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Biodiversité: la responsabilité, c’est nous

Il faut être gravement myope pour ne pas voir à quel point nos modes de vie sont en contradiction avec les enjeux environnementaux et nos politiques en deçà des urgences.

Édito - Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Une alarme. Une nouvelle alarme. Vendredi, le plus important groupe d’experts sur la biodiversité a remis quatre rapports parmi les plus exhaustifs réalisés sur l’état de la nature et de nos écosystèmes. Ces documents montrent une érosion généralisée du vivant. Ils soulignent que, sans action résolue, les choses vont dramatiquement s’aggraver. La sixième extinction des espèces n’est pas un slogan. C’est une réalité.

Croit-on que ce problème est bénin ? Ce serait la plus incroyable sottise. Pense-t-on qu’il ne s’agit « que » (et pourquoi que ?…) d’un problème d’environnement ? Ce serait la plus profonde stupidité. Mais nos sociétés aiment tant penser « en silo », régler une question à la fois sans se soucier des effets collatéraux. Un tiroir pour chaque sujet ; les sonnants et trébuchants au-dessus… L’économie aux entreprises et aux économistes, la finance aux banques, la technologie aux ingénieurs, la politique aux politiques, l’agriculture aux fermiers et aux agronomes. Quant à l’environnement, que les biologistes, les climatologues, les glaciologues et leurs collègues s’en préoccupent mais qu’ils ne viennent surtout pas empêcher les autres d’aligner leurs picaillons pendant que le silence se fait dans les champs, les forêts et les savanes, pendant que les océans se vident de poissons et se remplissent de plastique.

La biodiversité, comme le changement climatique, est pourtant une question morale et éthique, une question de développement, d’économie, de vies humaines. « La responsabilité, c’est nous », a lancé le ministre français de l’Ecologie Nicolas Hulot dans une saine indignation. Ça tombe bien : si les choses tournent mal (et elles tournent mal), nous en prendrons plein la figure. La responsabilité est dans nos assiettes, dans nos maisons, dans nos loisirs, nos déplacements. Elle est dans nos entreprises, dans les décisions politiques. Enfin, elle devrait…

Il faut être gravement myope pour ne pas voir à quel point nos modes de vie sont en contradiction avec les enjeux environnementaux et nos politiques en deçà des urgences. Qu’on n’incrimine pas le manque d’information : la connaissance est là. Les moyens techniques aussi. Nous n’avons aucune excuse pour ne rien faire. Les seules raisons de traîner les pieds, il faut les trouver dans la course à l’argent, dans la pensée à court terme, dans notre conformisme et dans l’incapacité de beaucoup de politiques à être autre chose que des facteurs d’inertie.

« Tout seul, je n’y arriverai pas », a lancé Hulot aux députés qui l’ont beaucoup applaudi avant de se rasseoir pour continuer à faire comme avant. Il est là le souci : changer. En mieux. Si la population se soucie vraiment de son bien-être et de celui de ses enfants, qu’elle y songe au moment de voter et de faire ses achats. Qu’elle se détourne enfin de ceux qui n’ont que des paroles mielleuses à la bouche mais un bilan aussi transparent qu’un torrent de montagne.

 

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3 Commentaires

  • Posté par stals jean, samedi 24 mars 2018, 14:45

    Nous en Belgique, avec 10 millions d'habitants avec 30.000 km2 de superficie càd rien, il y aurait parait-il plus de 6 millions de véhicules à moteur, et ce n'est pas fini vu la ruée pour l'obtention du permis de conduire...1 milliard de chinois, 1 milliard d'indous, 1milliard d'africains, et des centaines de millions d'autres citoyens voudrais aussi, et n'est-ce pas légitime, accéder au plus vite à nos trains de vie de malade mentaux...Aussi, 95% sinon plus des humains n'en ont strictement rien à foutent de la Biodiversité, de l' Environnement, de la pollution... Les humains n'en ont même rien à foutre de leur alimentation ni même de celle de leur propre enfants, c'est dire si l'extinction de cette sale race qu'est la bête humaine, ce mammifère qui est de fait le seul véritable nuisible qui vit sur la planète terre, est programmée. "L'humanité disparaitra bon débarras" A propos de cet essais d'Yves Paccalet, et depuis que cet essais a été édité en 2006 le seul véritable nuisible vivant sur notre planète çàd nous les "Homo-sapiens", en ce qui concerne la mise à sac de notre Planète nous nous sommes surpassée encore et encore...En effet, il y aura bientôt 5 milliards de smartphones allumés en même temps... les bagnolles sans pilote commencent à écraser les gens... Le grand singe Trump rêve de faire de la Corée du Nord, de la Russie, et de la Chine des nouveaux Hiroshima...Les bookmakers martiens rigolent...

  • Posté par albert vynckier, samedi 24 mars 2018, 12:34

    je lisais un titre: "pourquoi tout le monde fait de la boxe? "et quelqu'un de répondre: " c'est comme le latin". j'en déduis que c'est parce que le latin est proposé à un niveau light que tout le monde en fait comme la boxe. je dois quand même ajouté que du temps du nazisme, tout le monde ou presque votait pour le parti nazi et ce n'était pas une époque de tout repos..enfin ce ne sont que comparaisons...

  • Posté par albert vynckier, samedi 24 mars 2018, 12:36

    quand même ajouter...

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