Facebook: comprendre le scandale Cambridge Analytica

Edition numérique des abonnés

Fin mars, Christopher Wylie attaque Cambridge Analytica, une société «  qui met en danger la démocratie ». Ce Canadien est le lanceur d’alerte qui accuse l’entreprise d’avoir utilisé les données de millions d’individus sur Facebook.

Une visée politique

Il dénonce notamment le fait que la firme cherchait à manipuler les élections à travers le monde et poussait sur Internet les théories du complot dans le but de développer « l’alt-right », les mouvements d’extrême droite américaines.

Christopher Wylie estime ainsi que les algorithmes de la firme auraient massivement influencé la présidentielle américaine et auraient aidé le président des États-Unis, Donald Trump, lors de sa campagne électorale. Pour cause, le vice-président de la firme est Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump.

Ce scandale dépasse les frontières américaines car selon Christopher Wylie, Cambridge Analytica aurait aussi influencé le Royaume-Uni en faveur du Brexit, et aurait joué un rôle durant les élections au Kenya. Retour sur un « empire de persuasion massive » avec l’edito de Philippe Laloux.

Un scandale planétaire

L’entreprise britannique Cambridge Analytica a récolté les données de quelque 87 millions d’utilisateurs Facebook partout dans le monde, en exploitant une faille de sécurité sur une application du réseau social.

En effet, les données ont été récupérées par la société grâce à un questionnaire psychologique soumis à 270 000 personnes, moyennant rémunération.

Facebook a confirmé à la Commission européenne que les données de jusqu’à 2,7 millions de résidents de l’Union européenne pourraient avoir été transmises « illégalement » à Cambridge Analytica.

Près de 61.000 Belges pourraient faire partie des 87 millions d’utilisateurs du réseau social Facebook dont les données ont été exploitées à leur insu par la firme Cambridge Analytica, a indiqué la porte-parole de Facebook pour le Benelux, Tineke Meijerman.

Il a suffi que huit Belges installent l’application de tests psychologiques via Facebook pour que les données de 60.949 autres se voient avaler par la firme Cambridge Analytica. Mais alors comment demander aujourd’hui l’effacement de ces données ? Réponse avec un article d’Alexandra Simard.

Les Belges concernés peuvent ainsi porter plainte auprès de la Commission de la vie privée.

Le mea culpa d’un empire

Face à ces révélations, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a été contraint de présenter ses excuses. « Pris en flagrant délit de manque de transparence, Zuckerberg s’est pris une méchante claque. Et dans la foulée, c’est la démocratie qui trinque. Quel gâchis.  » dénonce Philippe Laloux dans l’article ci-dessous.

Facebook aura besoin de « quelques années » pour résoudre ses problèmes, selon Zuckerberg. L’un des principaux problèmes de Facebook est son « idéalisme » parce qu’il n’a longtemps vu que les bons côtés de la connexion entre les personnes, a soutenu son patron.

Ce scandale aura véritablement ébranlé Facebook, qui est désormais visé par plusieurs enquêtes des deux côtés de l’Atlantique. En seulement deux jours, le géant américain a perdu 60 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Pour conclure sur les mots de Philippe Laloux, « Réguler internet (ce qui ne rime pas avec « brider »), est l’affaire de tous » et notre « hygiène numérique » commence par un « grand nettoyage de printemps dans les données que nous exposons ».

 
 
 
 
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Bart De Wever, président de la N-VA et Charles Michel restent en opposition sur le pacte migratoire.

    Pourquoi Bart De Wever s’obstine à dénoncer le pacte migratoire

  2. Un «
cerveau de la combine
»
: ainsi Carlos Ghosn a été qualifié par Hiroto Saikawa, l’actuel directeur général de Nissan.

    Ghosn sur un siège éjectable aussi chez Renault

  3. «
Nous discuterons de tout cela au sein du gouvernement jeudi et vendredi probablement, il est préférable sans doute de ne pas laisser traîner les choses.
»

    Kris Peeters (CD&V) sur le pacte migratoire: «Je soutiens totalement Charles Michel»

Chroniques
  • Quel sera le nouveau mot de l’année?

    Quel sera le « nouveau mot de l’année » 2018 ? L’an dernier, c’est « Fake news » qui avait emporté les suffrages des lecteurs du Soir. Lequel lui succédera ?

    Pas de changement pour ce quatrième millésime de l’opération menée par Le Soir et l’UCL. La formule reste la même. Et l’objectif aussi : il s’agit toujours, en s’appuyant sur les propositions du grand public, de faire émerger le mot ou la locution qui a connu une diffusion significative en 2018 et que l’on ne trouve pas encore dans l’édition la plus récente des dictionnaires usuels du français tels que le Petit Robert ou le Larousse.

    Concrètement : la première phase est lancée ce mercredi. Il s’agit de recueillir les propositions des lecteurs du Soir via notre site internet. C’est important : le mot ou la locution que vous soumettrez doit être accompagné d’une (courte) définition. Il est possible de soumettre des propositions de néologismes jusqu’au 30 novembre.

    En...

    Lire la suite

  • La Belgique doit approuver le pacte migratoire

    Vous approuvez le pacte migratoire, ou vous partez. Il nous revient que le Premier ministre, Charles Michel, a décidé d’opter pour la plus grande fermeté avec la N-VA concernant cet accord international, qui doit baliser les grands principes de coopération entre Etats du monde s’agissant de la migration.

    Après des mois de contorsions de la Belgique sur des principes humains aussi essentiels que l’interdiction d’enfermement des enfants ou la protection des demandeurs d’asile contre les traitements...

    Lire la suite