme la 4e région la plus riche d’Europe. Mais en regardant la situation par l’autre bout de la lorgnette, on observe aussi que la capitale belge et européenne est fortement marquée par les inégalités. Le chiffre est maintenant relativement bien connu : environ un Bruxellois sur trois perçoit un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté.

En conséquence, Rudi Vervoort explique être en train de s’affairer pour plaider la cause bruxelloise là où il peut. Notamment en signant la semaine dernière un accord ralliant Bruxelles à la Cohésion Alliance, un réseau européen des acteurs nationaux, régionaux et locaux plaidant pour « une Europe de la cohésion et du vivre-ensemble ». Mais aussi en menant des opérations de séduction auprès de la commissaire européenne en charge des régions. « L’arbitrage final se fait au niveau de la commission, explique-t-il. La rencontre de la semaine dernière avec la commissaire, c’était pour bien montrer que les projets menés à Bruxelles n’étaient pas décoratifs. » Et le ministre-président de plaider qu’actuellement, Bruxelles-Capitale est la région européenne qui remplit le plus haut taux de conventionnement (95 %) des fonds Feder, ce qui signifie que c’est elle qui alloue le plus effectivement les fonds octroyés à des projets concrets.

Est-ce que ces efforts suffiront malgré tout à assurer un financement stable pour Bruxelles dans les années à venir ? Pour le savoir, rendez-vous en mai, date à laquelle les États membres recevront une proposition sur base de laquelle ils pourront discuter pendant les 9 mois suivants.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

1 Commentaire

  • Posté par Eric Lavenne, mardi 13 mars 2018, 18:01

    Le PIB par habitant est la résultante d'une moyenne ; une médiane à ce niveau serait beaucoup plus "juste" . Malheureusement, les deux données sont falsifiables ,(mais la moyenne davantage que la médiane) il convient donc d'être attentif .Ainsi le PIB par habitant actuel ,n'est absolument pas représentatif du taux de pauvreté ,en la région citée.

Aussi en Bruxelles

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Lesoir Immo Voir les articles de Lesoir Immo