Grande Région: anticiper les flux transfrontaliers

Les différents partenaires et pouvoirs subsidiants espèrent trouver certaines solutions à la saturation transfrontalière du trafic.
Les différents partenaires et pouvoirs subsidiants espèrent trouver certaines solutions à la saturation transfrontalière du trafic. - L. T.

Le projet Mmust (Modèle multimodal et scénarios de mobilité transfrontaliers) est un projet ambitieux de simulation des déplacements. Il constitue une première européenne sur quatre frontières et veut apporter des solutions à la saturation actuelle des autoroutes et trains en Lorraine Nord, Luxembourg et le sud de la Wallonie. Désormais, 23 partenaires transfrontaliers vont se pencher sur cette problématique et tenter de trouver des solutions en la matière.

D’ici vingt ans, les spécialistes prévoient qu’il devrait y avoir environ 260.000 travailleurs transfrontaliers qui passeront la frontière chaque jour, dont 40.000 Belges. Inutile de préciser qu’il faut impérativement trouver des solutions pour éviter le chaos sur les routes ou gares luxembourgeoises, belges ou françaises. C’est ainsi qu’est né le projet Mmust (Modèle multimodal et scénario de mobilité transfrontaliers), qui fait partie du programme européen Interreg Grande Région et qui est cofinancé grâce au fond Feder (Fonds européen de développement régional).

En résumé, c’est un programme informatique censé modéliser les flux de déplacements dans la Grande Région. « Ce projet a pour ambition d’apporter des solutions à la saturation actuelle des autoroutes et des trains en Lorraine Nord, au Luxembourg et dans le sud de la Wallonie. Il est développé par 23 partenaires, dont notamment les Universités de Namur et de Liège dans votre pays. Mmust, c’est un modèle à construire entre nos trois Etats. Il doit nous permettre de connaître la réalité des choses. De prévoir les flux futurs et leurs impacts. Et donc d’améliorer nos prises de décisions d’ici trois, quatre ans », précise Stéphane Godefroy, chargé d’études Mobilité pour l’Agape, l’agence d’urbanisme Lorraine Nord.

Ainsi, Mmust donnera une prévision des déplacements et de la circulation de demain. Un modèle de référence unique et commun aux trois pays. Chaque partenaire a son rôle à jouer. « Notre université devra récolter des données sur les préférences déclarées des usagers de l’ensemble de la zone transfrontalière. Nous leur demanderons de donner un avis sur des scénarios futurs de mobilité (nouveaux modes de transport comme les véhicules autonomes, nouvelles politiques tarifaires, covoiturage, télétravail, etc.) », explique Eric Cornelis, professeur à l’Université de Namur. En pratique, ce sont quand même 2,9 millions d’euros qui seront alloués à ce projet. Et hormis des enquêtes ou autres études, on n’a pas vraiment encore eu ou vu de concret dans ce projet durant la présentation faite mardi dernier. D’où certaines interrogations. « Si on doit attendre trois, quatre ans avant de voir les pouvoirs politiques prendre une décision pour améliorer nos conditions de circulation, on n’est pas encore sortis de l’auberge. Pour moi, c’est une perte de temps. Et que d’argent gaspillé ! On connaît déjà les causes de la congestion sur nos routes. Il fallait plutôt proposer du concret et apporter des solutions maintenant. Pas dans quelques années. Ce sera trop tard… », note Patrice, un informaticien belge qui est confronté chaque jour au trafic dès qu’il arrive à Sterpenich.

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