À Namur, un accueil de jour pour les sans-abri

L’accueil de jour sera situé à la rue Saint-Nicolas, dans un bâtiment laissé à l’abandon.
L’accueil de jour sera situé à la rue Saint-Nicolas, dans un bâtiment laissé à l’abandon. - D.R.

Attendu depuis longtemps, un lieu d’accueil pour sans-abri devrait ouvrir ses portes avant l’hiver à Namur. Il sera situé rue Saint-Nicolas et bénéficie d’un impressionnant don d’un Bruxellois.

Cela fait plusieurs années que le milieu associatif namurois souhaitait un lieu qui permettrait d’accueillir les personnes sans domicile, et encore plus depuis la polémique autour du règlement anti-mendicité de cet été.

Ces associations devraient donc être ravies. Derrière ce projet, on retrouve l’ASBL Educ’Actions. « Tout est prêt !, nous explique son directeur, Robert Bourgeois. Nous avons trouvé un endroit, nous avons déjà des plans et un cahier des charges réalisé par un architecte bénévole. Toutes les conventions de location sont également prêtes, nous attendons juste la signature du CPAS. »

Un don incroyable

En effet, le lieu choisi est un « chancre », aux dires du directeur, situé au numéro 78 de la rue Saint-Nicolas, où se trouvait auparavant « L’Outil », une entreprise de formation par le travail du CPAS qui, entre autres, réparait des vélos. « L’endroit est à l’abandon depuis quelque temps et notre ASBL est, elle, située au numéro 84 de la même rue, donc c’était tout trouvé. »

Si ce projet a pu voir le jour, c’est grâce à un mystérieux investisseur privé qui souhaite garder l’anonymat. « Un homme de Bruxelles, interpellé par les actions et événements organisés par notre ASBL, a souhaité nous rencontrer en décembre, raconte le directeur. Nous lui avons parlé de remettre en ordre ce chancre. Après quelque temps, il nous a contactés pour nous annoncer qu’il financerait les travaux, mais également cinq ans de loyer et de salaires pour une équipe d’accompagnement social. »

Le montant de ce don n’a pas été communiqué, mais il devrait s’agir de plusieurs centaines de milliers d’euros, voire encore plus.

Un beau cadeau qui attire les jalousies. « Certaines associations nous envient, mais ce monsieur ne finance que ce projet. L’ASBL ne touche pas 1 euro. Ensuite, je pense que ce lieu d’accueil profitera à tous les professionnels du milieu social de Namur. »

Robert Bourgeois ne souhaite pas appeler cet établissement abri, mais plutôt accueil de jour. « Il s’agira d’un lieu d’excellence, digne et destiné aux sans-abri, il y aura des divans, des douches, de quoi se détendre et boire une tasse de café, mais tout le monde y sera le bienvenu. Il y a beaucoup de foyers en situation précaire dans ce quartier. »

Les soutiens bienvenus

Educ’Actions préfère attendre d’ouvrir ce lieu d’accueil avant d’y programmer des animations. « Nous ne voulons pas embêter les gens qui viendront, mais nous serons à l’écoute de leurs souhaits et organiserons événements et animations en fonction. »

Pour cela, l’ASBL aimerait d’ailleurs collaborer avec le Relais social urbain namurois et d’autres acteurs du milieu social de la ville. L’association s’affirme apolitique, mais est prête à recevoir de l’aide de toutes parts pour ce projet. « La députée Eliane Tillieux va organiser un repas dont les bénéfices seront reversés au projet. Toute forme de soutien est la bienvenue. »

Le projet est donc en bonne voie sur de nombreux points. Il n’y a donc plus qu’à attendre la signature des propriétaires des lieux.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Les offres de service des libéraux francophones
: «
plus qu’une demande, moins qu’un chantage
»
?

    Négociations: tout le monde freine, même à Bruxelles

  2. ©News

  3. d-20171004-3H7GND 2019-07-11 06:57:30

    Les aides publiques aux aéroports régionaux dopent Ryanair… et les émissions de C02

Chroniques
  • Vous avez de ces mots: un ostracisme façon {beulemans}

    Un bruxellois mythique

    Zinnekes de tous poils, kiekefretters de toutes plumes, ne m’en veuillez pas de dire tout droit dehors ce que je pense : le parler bruxellois n’est pas une langue. Je veux dire : il n’est pas une langue reposant sur un système linguistique partagé par une communauté de locuteurs, comme le français ou le wallon. Il fait partie de ces codes mixtes, tels le camfranglais ou le francolof en Afrique, qui varient sensiblement d’un locuteur à l’autre.

    Mais qu’est-ce qu’il raconte, ce zievereir ? Pas une langue, mon bruxellois ? Qu’est-ce que moi je te cause alors ? Qu’est-ce que tu fais avec les Fables de Pitje Schramouille ? Les Flauwskes de Jef Kazak ? La Famille Kaekebroek ? Les marionnettes de Toone ? Et Le mariage de Mlle Beulemans, ça n’est pas du spek pour ton bec, peut...

    Lire la suite

  • Gouvernements escargots

    Cette semaine, si tout va bien, le nouveau gouvernement bruxellois devrait voir le jour. C’est une prouesse en soi : la formation de l’exécutif de la capitale aura nécessité l’accord de six formations politiques, trois francophones et trois néerlandophones, et, dans le débat politique belge, Bruxelles est une Région qui cristallise souvent les tensions entre les premiers et les seconds. Un vrai gouvernement belge, en quelque sorte. Oui, c’est possible. Les Bruxellois entendent depuis quelques jours déjà parler de mobilité, de logement...

    Lire la suite