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Quand Nicolas Sarkozy écartait d’un revers de main tous les soupçons de financement libyen

L’ancien président, entendu par la police anticorruption dans le cadre d’une garde à vue, n’a jamais souhaité répondre sur le fond aux soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007.

Vidéo - Temps de lecture: 3 min

La garde à vue de l’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a repris mercredi matin, après une interruption dans la nuit, dans l’enquête sur des soupçons de financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.

Cette nouvelle étape marque un «  retour aux affaires » de Nicolas Sarkozy, 63 ans, mais à la rubrique judiciaire, titre Libération mercredi. Le Parisien parle du «‘cadeau’ posthume de Kadhafi ».

Elle marque aussi un coup d’accélérateur dans ce dossier tentaculaire instruit par des magistrats du pôle financier depuis près de cinq ans.

Depuis la publication, en mai 2012, par le site Mediapart d’un document libyen accréditant un financement d’environ 50 millions d’euros, les investigations des juges ont considérablement avancé. À chaque fois qu’il a été interrogé sur ces soupçons, Nicolas Sarkozy a méthodiquement rejeté toute faute. L’ancien président préférant clouer au pilori les journalistes d’une part, et un témoin clé de l’affaire, l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine d’autre part.

1.

« C’est grotesque »

Le jour de la publication par le site Mediapart du fameux document libyen, nous sommes en plein entre-deux tours de l’élection, qui oppose le président sortant à François Hollande. Nicolas Sarkozy est invité ce soir-là de TF1. Laurence Ferrari lui pose la première question sur l’affaire. Le président en fin de mandat fait alors ce reproche à la journaliste : « Je suis désolé que vous soyez la porte-parole du fils de Kadhafi ». « C’est grotesque », conclut-il.

2.

« Quelle indignité »

En 2013, une information judiciaire a été ouverte pour enquêter sur le grand soupçon libyen, mais les juges et les policiers travaillent discrètement. C’est finalement la prise de parole publique à l’automne 2016 de Ziad Takieddine, où il s’incrimine en déclarant avoir lui-même remis de l’argent liquide à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy, qui oblige l’ex-président en campagne pour l’investiture de la droite à la présidentielle 2017 à reparler du sujet. Lors du débat entre tous les candidats à la primaire de la droite sur France 2, David Pujadas tente une timide question sur le sujet.

La réponse de Nicolas Sarkozy est restée dans les mémoires : « Quelle indignité ! », s’exclame l’ancien chef de l’Etat français. Nicolas Sarkozy met en cause le service public puis la moralité de Ziad Takieddine, qu’il traite de « menteur ».

Nicolas Sarkozy n’a jamais répondu sur le fond aux accusations dont il fait l’objet dans le dossier libyen. Mediapart rappelle souvent qu’il a fait parvenir à l’ancien champion de l’UMP une liste de 60 questions précises. Le journal en ligne n’a jamais reçu de réponse. Nul doute que la garde à vue commencée ce mardi 20 mars pourra permettre à Nicolas Sarkozy d’apporter pour la première fois sa version des faits aux juges d’instruction.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Delvaux Joelle, vendredi 23 mars 2018, 1:36

    De belles têtes de champions.

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