Un mastaba de 410.000 barils

Christo, «
The Mastaba
».15.000-25.000 euros. © D.R.
Christo, « The Mastaba ».15.000-25.000 euros. © D.R.

Les ventes publiques sont, comme leur nom l’indique, accessibles à tout un chacun, ne fût-ce que pour le plaisir des yeux et de la découverte. La vente d’avril de la maison française installée à Bruxelles depuis quelques années a un côté prestigieux par la présence d’œuvres et de mobilier d’artistes d’envergure internationale, de Haring à Arroyo ou Christo en passant par les Belges Alys, Quinze ou Wery et, côté mobilier, avec Perriand, Prouvé ou Nakashima.

Jan Fabre, «
The Mask
», 120-180.000 euros. © D.R.
Jan Fabre, « The Mask », 120-180.000 euros. © D.R.

Fabre

Dans cette manne, puisons quelques pièces en guise d’amorce à une découverte plus approfondie. Tout d’abord, et parce qu’il figure en couverture du catalogue, cet impressionnant « Masque » de Jan Fabre, une pièce unique réalisée en 2010, composée d’ailes de coléoptères disposées sur un très grand panneau, portant une estimation de 120-180.000 euros.

Aux yeux de l’artiste, outre son rôle de matériau magnifié par la couleur, le scarabée est l’image même de la transformation et métaphoriquement, il marque le passage de la vie à la mort et surtout de la mort à la vie, prenant ainsi une importance capitale dans son œuvre, comme dans l’histoire des grands mythes de l’humanité. Cette passion pour les insectes lui viendrait de l’entomologiste français Jean Henri Fabre dont il pourrait être un des descendants…

Toujours est-il que Fabre développe une observation et une analyse du monde des insectes et plus particulièrement du scarabée, insecte roi de l’Egypte antique et fétiche de l’artiste. Il crée avec leurs carapaces des sculptures anthropomorphes : mystérieuses silhouettes d’anges évidées, chevaliers en armure à tête de lièvre, frocs de moines… Une de ses plus célèbres pièces est le plafond de la salle des glaces du palais royal de Bruxelles, qu’il a recouvert de 1,4 million de carapaces de scarabées !

Pierre Klossowski, «
Le Baphomet au moment voulu
», 1982. 40.000-60.000 euros. © D.R.
Pierre Klossowski, « Le Baphomet au moment voulu », 1982. 40.000-60.000 euros. © D.R.

Christo, Klossowski ou Pistoletto

De Fabre, on passe à Christo avec une technique mixte de 2012 de son « Mastaba », un projet dessiné pour Abu Dhabi. Cette pièce unique d’une œuvre non réalisée à ce jour, est attendue autour de 15-25.000 euros.

Cette démarche correspond à celle développée habituellement par Christo et Jeanne-Claude pour financer leurs interventions in situ, qui sera dans ce cas leur unique œuvre monumentale permanente. Ses prémisses remontent à 1977 et renouent avec leurs premières interventions à base de barils de pétrole. Ici cet élément sera dans son environnement, sous une forme habituelle dans la région puisqu’il s’agira d’un mastaba composé de 410.000 barils multicolores rappelant l’architecture islamique à une échelle gigantesque : Christo parle d’une structure plus grande que celle de la pyramide de Chéops !

La couleur et l’emplacement des barils en acier de 55 gallons ont été choisis par Christo et Jeanne-Claude en 1979, l’année où les deux artistes se sont rendus aux Émirats pour la première fois. Ils y sont retournés bien des fois depuis… mais leur projet n’est devenu techniquement réalisable que récemment.

Quantité d’autres artistes devraient séduire comme Klossowski dont deux dessins de grandes dimensions aux sujets érotico-sado-philosophiques greffés de références littéraires sont proposés autour des 50.000 euros (l’un d’eux, le mystérieux « Baphomet au moment voulu » renvoie à un de ses romans). On peut aussi citer Raymond Hains, Pistoletto ou Roman Opalka (avec une carte de voyage de 1965 composée d’une suite de chiffres, à prendre pour 50-70.000 euros).

 
 
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