Voici (enfin) RTL Play, la télé en rattrapage de la chaîne privée

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Si vous êtes plutôt du genre couche-tôt, vous avez peut-être pris l’habitude de ne plus rester scotché devant votre petit écran après 22h. D’autant que les possibilités de séances de rattrapage se multiplient, grâce, essentiellement, aux fonctionnalités de « replay » proposées via la « box » de votre distributeur (Proximus, Voo, Telenet…). Assurément, même si elle séduit encore 90 % des Belges, la bonne vieille télévision linéaire (où l’on regarde en direct ce que l’on nous propose), perd du terrain. Mutation numérique oblige, l’heure du « rattrapage » semble avoir sonné. Aux Etats-Unis, où les habitudes de consommation audiovisuelle ont pris trois longueurs d’avance (surtout pour la tranche des 24-35 ans), les programmes en direct ne représentent plus que 39 % du temps passé devant la télé.

Il y a pile poil deux ans, la RTBF a été la première à dégainer sa propre plate-forme de vidéo à la demande, via le site Web rtbf.be/auvio ou l’application pour smartphone. Auvio s’est, depuis, solidement bien incrustée dans le paysage : plus de 100.000 Belges s’y connectent quotidiennement. Et chaque mois, 7,25 millions de contenus y sont consommés. A titre d’exemple, Auvio pesait 27 % de l’audience totale du premier épisode de la série maison Unité 42. Une performance appréciable sachant que d’autres acteurs tentent par tous les moyens de squatter l’espace numérique, à commencer par Netflix ou Amazon.

RTL se lance

Et RTL ? Rien, si ce n’est un site « Vidéo RTL » assez peu performant en termes d’expérience utilisateurs. « En six mois, on aura récupéré le désavantage compétitif par rapport à la RTBF », nous certifiait Philippe Delusinne, CEO de RTL Belgium, dans un entretien au Soir en septembre dernier. Pari tenu, six mois plus tard, le bébé est (enfin) né. Son nom : « RTL Play ». En clair, depuis ce lundi, il est donc désormais possible de regarder Grey’s Anatomy, gratuitement, en différé sur son smartphone.

« Aussi simple à utiliser qu’une zappette », précise-t-on chez RTL, la plate-forme est accessible via une application mobile (iOS ou Android) ou sur PC, en se rendant sur le site rtlplay.be. Une fois enregistré (un simple mail et un mot de passe), le service donne accès à la quasi-totalité des contenus des 3 chaînes (RTL TVi, Club RTL et Plug RTL) ainsi qu’aux radiovision de BelRTL, Contact et Mint. Si ce n’est quelques programmes pour lesquels les droits n’ont pas été acquis par la chaîne privée, tous les contenus sont concernés (émissions, séries, magazines…), ainsi que certains live de RTL Sports. « Des contenus originaux, réservés à RTL Play » devraient également faire leur apparition. Dans les prochaines semaines, de nouvelles fonctionnalités enrichiront encore l’expérience, comme la portabilité (qui permettra, comme le propose déjà Auvio), de visionner ses programmes depuis l’étranger.

Gratuit

Gratuite, la plate-forme sera monétisée grâce à la publicité. « Pas de bannières intrusives, mais des spots intégrés aux contenus, comme à la télévision », précise-t-on chez RTL, qui laisse entendre que la « pression publicitaire » pourrait être sensiblement moins élevée. Ceci étant, l’enjeu, pour la chaîne privée, est sans ambiguïté : consolider les audiences linéaires et non linéaires de RTL Play. Et remuscler sa force de frappe sur un marché publicitaire belge désormais investi par TF1. En cela, RTL Play est aussi une manière de rappeler que le plan #Evolve n’est pas qu’un plan de restructuration (qui vient de solder par le départ de 88 employés).« Ce nouveau service est au cœur de notre transformation digitale avec son site d’info », nous dit Stéphane Rosenblatt, directeur de la télévision de la chaîne privée.

L’investissement n’est d’ailleurs pas mince, insiste-t-il, sans en dévoiler le montant. Pour le concrétiser, RTL Belgium a néanmoins pu profiter d’économies d’échelle en s’appuyant sur l’application lancée il y a 18 mois par sa cousine M6 (filiale française de RTL Group). « Mais, nous conservons 100 % de notre indépendance éditoriale et la gestion totale de nos contenus », insiste bien Stéphane Rosenblatt. Ce dernier reste donc très serein par rapport au retard, de deux ans, par rapport à l’arrivée d’Auvio. « La question n’est pas de savoir si nous sommes trop tôt ou trop tard. L’enjeu, c’est d’être là au bon moment », argumente Stéphane Rosenblatt. Et le bon moment, c’est celui où les modes de consommation, la technologie, (et le marché publicitaire), sont à maturité.

La portabilité pour «bientôt»

Par Ph.L.

On ne rattrape pas deux ans de retard d’un coup de cuiller à pot. Au moment-même où RTL présentait son nouveau bébé, le site de la RTBF ne manquait pas d’ailleurs pas de le rappeler en re-publiant un article vantant tous les mérites de son application Auvio. Et parmi eux : la portabilité numérique. Depuis une semaine, la chaîne publique permet en effet à ses utilisateurs d’accéder à tous les programmes depuis leur lieu de vacances, dans un des pays de l’Union européenne. Pour rappel, ce sera également le cas, dès le 1er avril, pour tous les services numériques payants, comme BeTV, Voo ou Proximus TV. « Le développement est en cours », rassure-t-on du côté de RTL. Pour des questions de droits d’auteur, la directive européenne impose en effet des mécanismes de vérification garantissant que l’utilisateur n’est pas en séjour permanent à l’étranger. Ce qui empêche, par exemple, un Belge de s’abonner à Canal+ France. Où à un exilé belge sur la Costa Brava d’accéder à RTBF Auvio.

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