Financement libyen: mis en examen, Nicolas Sarkozy évoque «un complot»

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Mis en examen dans l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007, Nicolas Sarkozy a invoqué devant les juges l’absence de «  preuve matérielle » et affirmé, ce jeudi, vivre «  l’enfer de la calomnie ». L’ancien chef d’Etat français s’est exprimé ce jeudi soir sur TF1.

« D’abord je veux dire la profondeur de mon indignation. Je ne suis pas ici pour parler de politique, je suis ici parce que je dois aux Français la vérité », explique Nicolas Sarkozy.

L’ancien président a assuré jeudi «  aux Français » qu’il n’avait «  jamais trahi leur confiance ».« Je ne suis pas au-dessus des lois mais je ne suis pas en dessous non plus », précise-t-il.

M. Sarkozy explique les détails de sa garde à vue. « Je n’ai reçu aucun document, j’ai reçu un coup de téléphone et on m’a indiqué que j’étais en garde à vue à 8h du matin et Mediapart était informé 10 minutes plus tard »

« Les faits remontent à 10 ans, je dois avoir dépassé les 150 heures de garde à vue dans tous les dossiers qu’on a montés contre moi. Je ne me suis jamais soustrait une seconde aux obligations de la justice. Qu’est-ce qui pouvait justifier la garde à vue ? », continue-t-il.

« Quel est le candidat, qui n’a jamais vu sa campagne et son financement mis au laser comme moi ? On m’interroge sur ma campagne et son financement de 2007. Entre 2011 et 2013, j’étais déjà interrogé et poursuivi pour ma campagne, alors parce que l’argent aurait été obtenu par abus de faiblesse sur une vieille dame. C’est l’affaire Bettencourt. C’est fini, il y a eu un non-lieu. Maintenant on revient, cette fois-ci, l’argent aurait été extorqué à un dictateur infâme, Kadhafi et non plus à une vieille dame. »

Pendant sa garde à vue, Nicolas Sarkozy explique qu’il a été interrogé sur seulement 38.000 euros, « bien loin des 50 millions d’euros avancés par Mediapart ».

M. Sarkozy a également nié à plusieurs reprises avoir rencontré en 2005 l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine afin qu’il lui remette de l’argent pour le financement de sa campagne. Il admet toutefois l’avoir vu à deux reprises lorsque M. Takieddine faisait la traduction en 2003 et 2004.

L’ancien président confirme qu’il ne peut pas entrer en contact avec Hortefeux et Guéant  : « L’instruction a eu lieu y a 5 ans, si j’avais dû me mettre d’accord avec eux, j’ai eu 5 ans pour le faire. Qu’est-ce qui justifie aujourd’hui que je ne puisse plus avoir de contact avec M. Hortefeux qui est mon ami depuis 40 ans ? », se demande-t-il.

« Si c’est un complot, si Mediapart a servi pendant des années en tant que porte-voix d’un document reconnu comme un faux par la justice, ce ne serait pas un scandale plus grave ? » M. Sarkozy explique que le document dévoilé par Mediapart est probablement faux. Selon lui, il n’a (quasiment) pas été interrogé sur ce document.

Pour finir, Nicolas Sarkozy promet qu’il «  ferait triompher (son) honneur ». «  C’est la France, c’est la fonction (présidentielle) qui est en cause (…) et je ferai triompher mon honneur », a-t-il déclaré en précisant que «  la politique, c’est fini » mais que «  la France, ce ne sera jamais fini » pour lui.

L’ancien chef de l’Etat a été mis en examen pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens », ce qui marque un coup d’accélérateur dans cette affaire instruite par des magistrats français depuis près de cinq ans.

L’ex-président nie les faits qui lui sont reprochés. Sa garde à vue, qui avait débuté mardi dans les locaux de l’office anticorruption (OCLCIFF) à Nanterre, près de Paris, s’était terminée mercredi en fin d’après-midi. Elle a duré en tout 26 heures.

 
 
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