Charleroi: un banc d’essai au CHU en alternative à l’expérimentation animale

Les chercheurs ont développé un banc d’essai qui reproduit les conditions dynamiques du système vasculaire afin d’étudier les flux sanguins dans les anévrismes cérébraux.
Les chercheurs ont développé un banc d’essai qui reproduit les conditions dynamiques du système vasculaire afin d’étudier les flux sanguins dans les anévrismes cérébraux. - D.A.

C’est l’aboutissement d’un projet de recherche lancé voici dix ans : l’Office européen des brevets vient de valider l’appareil mis au point par le service Fluides-Machines de l’UMons (Pr Gregory Coussement) et le laboratoire de médecine expérimentale de l’ULB (unité 222, Pr Karim Zouaoui Boudjeltia et Dr Kamil Chodsynski) installé au CHU de Charleroi. Le brevet couvre le territoire belge mais également la France, la Suisse, le Liechtenstein, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Pour reproduire les conditions dynamiques du système vasculaire, les chercheurs ont conçu et développé un banc d’essai qui offre une alternative à l’expérimentation animale. Comme l’explique le Pr Zouaoui Boudjeltia, « il va permettre entre autres l’étude des flux sanguins dans les anévrismes cérébraux, reconstitués à partir d’images en 3D de patients. » Quels effets le traitement des anévrismes a-t-il sur ces flux ? Comment évoluent-ils ? « Ce sera un autre domaine d’observation médicale. Enfin, l’appareil servira à tester de nouveaux médicaments et prothèses en conditions réelles, en dehors du corps humain. »

Financement par le mécénat et la Région wallonne

Alimenté par un mécanisme de double pompe de haute précision, le système propulse le fluide dans des vaisseaux sanguins en silicone, la fréquence des pulsations et leur intensité sont réglables : ce programme de recherche a bénéficié de financements provenant à la fois du mécénat et de la Région wallonne, dans le cadre du plan Marshall. Selon les données épidémiologiques, de 2 à 5 % de la population adulte développe un anévrisme cérébral au cours de la vie. Et dans 5 % des cas, ces patients sont victimes d’une rupture pouvant conduire à la mort ou à une invalidité importante. En cas d’intervention clinique, le traitement adapté est soit chirurgical, soit endovasculaire (à l’intérieur des vaisseaux), la stratégie étant liée à la nature même de l’anévrisme, de sa localisation et de ses caractéristiques morphologiques. « Le banc d’essai va contribuer à l’amélioration des connaissances des interactions sang-vaisseau-anévrisme, comme de certains mécanismes biologiques très fins », poursuit le professeur.

Plusieurs modèles de l’appareil ont été développés : dans le cadre du programme de recherche en micropesanteur de l’Agence spatiale européenne, un prototype embarquera ainsi dans un avion pour un vol parabolique (collaboration avec le Pr Frank Dubois, Microgravity Research Center, ULB). Objectif : étudier le rôle de la force de gravité sur le comportement des cellules sanguines dans les anévrismes cérébraux mais également dans des artères normales. Cela en vue des missions spatiales de longue durée qui conduiront les hommes vers d’autres planètes de notre système solaire.

Unité 222

Par Didier Albin

Installé sur le site de l’hôpital André Vésale (CHU de Charleroi) à Montigny-le-Tilleul, l’unité 222 du laboratoire de médecine expérimentale de l’ULB regroupe une équipe de cliniciens et de chercheurs belges et étrangers en interaction constante.

Les sujets de leurs recherches sont choisis en accord avec les cliniciens, souvent au départ de leurs observations ou de leurs questionnements : ils concernent les mécanismes des maladies, les diagnostics ou la thérapeutique.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous