Fusillade: YouTube avait cessé de rémunérer Nasim Aghdam

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Sa famille n’avait décelé aucun signe de violence chez Nasim Najafi Aghdam. Pourtant, les réseaux sociaux dépeignent un tout autre portrait de l’auteure de la fusillade, qui a fait trois blessés, dont un grave, au siège de YouTube, ce mardi. Nasim Aghdam, elle, s’est suicidée.

Agée de 39 ans, Nasim N. Aghdam ne cachait pas sa haine à l’égard YouTube. Ses proches le savaient et en auraient averti les policiers au moment de signaler sa disparition quelques jours plus tôt.

Dans une vidéo, publiée en janvier 2017, la trentenaire, résidant à San Diego, évoquait sa sensation d’être « discriminée et censurée par YouTube ». La censure ? Une limite d’âge imposée à ses vidéos en raison de leur caractère jugé trop « osé », selon des propos rapportés par NBC Bay Area, qui cite Nasim Aghdam : « YouTube ne limite pas l’accès aux vidéos des stars telles que Miley Cyrus et Nicki Minaj, dont les contenus sont aussi inappropriés aux enfants ».

D’après le quotidien local San Jose Mercury News, Ismail Aghdam, le père de N.N Aghdam, aurait indiqué qu’outre la censure dont sa fille se disait être victime, elle déplorait aussi que YouTube ait arrêté de la rémunérer pour ses vidéos. Des vidéos postées en anglais, en turc et en persan, la langue officielle de l’Iran, pays d’où la famille avait émigré en 1996.

Une amoureuse des animaux

Nasim Najafi Aghdam était végane et militait en faveur du bien-être animal. En 2009, elle dénonçait l’utilisation de porcs dans le cadre d’exercices militaires, aux côtés de membres de l’ONG « People for the Ethical Treatment of Animals » (PETA).

Selon NBC Bay Area, en 2014, la YouTubeuse aurait posté une vidéo dans laquelle apparaissait sa voiture, la même retrouvée ce mardi, au siège de YouTube, vandalisée par des militants « anti-végan » en raison de la présence d’un sticker stipulant : « La viande est un meurtre » (« meat is murder »).

C’est dans cette voiture que la police locale a découvert une femme, répondant au nom de Nasim Aghdam, ce mardi au petit matin, endormie au volant de son véhicule. La future auteure des tirs s’était assoupie sur un parking, à Mountain View, situé à 48 kilomètres des bureaux de YouTube, à San Bruno.

3 blessés, dont un toujours dans un état critique

En début d’après-midi, ce même jour, N.N. Aghdam pénètre dans les locaux de YouTube, armée d’un 9 millimètres. Une fois dans le patio, elle tire sur trois personnes : un homme, âgé de 36 ans, qui se trouve actuellement dans un état critique, une femme de 32 ans, dans un état grave, ainsi qu’une autre femme de 27 ans, dont l’état est stable. Une autre victime, parvenant à prendre la fuite, s’est blessée à la cheville. L’assaillante s’est ensuite suicidée.

Les raisons d’un tel acte ? Sa rancœur contre YouTube ? Ses positions politiques ? Pour l’instant, l’enquête débute tout juste. Elle visera à déterminer les motivations de l’assaillante. Autres questions en suspens : comment Nasim Najafi Aghdam est-elle parvenue à s’introduire dans les locaux de YouTube, habituellement fermés au personnel non autorisé ? Nasim Aghdam connaissait-elle les victimes ? Les enquêteurs ont avancé la piste d’un différend d’ordre privé avant que le chef de la police de San Bruno n’indique « qu’à ce stade, aucun élément ne permet d’affirmer que l’auteure des faits connaissait les victimes ou qu’elles étaient spécifiquement visées ».

3,8 % de femmes auteures de fusillade

Une femme, auteure d’une fusillade, le fait est rare. Selon une étude du FBI, sur 160 fusillades répertoriées entre 2000 et 2013 aux Etats-Unis, six ont été perpétrées par des femmes, soit 3,8 %.

Donald Trump a très vite réagi sur Twitter après la fusillade : « Nos pensées et prières vont à toutes les personnes impliquées », a publié sur Twitter le président américain, en saluant le travail des services de police et d’urgence.

Pour sa part, Sundar Pichai, le PDG de Google, a immédiatement tenu à adresser son soutien à ses employés : « Je sais que beaucoup d’entre vous sont en état de choc à l’heure actuelle. Dans les prochains jours, nous continuerons à apporter tout notre soutien aux victimes afin que la famille Google sorte par le haut de cette inimaginable tragédie », a-t-il écrit. Au total, plus de 1 100 personnes travaillent au siège de YouTube à San Bruno.

 
 
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