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Un coffret Napoléon III à 27.500 livres sterling

Le 14 mars, la vente « Private & Noble Collections », chez Christie’s à Londres, a permis d’observer quelques prix remarquables pour des objets qui le sont tout autant…

Temps de lecture: 2 min

Durant une bonne partie du XIXe siècle, la Maison Alphonse Giroux à Paris fut une référence incontournable dans la création de toute une série d’objets pouvant faire office de cadeaux aussi luxueux que distingués, à destination de la bourgeoisie comme de la plus haute aristocratie. Parmi les plus célèbres faits d’armes de cette enseigne fondée vers 1799, l’on retiendra ainsi le petit carrosse en or tiré par quatre chevaux en nacre que ses ateliers produisirent en 1824 pour le compte de Louis XVIII, afin d’honorer les « enfants de France » (c’est-à-dire ceux du duc de Berry). Une pièce tout en délicatesse qui est aujourd’hui conservée au Musée Carnavalet à Paris.

C’est suite au dépôt en 1818 d’un brevet pour un jouet d’un tout nouveau genre, le fameux kaléidoscope pour lequel des générations d’enfants se passionneront, que les activités de l’entreprise familiale prirent un premier essor important. Spécialisée à l’origine dans le commerce de papier, objets de fantaisie et autres fournitures artistiques, cette dernière s’orienta ensuite vers l’ébénisterie et la tabletterie. L’affaire se développa sous l’impulsion particulière d’Alphonse-Gustave Giroux qui, en 1838, en reprit les rênes avec son frère André (Prix de Rome en 1825, il devint ensuite un pionnier de la photographie).

Vers 1860, soit après son déménagement au 43 boulevard des Capucines, la Maison Alphonse Giroux produisit ce fastueux coffret en marqueterie Boulle, qui vient d’être adjugé le 14 mars à Londres chez Christie’s lors de la vente Private & Noble Collections. Grâce à la couronne impériale de Russie ornant son couvercle, l’on comprenait tout de suite qu’il s’agissait d’une réalisation pas comme les autres. De fait, le commanditaire de ce coffret destiné à la pratique de la peinture (et à la valeur estimée entre 20.000 et 30.000 livres sterling) ne serait autre que le tsar Alexandre II en personne ! Selon Christie’s, il en aurait vraisemblablement fait cadeau à son fils aîné, le tsarévitch Nicolas Alexandrovich, surnommé « Nixa », qui était assez versé dans la pratique des beaux-arts.

Malheureusement, notre jeune artiste amateur devait décéder seulement quelques années plus tard, des suites d’une méningite… C’est alors son frère cadet, le futur Alexandre III de Russie, qui aurait hérité de ce coffret de peinture avant qu’il passe (selon la légende) entre les mains d’Anna Jay, l’épouse du diplomate allemand Hans Lothar von Schweinitz et petite-fille de John Jay, l’un des pères fondateurs des États-Unis.

Le 14 mars, une livre valait 1,13 euro.

 

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