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Ahmed Laaouej, député fédéral PS: «Il y a un glissement autoritaire du gouvernement fédéral»

Chef de groupe du Parti socialiste à la Chambre, Ahmed Laaouej est ce samedi 24 mars l’invité du Grand oral RTBF/Le Soir sur La Première. Il dénonce une « dérive autoritariste » du gouvernement fédéral, sous l’impulsion du parti nationaliste NVA.

Vidéo - Temps de lecture: 4 min

Le député fédéral socialiste s’exprime d’abord sur les moyens alloués à la justice.

La loi du plus fort

Ahmed Laaouej dit : « Soit on considère qu’on a besoin d’avoir une justice suffisamment équipée et suffisamment financée, soit on considère que ce n’est pas trop grave et finalement la loi du plus fort doit pouvoir prévaloir dans la société. Si vous êtes riche, vous avez les moyens de vous payer un avocat ; si vous êtes pauvre, il faudra prendre votre mal en patience, voire renoncer à faire valoir vos droits. Il est là le choix de société ! »

Et quel impact sur l’indépendance du pouvoir judiciaire ? « Il y a un glissement vers un nouvel ordre politique et économique », répond le député fédéral. «  Le démembrement de la justice en fait partie car elle doit pouvoir contrebalancer l’exécutif qui abuse de son pouvoir. C’est un contre-pouvoir qui est au cœur de la vitalité démocratique. Si vous avez des visées de glissement autoritariste, la justice est encombrante et vous devez la démembrer. Tous les contre-pouvoirs sont dans le collimateur du gouvernement fédéral : les médias, les ONG, la justice, les syndicats… Oui, il y a un glissement autoritaire, un recul des valeurs démocratiques !  ».

Le marché des F-16

Au cœur de l’actualité, le marché de renouvellement des avions F-16 et les documents qui n’ont pas été portés à la connaissance du ministre Steven Vandeput (N-VA). Ahmed Laaouej commente : « Le premier ministre fait une erreur et il joue la montre, celle de la trêve des vacances de Pâques qui approchent. En ne prenant pas immédiatement la mesure de la gravité de la situation et en ne déchargeant pas Steven Vandeput de ce dossier, il endosse et collectivise la responsabilité. Il devrait prendre ses distances vis-à-vis du ministre N-VA ».

Un aveu de faiblesse du ministre N-VA ? «  Oui, il n’est plus à la hauteur des enjeux de la fonction  », répond Ahmed Laaouej. « Il est totalement affaibli, déshabillé. Mais la N-VA s’est habituée à bénéficier d’une forme d‘impunité politique. Dans la tête de Bart De Wever, ses ministres peuvent tout faire et tout mal faire. C’est donc à nous de rappeler à Charles Michel qu’il va lui aussi, à un certain moment, être englué dans cette scandalite à répétitions qui caractérise la pratique politique des ministres N-VA ».

L’avenir du PS

Vice-président de la Fédération bruxelloise du PS, conseil communal à Koekelberg, Ahmed Laaouej fait partie de la nouvelle génération du parti.

Il commente l’épuisement du mouvement socialiste constaté à l’échelle européenne : « Je crois qu’il y a des processus profonds dans la société où la disposition à la solidarité, aux luttes sociales et au combat collectif, s’amenuise et se rétracte au profit d’autres processus comme l’individualisme… On est aussi dans un balancier de l’histoire avec une avancée néolibérale à tous points de vue ».

Mais il nuance, avec cet espoir pour sa formation : «  En même temps, on est peut-être aussi au début d’un processus de reconquête de la gauche.  »

Et le PTB ? « Fondamentalement, ce parti n’a pas pour ambition de transformer la société en participant au processus démocratique. C’est la grande différence avec nous qui croyons au processus parlementaire », répond Ahmed Laaouej.

Reconquête, avec Elio Di Rupo, président du PS ? « Nous avons en face de nous un gouvernement des droites qui, comme un bulldozer, a réussi à mettre à mal les fondamentaux qui font que nous vivons en Belgique avec un niveau de vie et de bien-être qui nous est envié à travers la planète. Notre parti est mobilisé autour de notre président, élu au suffrage universel, et qui est le bon capitaine », conclut Ahmed Laaouej.

L’interview d’Ahmed Laaouej a été réalisée par David Coppi, journaliste politique au journal Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de la rédaction de La Première/RTBF.

 

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35 Commentaires

  • Posté par Stenuit Fernand, samedi 24 mars 2018, 21:20

    Ach mec ! qu'est ce que tu racontes comme conneries . Le PS n'est pas un parti , mais une association de copains en vue de s'enrichir sur le dos des pauvres qui les écoutent sans comprendre .

  • Posté par Christian Radoux, samedi 24 mars 2018, 22:40

    Entièrement d'accord avec le constat actuel. Mais j'aurais plutôt dit "n'est plus" un parti. Que l'épouvantable mafia P$/ franc-maq d'aujourd'hui ose se réclamer à la fois des héros du socialisme et de la libre pensée (pléonasme !) des origines est une escroquerie qui fait injure à ces grands hommes et femmes. Vous imaginez Jaurès croisant Mayeur !...

  • Posté par Van Obberghen Paul, samedi 24 mars 2018, 13:53

    Où l'on voit bien que le PS n'a toujours pas digéré d'avoir été évincé du pouvoir au Fédéral et en Wallonie. L'indigestion perdure et elle se marque par des attaques continuelles faiblement argumentées et exemptes de propositions. Ça n'est pas en faisant le Caliméro que le PS pourra reconquérir son cher électorat perdu, mais en aillant une réelle stratégie de propositions réellement progressistes et qu'il ne s'agisse pas des éternelles vielles recettes de la gauche gauchiste datant du 19e siècle dont l'histoire démontre qu'elles ne marchent pas ou mal. Mais de ce côté, cela reste un grand silence. Par ailleurs, s'il y a un glissement autoritaire du gouvernement, c'est parce que la population a enduré des décénies de laxisme de la gauche, où qu'elle soit, et qu'il faut bien resserrer tous les boulons que le PS a laissés partir en sucette. Sans même parler de toutes les affaires dans lesquelles le PS est trop souvent fortement impliqué. Ils ont beau répéter qu'il ne s'agit que de quelques pommes pourries, tout le monde sait bien qu'il s'agit d'un problème systémique. Un système de copinnage, d'entre-soi et de partage du gâteau mis en place depuis des décénies par le PS et dont la population commence à se lasser. Alors, le PS fait peut-être le ménage, mais comment ne pas se rappeler du "J'en ai marre des parvenus" d'Elio di Rupo qui est au final resté lettre morte?

  • Posté par Taverne Henry, samedi 24 mars 2018, 19:52

    Incompréhensible . . . que des Wallons n’ont pas encore compris que les parvenus de Élio sont toujours présents dans ce parti des « affaires »

  • Posté par Claude Michel, samedi 24 mars 2018, 14:04

    Je souscris totalement au contenu du message précédent ! On en veut plus des socialos et Monsieur Laaouej devient fatiguant en tirant sur tout ce qui bouge au Gouvernement. Rendort toi Laaouej !

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