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Les messages d’hommage aux victimes des attentats de Bruxelles sont numérisés

2.500 messages exprimés seront accessibles dès ce jeudi.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

C’est à partir de ce jeudi que les témoignages de soutien aux victimes des attentats de Bruxelles pourront être consultés sur le portail des archives de la Ville de Bruxelles (archives.bruxelles.be). Durant les 10 jours qui ont suivi les attaques qui ont fait 32 morts et 340 blessés, des centaines de messages écrits à la craie, sur du papier ou des morceaux de tissus avaient été déposés devant la Bourse et la station de métro Maelbeek.

La Ville de Bruxelles avait alors décidé de les récolter et de les conserver. Elle avait confié à un photographe la mission d’immortaliser tous ces messages avant qu’ils ne disparaissent ou ne soient emportés. « On sait que les attentats ont marqué Bruxelles, les Bruxellois et même plus largement la Belgique et la communauté internationale. Il était important de pouvoir garder une trace de ce moment de malheur, de tristesse, de barbarie, mais qui a vécu, retrace Karine Lalieux, échevine de la culture en charge de la gestion des archives de la Ville. D’autant que ces témoignages sont tournés vers l’avenir, qu’ils parlent de paix, de vivre ensemble, de dialogue, d’amitié entre les peuples, de philosophie et de religion. Les citoyens ont voulu se tourner vers l’avenir ».

Avant que la pluie ne les emporte

« Dès le jeudi (24 mars, NDLR), on a commencé le travail en photographiant les messages écrits à la craie pour éviter qu’ils ne disparaissent. Effectivement, le vendredi, il avait plu et tout avait disparu, retrace Frédéric Boquet, responsable des Archives de la Ville. On a continué en collectant les papiers, les cartons, les dessins. Parfois les messages se résumaient à trois ou quatre mots ou à un hashtag. On a procédé de la sorte jusqu’au 20 mai, date à laquelle le mémorial a été nettoyé définitivement ».

2.500 messages

Les 2.500 messages numérisés et les 4.000 photos prises sur les deux sites ont ensuite été classés par date et par lieux. Selon les supports sur lesquels ils ont été écrits, une partie des messages apparaîtra également sur les photographies. Mais pas tous.

« Une école, par exemple, avait déposé toute une farde contenant 50 dessins. On a pris une photo de la farde et on a numérisé tout le contenu », explique Frédéric Boquet. Une grande partie des dessins a été réalisée par des enfants. La plupart reprennent des symboles forts liés : l’Atomium, le drapeau belge…

La galerie à laquelle ont aujourd’hui accès les internautes comporte également quelques dessins engagés ou des peintures sur toiles. « Certaines sont de véritables œuvres d’art », souligne encore le responsable des archives.

A partager sans modération

Libres de droits, les messages numérisés pourront être utilisés par les internautes et partagés sur les réseaux sociaux. Les messages compilés, précise Karine Lalieux, pourront également servir de base à d’éventuelles études ou analyses scientifiques, psychologiques ou sociologiques.

Outre les témoignages écrits, quelques objets symbolisant la douleur ou l’espoir, dont des bougies ou des peluches, avaient été récoltés par les employés de la Ville sur les deux sites. Ceux-ci ont été mis à l’abri dans les locaux des archives. Pour l’heure, il n’est pas prévu qu’on les ressorte des cartons pour être exposés même si une toute partie de ces symboles seront également photographiés et postés sur le site. « Nous ne sommes pas allés plus loin que la mission conférée aux archives, qui est une mission de mémoire, d’analyse avec un recul historique », indique l’échevine bruxelloise.

 

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